MÉMOIRES DU DUC DE LUYNKS
estimé du roi de Prusse. Cette dernière campagne, il a servi sous les ordres de M. le prince de Conty, dont il est aitué et estimé. M, le maréchal de Noailles désiroit fort (|ue cette commission fût donnée à M. du Mesnil; il y a lieu de croire que M. de Maiirepas et M. Orry étoient du même sentiment; mais M. le cardinal Tencin et M. d'.\rgenson ont toujours été d'avis d'y envoyer M. le chevalier Courten. et le Roi n'a pas paru balancer entre Vun et rautre.
On apprit hier Tarrivée des galions d'Espagne; c'est une grande nouvelle, non-seulement pour ce royaume, mais môme pour les commerçants françois, qui y ont plus d'intérêt que l'Espagne môme.
Du mardi 19, Versailles. — Le Roi donna hier deux régiments d'infanterie; celui vacant par la démission de M. le duc de Roban à M. de Grillon, qui avoit le régiment de Bretagne; celui-ci a été donné à M. de Polastron, ïrève de W'^d'Andlau et fils du sous-gouverneur de M. le U;iupliin, qui est mort lieutenant général en Bohème. Le régiment de Bretagne est taxé à 40,000 livres et celui de Rohan à 55,000. Indépendamment de la valeur plus considérable des dits régiments, ce qui les fait désirer, c'est que dans l'infanterie le commandement est attaché à l'ancienneté des corps et non à l'ancienneté des colonels.
j'ai marqué ci-dessus que M. de la Paye a eu le régiment de Royal-Comtois. J'ai appris depuis l'arrangement qui a été fait entre lui et M. de Froulay. Le régiment de Champagne est taxé à 75.000 livres et celui de Royal-Comtois h V0,000. M. de la Faye paye les 75,000 li\Tes; M. de Froulay lui fait la rente des 35,000 livres au denier vingi, et ne sera obligé de lui rembourser que lorsqu'il sera maréchal de camp. M. de la Faye est fort riche; mais outre les 75,000 livres , il lui en coûtera encore 20,000, ayant acheté cette somme le bâton d'exempt qu'il avoit.
Ou ma dit depuis que ce même bâton lui avoit bien coûté ^0,000 livres. U avoit avant ce temps-là une com-
ï|)agnie do dragons, qu'il avoi t. achetée cher et qu'il revendit à la taxe.
M. le chevalier de Gramonl (1) , qui éloil guidon et
aide major de la gendarmerie , quitte ces deux emplois
pour acheter une compagnie dans le rL'i,'-iment de son
frère; il conserve son rang de colonel, et commandera le
régiment en ral>scnce de son frère . lequel est actuelle-
»ent prisonnier. Les guidons de la gendarmerie sont
tés à 50,000 livres. M. le chevalier de Grainont ne
touche point aujourd'hui cette somme; le Roi lui en fait
payer l'intérêt au denier vingt par le trésorier de la gen-
daçmerie^ et il en sera remboursé au premier ou au second
emploi vacant dans ce corps; car je crois que le prentier
est promis à la veuve de M. de Castelraorou. L'avantage
^jéel de M. le chevalier de Gramont dans cet arrangement
^Bst ^espérance; et apparemment la parole^ lorsque son
^K^re sera fait maréchal de camp, d'avoir le régiment (2).
1' (I) Gramont-Falon tic Franclie-Comt*'. { ÎS'ofe du duc de Lnynes.)
{2} Depuis <|iie ceci est tkxif, jfi ma suis infLinné jilus en <létdil <le ce qui re-
rdoil M. (le Giarnont. MM. de Gramont fiont de Fran*die-L-oinl<i ; knu père
t mort Ireiilerraut gfint'ral des Armées du Woi , îIh'Î de (|iiulrr-vingl-lroisou
quatre ans, laiseaul nn bien tonsidérubie à partager entre riiiq fds et Irois ([lies.
