‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 3)Chapitre 40 sur 94 · DU DOC DK U7T5ES · texte numérisé non relu

DU DOC DK U7T5ES

i rMKaiilée ifai famit nommés fflUbé^ BMteaa d », raUK de FTimlal. L'on qoalre «itlirrèqiMS et quatre ce a^csl qae fwir frrtiiiln «b rabsence ou tfe — hd» de M. rawi»! ê^ae «la ftm (l},qaise lepIsfaBdai dsai^efÉfos, et de nême par d'aaeîeBoeié. Ce* Mnaidées sont d'une ?Faiide ôépeoÈt poorle Oergé; oa fvéleadcpi'elles vont jusqu'à • «M 7M,0M livre», iadépend amwm ni des ameublements,. tf&i é la vérité ne «mi fm d^ane grande ma^iticeooe. H j a a oebmreltB établie pofvjoos les joors d'assemblée; Fon y doBiK dn flié, café, cfaoeolat, des petits pains. qoel^iaes viandes froîde». Mais une dépense beaucoup ploi eoondifable est ee qoe Ton donne par jour à tou? eeas qiii «oaiposent cette aasemhlée. Les archevêques ont 36 livres, !e«évèques ik, le second ordre 12; et outrecela on leur donne une o^laine somme pour leur voyage, pliM oo moins forte suivant leur éloisuement. Le receveur général du Clergé, qui est présentement M. de Saint- Julien , neveu de M. de Sénozan , tient table ouverte pendant toute l'assemblée. Les appointements de cette place sontdf^ 50 ou 60,000 livres ; mais les profits en sont trèsconsidérables par rapport aux avances que ce receveur fait toujours pour le Clerçé.

Du lundi t5, Versailles. — Il y a eut hier deux présentation». M""' la marquise de Croissy présenta M"* de Noj^arct, dont le mari est capitaine de cavalerie. M"" de No- ^'arel n'est pas srande, mais assez jolie; elle est fille di* .M. de la Caze, fermier généi-al. MM, de Nogaret sont de mi^ine nom et de même famille que celai dont la femme l'Ao'd d.iiiu' du palais de M""^ la duchesse de Bourgogne, mais pareois ùloigués,

M""' la princesse de Conty présenta M""" de Polignac.

(I) Il n'asHisle jumnis h VasvmWe <\»« iiuand il y préside. (!Vot« du duc de Ln>/nes.}

FKVRlIvR I74S.

M""= de Polignac est grande el foi't grosse , un beau teint, mais point jolie ; son nom est la Garde (1) ; c'est une trèsriche héritière. Son mari, qui s'djtpeloit le chevalier de Polignac, est le Kecondfils de M. de Polignac^ lequel étoit frère du cardinal de Polignac et de M'" do Mailly. Le frère aîné du chevalier de Polignac a épousé la fille de jM'"'' de Mancini. M"" de Mancini est sœur de M. le maréchal de Noailles; elle avoit épousé en premières noces M. de Moiitmirail, qui s'appelle M. de Courtenvaux, dont elle a eu M. de Courtenvaux d'aujourd'hui, qui est capitaine des Cent-Suisses.

Outre les deux préseatalions ^ M""^ la comtesse de Bavière lit ses révérences. Ce fut M™ de Luynes qui la mena. M™* la comtesse de Bavière est fille naturelle cl reconnue du feu empereur Charles Vil ; elle est grande d'Kspaj^'-ne. Elle lit demander la permission de ne point faire ses révérences en mante , et elle l'obtint.

Le Roi déclara hier les huit menins de M. le Dauphin. 'On n'en sut d'abord que deux; M. le Dauphin étant allé chez le Roi , accompagné de M. de Puiguyon et de M. de Moûtaigu, le Roi. en nommant ces Messieurs à M. le Dauphînj lui dit qu'il les lui présentoit comme ses menins. Quelque temps après. M""" de Sassenage sY'tant trouvée à la présentation de M™* de Polignac , le Roi lui dit qu'il avoit nommé M. de Sassenage menin de M. le Dauphin; il dit la môme chose quelque temps après pour M. de Talleyrand à. M. de la Suze (grand -maréchal , son beaufrère). On sut le soir même les quatre autres, qui sont M. de Saint-Hérem, de même nom que M. de Montmorin, M. le comte de Lorges, frère de M. le duc de Randan, M. de laVaugoyon, gendre de M. le duc deBéthune, etM.de

(l)EHe a exig'' que fion mari, quiétoil rlatvsla gendarmerie, qiiiKill «e service; il ne [loiivotl s'y résoudre : il a (allu tiiic perij'éculian aussi constante et aussi viv« que celle de M™": de l'olignac |iour l'y d^lerniiner. ( Noie du duc de Luifiies.)

