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Le peuple Ue Metz n'a pas été eonteot de ce qn'on lui a rendu un propos du Hoi en parlant de Metz, qui n'est peut-être pas vrai , qu'il quiUoit Metz sans regret.
Le Roi a dit à M. de Verncuil, iutroducHeur des ambassadeurs et secrétaire du cabinet ayant la plume, lequel est outre cela charjsé de la Gazelle de France : a Vous ferez sans doute un bel article de Lunéville, car je suis bien content de ce lieu-ci (J). n
J'ai oublié de marquer au sujet de la lieutenance générale de Lorraine, que cet arrangement devoit être fait il y a longtemps , lorsque M. le cardinal do Fleury fit créer et donner à son neveu le gouvernement. Il promit la lieutenance générale à. M. deBelle-Isle ; il le dit même aussi à M. de Verneuil, qui me l'a répété, qu'on ne scroit pas longtemps sans dresser le brevet de celte nouvelle charge; cependant cette promesse n'avoit eu aucune exécution.
Du vendredi 2, Lunéville. — Le Roi a entendu la messe aujourd'hui à sept heures et demie, et immédiatement après il a traversé son appartement pour entrer chez la reine de Pologne, qui est malade de son asthme, et dans son lit, et qui a eu même la fièvre, et est parti pour la revue. Cependant il n'avoit point vu la reine de Pologne depuis hier matin. La Reine est venue chezlui ce matinil lui a demandé des nouvetles de la reine de Pologne; il en a même demandé au roi de Pologne pendant le dîner j maison trouve avec raison qu'il auroitélé très à propos et très-convenable qu'il allât la voir.
Le Hoi n'a point arrêté d'abord à Chanbeux. 11 a été tout de suite voir la gendarmerie, qui Tattendoit dans une grande prairie, à la gauche de Chanheu.Xj en allant d'ici. Les escadrons qui dévoient être à cent quarante étoient à la revue à environ cent vingt tout au plus; les chevaux
(I) La Gsietle de 1744 emitienUn effet, pafies 488 k 41)0, ud long détail snr !<• s<*joiir du Rni à Liinéviilt'.
un peu maigres. Cependant le lolal faisoit un beau coup d'œil, et Ton peut dire qu'elle n'est pas en mauvais état pour la fui d'une campagne. Le roi de Pologne a monté à cheval aussi pour la revue. luiniédialenient après la revue, le Roi est revenu à Chauheux; il a reslé longtemps dans le salon à taire la conversation. Presque tous les officiers de la gendarmerie lui ont fait leui' cour trèslongtemps ; il a examiné aussi un plan de Fribourg et de^ ouvrages du siège. Après une heure de temps ou environ, on a servi dans une des petites chambres , à côté du salon, une table pour les deux rois, moitié gras pour le Roi, et Qiaigre pourle roi de Pologne ; Jiresque en même temps, dans le grand salon, une table de quarante couverts. J'y ai compté trente trois généraiix à table; M. d'Argensun y a diné, M. de Fleur y et beaucoup d'officiers de gendarmerie. Il y en a eu aussi en bas une de quarante couverts. Le diner des deux rois a été grandement servi et assez long; le Roi y a paru fort à son aise et a beaucoup tait la conversation. Après le diner il n'a point voulu sortir de la petite chambre, pour ne pas déranger ceux qui étoient à table dans le grand salon ; il a ensuite passé dans une autre des petites chambres, où il a resté encore quelque temps eu conversation sans paroltre pressé. Il est parti à midi passé, ayant toujours M, le Premier à côté de lui, et sur le devant M. le duc de Villeroy et M. de Fleury. M. de Bouillon s'est trouvé uii peu incommodé- Le Roi a embrassé plusieurs fois le roi de Pologne.
W paroU par les nouvelles de Fribourg que si l'on prend cette place en peu de temps , ce sera par la mauvaise défense des assiégés; car de notre côté l'on fait assez do fautes. On a commencé par creuser un canal pour détourner la rivière, et l'on a si peu observé la pente, qu'il s'en falloit sept pieds que l'on en eût pris assez. Il faudra recommencer l'ouvrage, auquel cependant il y avuit i,ODO travailleur employés. L'attaque que l'on lit ca ITiaéloit de l'autre cuté de la rivière, ducûlé
JR]*: 1744. >j{)
dd bastion Daupbln. Celle-ci est pur le bastion du Hoi, qui a à sa droite le bastion Saint-Pierre et iV sa guuclie le bastion delà Reine. 11 n'y a de ce côté-là aucun ouvrag-e avancé ; l'on va droit au glacis et au chemin couvert. 11 parolt que l'on auroit aussi le dessein de miner et de faire sauter les chMeaux. Cette place a voit été fortifiée par M. le maréchal de Yaiiban, dans le temps qu'elle appartenoit au Roi. C'est M. de Vallière qui est à. la tète de l'urtillerie de ce siège; mais il est bien vieux, et l'on dit sa léte af foiblie ; c'est M . de Malézieux qui commande sous lui . On envoie un gros corps de cavalerie vivre en Souabe, sur les terres de la reine de Hongrie, faisant partie de ce que Ton appelle rAutriche antérieure (1). Il parolt aussi qu'il y a un projet d'envoyer M. le maréchal deMaillebois avec une armée du côté deHanovre. Les mouvements que les ennemis semblent vtiuloir faire en Flandre pour se retirer, sont dans le dessein d'envoyer des troupes à Ha-
'novre ; ils n'osent décamper vis-à-vis M. le mnréch<il (h' Saxe, dont les partis et les détachements les ont prodigieusement incommodésloute cette campagne et battus presqni; partout (2). M. le comte deClermont avec M. le clievalîcr de Belle-Isleiic sont pas encore partis, mais parlent incessamment pour aller à Constance, et encore une autre
"place de la reine de Hongrie où il y a garnison en état
'de se défendre.
Le Roi paroit traiter fort bien M. le maréchal de
[Belle-lsle; mais il y a une cabale dans le niinisiêre
(I) Ou Souabe anlrichiânne. La Souabe autrichienne cQUifiienatt -. lest com- 'lés de IJurgau, Moiittoil, llregwiz, Feldkircli , la ^illc de Cotistance, la sejgnfuiie de Sellenboiirs, le romté de Hohenbertî , quelques villes sur le Dantilie ( Willtnp'n , etc.), Ifis qualre bittes forestières, le iîri^t;au .ivet Fn- Liboiirg, rOrlenau awc KetiL L'AutricUe a perdu, à la paix d« Pnshmit^, en 180 j, ses |io!^sei:si<ins en Soiiatte, qni (ureal données ati (^rainl-duc de badu et làu mi de Ha^iérc.
{'i) La caiu[>ii(;iie déleiisive sous Courtr.iy que fit le maréchal du ba\i% en }1H, aptè5 l« di>|iart du Roi, est en ellnl trèfi rcnianjuablc. D'I-lspagiiuc l'a acon(ée eu iltilui! djiis sun eK«'ell«nle Htstotie dumurtchnl de Stuic.
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