De v.e.A cimj fils, l'un e*t mort de tnaUidie; i'aiilre » i^li^ lue en Italie ; un autre u
été lue en Buliénie, à lafiairede Tioja, iMininiil fc siège de l'ragne. A cette
iiCme affaire le euarqui* de Gramunt, l'îiiiic de celui dont c'est ici l'article, fut
essé Cfuisidérableinenl j même eslropit^, et fait prisonnier Ainsi ils ne
nt plus que deux garçons. Le marquis de Gratnonl jouit d'environ 50,000
vres de renie en terre; il est veuf et sans enfants. Le citevalier ite Gramont,
r des successions qui lui suut (^duie-s, jouit de !K ou 20,000 livres de rente.
De.s trois .sœurs, l'une est t;lian<iiiie.s.sft à Chateau-Cliilons; les deux aulrcs
nt mariées el out de.s enfatits ; il ) eti a mie de veuve. Le chevalier de Gramont
voitaclii'té 50j000rivics raide-iuajoiîtéde la gendarmerie qui dunnc le rang
de premier enseigne ; il a préféré l'espéranee li'avuir un régiBient, et a profité
des circonstances ; son irèrc étant prisonnier ne pmivoit servir avec ce régi-
ent, pas même y aller pour y doruier Itjs onhe^^ nécessaires, ce (|ui scroU
■egardé comme tine infraction à sa parole, le liciitcnant-eolotiel ne pouvant y
êlre par son grand âge, et tes capitaines qui sont à la ttHede ce corps n'élnnt
pas en étal «le suppl(5er i ]'ali.sence du colonel. Ce régiroent, qui a beaucoufi
souffert en iSolif^me, n'étoit pas remis dan.i un état convenable. M. dcMoti-
ipitaine dans ce régiment et neveu de M. de Coulanges, ayant été
Î72 WÊMoiRRS nr Dr<: de li ynes.
M. Martel . officier de mérite el de dislioclioQ , fils de la l*elle M** Xariel , étoit enseij^e de geodarmene. Le mauvais état de ses aftaires TaToit déterminé à qaîtter. Le Roi , pour lai donner les moyens de rester dans le service, loi permet de vendre son emploi, qui est taxé, je crois, 62,000 livres, et lui donne Taide-majorité de la gendarmerie qu'avoit M. le chevalier de Gramont.
Tai appris aujourd'hui que le régiment de Navarre, vacant par la démission de M. Je comte de Mortemart, a été donné à M, de Stainvjlle.
Il se tient depuis un mois environ des assemblées fréquentes entre les actionnaires de la Compagnie des Indes, pour délibérer sur les moyens de remédier à la situation présente des actions; il n'y a que ceux qui ont cinquante actions qui peuvent entrer dans ces assemblées. On commence à dire que le projet est que chaque actionnaire payera en argent comptant, pour chaque action, la somme de 350 livres et remettra outre cela une année de dividende; ainsi il ama payé 500 livres^ pour lesquelles le dividende de son action sera augmenté de 25 livres, mais il n'en touchera rien dans le courant de cette année. Ceux qui ne voudront pas payer les 350 livres par action, leur
tué à FribouriB;, le chevalier tle Gramont a saisi celle occasion pour demander celte compagnie à condition d'en payer le prix ati premier lieutenant, et quoiqu'il wil colonel, iie voulant d'autres appoinlemeiits que ceux de capitaine, fort foulent d'atllcMrs de comroander le régiment en l'absence de son frère, avec l'espéranr^ du l'avoir dans la suile et de ne faire que le service de colonel. A l'cgiird des iOjOOti livres qu'il avoit données poor l'ai de- majorité, il n'en a ilcniandé antre diose sinon il'ètre remboursé sur les emplois vacants et que l'intérêt lui en soit payé an denier vingt par le trésorier rtela gendarmerie, en conséquence d'un ordrft iltj Roi qui assure cet arrangement.