• MKMOIllES UU DUC DK LUYNtS.

Froulay, âls de celui qui éioit ambassadeur à Venise ( qui est mort) et neveu du bailli de Froulay, ambassadeur de Malte, et de l'évêque du Mans.

Hier il y eut bal chez 3Iesdumes. La Reine y a resté jusqu'à près de trois heures. Le Roi y a resté plus longtemps, et toujours sans se démasquer; il parolt constant qu'il étoit masqué en paysan ; ce paysan fut longtemps auprès de la Fleine, et se jeta même à ses genoux pendant le bal, ce qui faisoit douter ])eaucoup que ce fut le Roi.

Le Clergé (1) en corps a eu aujourd'hui audience du

(t) La iiremière j^^atice tin Vi>semMH du Clergi' Ttit TPndredi dernier aux Grand.s-Augustias, car dan^tcelle de mercredi ciiez M. i'archevèqne on nelU autre cliose quert'ineJIre le» procura lions. Dans celle assemblée de vendredi, l'on, di'pnta un des agonis jvour aller prendre l'ordre iu Roi, de la Reine et de M. le Daupliin, et savoir quel jour et quelle Leiire il leur (ilaisoit donner audience à la Compagnie, et si elle «.eroit reçue avec les donneurs accouluntét. L'agent s'adresse à .M. de Maurepa.s, |>aur le Roî et M. le Dauphin, et à la dame dMionneur [>our la Reine ; il va aussi chez le premier gentilhomme de la chambre. Dans celte assemblée de vendredi on nomma aussi dea\ prélats pour présenter les deux agents a M. le cliancelier. Le jour que le Roi donne audience^ le Clergé s'a.sj>emble dans la salle des. arabassâdeuirs, où on lenr donne des rafralcliissement.s. Alor.s !e grand-maître des cérémonies va prendre l'ordre du Roi, et vient le rapporter aa Clergé, lequel marclie en corps, celui qui porte la parole ayant à sa droite le ^rand maître et à sa gaoche le secrétaire d'£(at , lesquels cependant marchent un peu en arant, de manière que les deuii plu^; anciens atchevéqoes sont auK deux rùlés de celui qui doit porlerla parole. Il n'y a que ce sent rang qui marche à trois de front; le reste marche deux ù deux, par rang d'ancienneté de sacre, ce qui fait la règle pour les rangs du C)er)(é dans tantes les occasions. Le Clergé marchant ainsi en corps a riionneur des armes, c'est-à-dire on prend les armes pour lui dans les salles des gardes», mais les ofCciers ne s'y Ifouvent point, et l'on ouvre les deux battants.

Il est à observer que les deux ageub anciens et les deux nouveaux marchent à la léte du Clergé et prér^denl le secrétaire d'État et le grand- maître dts cérémonies. Cette assemblée-ci est une «fes a.<>stemblées ordinaires, et la grande assemblée, celle quise tînt en 174%, étoit une assemblée extraordinaire, dans laquelle il Tut accordé fî «nillîons au Roi. Celle de 1740 n'avoil donné que i millions et avuit paré outre cela 2 millioni qui restoient dus des quatre scxx>rdés dans celle d'auparavant.

Dans les circonstances on se trouve le Clergé, ces dons gratuits ne peuvent se fournir que par des emprunts, desquels le Clergé ne peut actuellement payer que l'intérêt, au moins rrès-peii de chose à compte sur les priDcifiaux.

(Mofeda (htc dt Lut/nfs

tUVIUmi 174o.

Roi ; cette audience a été l'oii, lard, à cause que le lever du Roi a èié retardé par rapport au bal d'hier. C'est M. l'archevêque de Tours (1) qui a porté la parole; sa harangue au Roi a été fort applaudie. J'ai entendu celle qu'il a faite à la Reine, qui m'a paru très-bien. Les trentedeux archevêques et évoques y étoient, les trente- deux du second ordre , les deux agents de la dernière assemblée^ qui sont Fabbé de Labadie et de Rastignac. M, l'archevêque de Tours , après sa harangue , a nommé les soixante-dix prélats et abbés dont je viens de parler.