Le père ilu cticvalkr de Gramonl avoit plusieurs pensions; à sa mort, M. le Cardinal ne voulut en donner qu'une partie aux enfants ; le cbevalier de Granninl n'en voulut rien, ni pour lui, ni pour son frère.alné, ni pour les «leiu su'urs mariées. Il en fut donc donné 100 pislole* à sa sœur clianoinesse el pareille somme à son frère (tué en Boliéiiic). Cette pension est reTcnue au lïoi, et le tliinîilierdcOranmnl ne l'a poiiildeuiandée |*o«r lui. ( .{(htition (h( (htc de /.tr(/»r'i , (laliV du .11 janvier IT'i.'i. )
dividende sera réduit à 100 livres. En môrae temps, le Roi, pour donner plus de solidité ù cette sorte de bien, affecte pour toujours à la compagnie la ferme du tabac qu'il lui avoit laissée jusqu'à présent, comme j'ai dit cidessus, pour tenir lieu de 90 millions, et avec la clause expresse de pouvoir la retirer quand il jugeroit à propos. Cet abandonnement de la ferme du tabac sera passé à la chambre des comptes; on dil qu'elle vaut 8 millions de revenu.
Hier, il arriva ici un officier du régiment de M. le duc de Laurag'uais, dépêché par M'"^ la duchesse de Brancas, avec la nouvelle que le 13 M'"* la Dauphine avoit été remise entre ses mains; elle a dû arriver ce jour même à Saint-Jean de Luz et y séjourner. M'""' de Brancas mande au lloi qu'elle ne peut encore lui rendre compte en détail de ce qui regarde M"'* la Dauphine; que quand elle aura passé quelques jours auprès d'elle elle enverra un second courrier à S. M, M. de Verneuil marque que le poi-traitde M""' la Dauphine, qui est ici dans la petite galerie, n'en donne aucune idée; qu'il est impossible de représenter ses grâces. Ce langage est celui que tient depuis longtemps M. de Vaulgrenant, qui a été, comme Ton sait, ambassadeur du Roi à Madrid, il y a quelques anr nées. 11 prétend que le môme peintre qui vient de la peindre avoit déjà essayé inutilement à faire une ressemblance parfaite; que pour y réussir mieux il Tavoit priée de vouloir bien aller et venir d^s sa chambre, sans contrainte et comme à son ordinaire; que pendant ce temps il essayoit de donner les coups les plus frappants de ressemblance, et qu'il étoit convenu à la fin qu'il ne pouvoit y parvenir.
M"' la princesse de Conty me dit hier que M. de la Mina est exilé; il a été rappelé à Madrid à la fin de la campagne ; et à cinquante lieues de Madrid il a eu ordre d'aller dans sa commanderie et de ne pas paroltre à la cour.
M. le maréchal de Schmettau a pris congé aujourvr. 18
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MÉHOiRES
<rh« ; il s'en cetoume aopcè» du rot de Hmsse, ci deMaio oa «^rès-deoiaio. Je crois que d'oa e6té Von a Iroové qu'il parloit iei un peu trop fortement sur la démolition deg Cortificalioiis de Friboorg , et que de l'aot Ton a jugé que sa préseuce auprès du roi de Pc pou voit être plus utile pour nos intérêts daos les constances présentes que dans aucune autre. L'on oom( qu'il 8«ra rendu à Berlin avant M. le chevalier ten , qui doit partir cependant dans deux ou trois je
fhi jeudi 21, Versailles. — Depuis ce que jai marqt sur les régiments , j'ai su que le régiment de Navarrt^ avoit été donné à M. de Stainville ; ce régiment a quatre bataillons. Picardie est le premier de tous; Oiampa^n« Navarre et Piémont roulent alternativement ensembleij et cette année Navarre est le premier des trois. 31. de' Stainville avoit un régiment d'un bataillon qui a été donné à H. de La Koche-Aymon.
Le régiment de la Sarre a été donné à M. de Tonde- Ixfiuf^ capitaine au régiment du Hoi, qui y sert depuis longtemps, qui a environ trente ans et qui a été blessé en Italie; on m'a dit qu'il y avoit un arrangement à peu pKfS comme celui que j'ai marqué pour M. de Froulay, «l que M. deToiideb(jeuf payoit ou au moins prêtoit les .15,000 livres resVant que M. de Stainville doit donner pour avoir le régiment de Navarre.
M. le chevalier Gourlen part ces jours-ci pour Berlin; M. dû tiriinbergbeii lui donne un passc-porl, comme je r«i marqué. M, le chevalier Courten n'a obtenu ce passeport qu'en qualité de chambellan de TEmpereur, titre qui lui a été accordé |jar S. M. Impériale.
M. dctirimbergheo, mon oncle, me montra avant-hier une lettre qui lui est venue d'Angleterre au sujet de M. i(! miiréchRl de Belle-Isle. Celui qui l'écrit est un honnnr. iiislfuil., qui mar<[ue l'extrême joie du roi d'Anglnlcrrc el do tous les ministres attachés à cette cour lorsque l'on apprit que ce général avoit été arrêté, re-
cardant ce moment comme le plus favorable qui eiit jamais été pour abaisser la France, et marquant combien la perte du maréchal de Belle-Islc étoit importante far rapport au royaume; cette lettre fut remise à . d'Argenson l'atné et lue au conseil d'État avant-hier. J'appris hier qu'il y eut avant-hier un changement par rapportaux entrées chez le Roi. J'ai déjà expliqué plus haut qu'ily acinqespècesd'entréeschezleRoi jlesentrées familières, celles des premiers gentilshommes de la chambre, les premières entrées, les entrées de la chambre qu'on I appelle celles des quatorze, et qui sont proprement celles lidu cabinet, et les entrées de la chamljre. Celles-ci, après [le lever, entrent dans le cabinet de glace ou cabinet du iconseil, et comme le Roi passe de là par le cabinet des ^perruques, ensuite par la porte de glace, pour aller à la messe , les entrées de la chambre suivent S. M. par le même chemin. Au retour de la messe le Roi rentre par la porte de glace , et les entrées de la chambre y rentroient aussi. Avant-hier, il leur fut dit qu'ils ne rentre-
tToient plus par cette porte au retour de la messe et qu'il failoit faire le tour par la chambre du Roi. Cet arrangement, dont il avoit déjà été question il y a quatre ans, à ce que j'ai ouï dire, est fondé \Taisemblablement sur ce que les entrées de la chambre, même celles du cabi- ^ net, n'ont point droit d'entrer dans le cabinet des pery ruques, et que le Roi en allant à la messe est sûrement sorti de son appartement; au lieu qu'en rentrant il pour-
Iroit arriver qu'il restât dans le cabinet des perruques. A l'égard de l'heure du salut, comme je dois déjà l'avoir marqué, le Roi passe par une porte qui donne dans la ■ pièce du trône (1); il n'est suivi que par son capitaine
^P (1) Cette pièce, di-signée aussi »ous le nom de salon d'Apollon, sa trouTe auprès du salon de la Guerre et avait une coininuTiication directe aver le cahinet r!es perruques réuni depuis à la salle du Conseil. Voir les plans du château de Versailles à celte lipoqne dans VArchiiecture française da Blondel, llbb, in-fol., lomelV.