Du mardi 16, Versatiles. — J'ai marqué que M. de Richelieu alloit de la part du Roi à Orléans ; M. de Maillebois va aussi de la part du Roi jusqu'à Chanteloup complimenter M""''la Dauphine-

M. l'abbé de Termont ( ce sont des gentilshommes de la Marche ou d'Auvergne) fit hier ses premières fonctions d'aumônier du Roi; il a été nommé à la place de M. l'abbé de (iuislel , présentement évèque de Béziers; ce fut M. le coadjuleur qui présenta avant-hier au Roi M. l'abbé de Termont.

J'ai oublié de marquer que M. de Maurepas , comme secrétaire d'État ayant le département du Clergé, accompagna M. rarchevêquede Tours dans toutes ses harangues.

La salie du manège n'est pas encore finie, quoiqu'on y

[* travaille avec toute la diligence possible ; on prétend qu'il

n'y aura que cinq cent quatre-vingts places pour le ballet.

L'on construit un grand nombre de jjarrières dans le péristyle qui est vis-à-vis la chapelle pour empêcher la foule, de sorte que la Cour passera ce péristyle toujours entre des barrières. Les deux piédestaux que j'ai marqués ci-dessus avoir été mis dans le salon d'Hercule sont changés de place; l'un est posé devant le milieu de la cheminée et l'autre dans le fond , vis-à-vis. On en a établi quatre dans la galerie , deux à chaque bout.

(I) DeKastipac.

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HIKMOIRKS DU DUC DK LUYNES.

il y II eu comédie aujourd'hui ; on croyoit qu'il n'y en (lui'oil poitil, à cause de la répiJlition du ballet, qui doit se liiii'e detunin à doux heures, La Reine môme ne savoit point s'il yen auroit.

J'ouMiois de marquer que derrière la salle du manège on a conslruj l un bâtiment pour la commodité des acteurs, lA outi't! cela des loges pour les comédiens et comédiennes d'un ciM6, et de l'autre pour les acteurs de l'Opéra.

Bu mercredi 17, Vermilies. — M. de Maillebois revint liierd*! (Ihanteloup ; c'est M. de la Mothe qui va à Orléans de la. purt du hi Heine , comme je l'ai dit. M. de Tessé, premier écuyer do la Heine, prétend que cette commission devoit le regarder, d'autant plus qu'il va dans toutes lesoccrtsious où le lîoi envoie un premier gentilhomme de sa chambre, et que le chevalier d'honneur ne doit jamais quitter la Reine; mais M. de Tessé étoit absent h^rsque l'arrangement fut fait; M. de la Mothe demanda ootle commission ù la Heine, et la Reine lui promit. M. de Tesf»é, qui iHoit dans ses terres du Maine, est revenu avant le départ de M. de la iMothe; mais le premier arrangement subsiste.

Il y a eu aujourd'hui deux signatures de contrat. Celui de M. fk) Maillebois. C'est M. d'Argenson l'alné qui a pi*éseDté la plume; cette fonction ne pouvoit re^arder^M uu autre, puis<.pril s'agissoit du mariage de sa fille. Le^V second contrat est celui de M. de Chastelux, petit-fils de M. le chancelier, avec M"^ du Thil ; c'est M. d'Argenson 1« cadet qui h préseuté la plume. M. de Chasteltis est fils «le t'eu M. de Chastelux. lieutenant généaral; sa mt're est tille de M. le chancelier. M"* du Thil est fille unique de M. du Thil qui a été colonel réformé, dont la femme s'appelle Cousinette ^1) , et dont le père est à la chambre des

(I) KIto»» BoaM— it, ^aftè» 1» ùieimtmaire de ia NobUaat de to CheMyl>e$b4)ts, tMi!th>tfc GiMtièf» CoMiitit.

comptes. MM. du Thil sont gens de condition du Vexin françûis; leur nom est Jubert, Il y avolt trois branches des Jubert : les du Tbil, lesBouville et les Bizy; celle-ci est éteinte, et les biens ont passé dans la branche de Bouville; c'est de là que vient la terre de Bizy que M. de Belle-lsie a achetée de M. de Bouville. M. et M""du Thil jouissent de 'i.O à 50,000 livres de rente.

Le mariage do M. le comte d'Esterre, Mis de M. le prince de Kobecque, avec M"' de Luxembourg, est déclare de ce matin, le Roi en ayant accordé l'agrément. M. le prince de Robecque est Montmorency; il est grand d*Espagne et lieutenant général au service de France ; il étoit premier écuyer de la feue reine d'Espagne (Orléans).

Il y a eu aujourd'hui une représentation du ballet; mais personne n'a eu permission d'y entrer.

Le Roi avoit fait donner parTambassadeurde Hollande lin roi d'Angleterre un mémoire sur la détention de MM. de "Belle-Islej ce mémoire est très-fort et tr^s-pressant ; il y est exposé que MM. de Belle-lsle ne peuvent être regardés que comme prisonniers de guerre et par conséquent qu'ils doivent être rendus suivant les conditions du cartel (1); en conséquence la rançon avoit été consignée. On a su depuis deux jours que ce mémoire n'avoit eu aucun effet et que le roi d'Angleterre paroissoit très-résolu à ne point relâclier ses prisonniers. On compte qu'ils sont présentement en cbemiu pour être transportés en Angleterre (2).

Du jeudi 18, Versailles. — Aujourd'hui le Roi en allant à la chasse a passé avec M. le Dauphin à la petite écurie pour y voir les équipages de M™" la Dauphine. Elle

(1) La France ayant étiUi un carlel avec réleckur <le Hanovre, ù Frano 4itt, le Ift juin 1743, leinaréclial devait être rendu moyennant une Tançon de 50,000 livrej, et son frère, lieiiteaant généra), moyennant une rançon de 10,000 livres.

(2) Le gûuverneiiwut anglais viola le carlel; il détlira avec une insigne mauvaise Toi qu'il considérait MM . de Belle-lsle camaie pri^ionnlers d'État.

MtJJOIRtS DU DUC DE LUTTES.

n'a que deox carrosses da corps, qui sont de Teloors en dedans et en dehors ; dans le dehors il y a une partie qai imite en peinture et broderie d'or, de manière qu*il est difficile de oe s'y pas méprendre. Outre les deux carrosses du corps, il y a celai des écuyers ; il y a enc<$re un quatrième carrosse, qui est pour les entrées d'ambassadeurs; celui-ci est garni de velours bleu. 11 y a encore plusieurs autres carrosses, tant pour M. de Rubempré que de suite; en tout onze voitures, sans compter les chaises à porteurs ; il y a aussi une litière, M. le Dauphin a resté quelque temps après le départ du Roi pour la chasse, et a examiné plus longtemps les voilures et les chevaux. Il y a encore trois attelages qui manquent de ceux qui doivent composer l'écurie de M"^ la Dauphine. C'est M. le Premier, qui a ét^ chargé de faire faire toutes ces voitures, qui les a i l>résentées au Roi aujourd'hui. La dépense en est payée ^H en toutou partie, comme je l'ai déjà dit, sur plusieurs charges de chez M"* la Dauphine qui ont été vendues.

Hier le Roi à son souper parloit des anciens appointements des charges de la Couronne , et sur ce que je pris la liberté de lui nommer celle de grand-pan nelier, grandlouvetier,grand-échanson, il me fit l'honneur de me dire que ces charges prenoient le titre de grand, mais qu'elles ne l'dvoient point, et qu'il ne leur étoit point donné par leurs provisions; que pour celle de grand-louvelier, elle avoit réellement le titre de grand

On continue à accommoder l'appartement du Roi pour le bal ; outre les quatre piédestaux portant des girandoles qu'on a mis dans la galerie et dont j'ai parlé, on y en établit encore de plus petits, pour que la galerie soit aussi bien éclairée qu'il sera possible; et pour donner plus d'emplacement, on a ùté une estrade qui étoit de tous les temps entre la pièce du trône et celle de la musique. On avoit accoutumé de mettre un lit dans celte pièce; le Roi l'a faitôter il y a déjà longtemps, et il ne compte pas qu'on y en mette dorénavant- On établit des barrières dans

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