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des gardes et par les grandes entrées. Les entrées de la chambre et du cabinet faisoient le tour par la g^alerie pour rentrer par la porte de glace; apparemment qu'aujourd'hui elles feront le grand tour pour rentrer par r(JEil-de-lKEuf,
Du vendredi 22, Versailles. — On ne sait point encore précisément le jour de l'arrivée de !H°"= la Dauphi ne. On croit que ce sera le 22 ou le 23 du mois prochain , mais il faut qu'elle ait passé le Bec d'Ambez pour en être exaclenienl instruit, parce qu'il faut un temps considérable pour démonter et remonter les voitures. M°" la Dauphioe a écrit au Roi, h la Reine et à M. le Dauphin. Ces lettres sont petites, entourées avec un cordon de soie cramoisi. Il étoit écrit sur celle de la Reine : « Ala Reine, Madame et Mère, n M. le Dauphin rougit un peu, en recevant la lettre de M"'" la Dauphine; elle lui marque dans cette lettre l'impatience qu'elle a de se rendre auprès du Roi, combien elle est touchée de l'empressement que M. le Dauphin parolt avoir de son arrivée, et que son étude et son application sera de lui plaire i M. le Dauphin avoit écrit A M"" la Dauphine, et cette lettre-ci est une réponse). Tous ceux qui ont vu M"" la Dauphine, se réunissent à dire qu'on ne peut avoir plus de grâces et plus envie de plaire. Voici l'extrait d'une lettre écrite par un officier des gardes du corps Ala suite de M"" la Dauphine; elle est datée de Saint-Jean de Luz, du 12 au soir, et écrite f\ M"" de Luynes. J'y joins aussi un extrait d'une lettre de ce même officier, de Bavonne, du 16. ^m
« Je vous vois, 5Iadame, impatiente de savoir comment nous ! «^^ vous trouvée; je crois qu'il faudroit vous laisser !a aiéme surprise que nous. Iléellcment elle est très-bien -, elle n'est ni grande ai petite, , ni grasse ni maigre ; elle est bieu faite, marche très-bien, et de fort | bonne grâce, les épauîes très-bien placées; le dos fort plat, et si elle avoit lai taille un peu plus menue d'en bas elle auroit la plus jolie taille du monde. Elle a de fort beaux yeuv, le plus beau teint du monde, un sourire exti-èmement agrrable. Le visage est un peu long; mais je suis persuade qu'en la coiffant différctmneut qu'elle n'est «-'t
riissant iiu peu sa coitture si visage plus rond, KnJiii, Madame, je vous assure que je la trouve très-bien et nous l'avons tous et toutes nos dames trouvée de même. Elle ne boit que de l'eau ordinairement, et n'en boit qu"ufl coup à <tiaque repas dans im grand gobelet. M. de la Fare Ta fait rougir hier en lui disant que M. le Dauphin ne buvoit de même que de l'eau, que c'étoit une espèce de sympathie. Elle arrivera demain sur les , deux heures après midi à file de la Conférence oh se fera la cérémonie, et les daniesespagnoles viendront jeudi ici. Je vous répète encore que tous les François l'ont trouvée fort bien. "
Bayonne, t6janvlGr.
« J'en reviens. Madame, à vous dire quelque^ chose de plus intéressant; c'est que nous raffolons tous de U^" la Daiiphine; elle est charmante, cherche à dire des choses agréables à tout le monde; l'on voit l'envie qu'elle a do plaire; elle n'aura pas grand'peine, car cela paroît naturel en elle ; je crois qu'elle sera fort ^n'\o. »
Du lundi 25, Versailles. — J'appris hier que le Roi a donné à M""' la duchesse de Laurag'uais les boutiques de Nantes qu'a voit M" Ma maréchale d'Estrées; c'est à l'occasion du voyage el delà dépense que M. de Lauraguais a faites sur les frontières d' Espagne. On m'a assuré que les boutiques valoient 18,000 livres de rente clair et net.
J'appris il y a quelques jours une circonstance sur M"^ de Châteauroux qui peut mériter de n'être pasouljliée. On sait que c'est le P. Ségaud, jésuite, qui l'a assistée à la mort; comme il lui parloit de la confiance que nous devons avoir A la sainte Vierge, elle lui répondit que dans tous les temps elle avoit porté sur elle une petite médaille de la sainte Vierge; qu'elle avoit demandé deux grâces par son intercession , l'une de ne point mourir sans sacrements, lautre de mourir le jour d'une de ses fêtes. Elle avoit déjà obtenu la première. Elle obtint bientôt après la seconde, étant morte le jour de la Conception.
M. le chevalier de Créquy est malade depuis longtemps et en grand danger, d'un crachement de sang suivi d'un dévoienient.