‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 3)Chapitre 87 sur 94 · MF-MOIRES DU DUC DE LUYNES · texte numérisé non relu

MF-MOIRES DU DUC DE LUYNES

phinc; le pliant de M'"Ma Dauphine étoit à droite du i'auleuil de la Reine, celui de ^Madame à gauche, et celui de M"" Adélaïde h droite de M"" la Dauphine.

Du dimanche de laPenlecôte 6, Versailles. — .Mon fvfva a ol'Iicié à la grande messe aujourd'hui. C'est. M"" de Flavacourt qui a quôté. Ce sont les chantres de la musique qui font diacre et sous-diacre et l'assistant de l'évèque à cette, cérémonie. Mon frère n'avoit amené qu'on seul prêtre, qui lui est attaché; c'éloit lui qui Atoit la mitre et la remettoît. Quoique mon frère ait été nommé par M. l'archevêque de Houen, comme g'rand aumi'mier de la Reine, pour ofiicier, il a cru devoir s'adresser à M. Tarchevèque de Paris pour lui demander son agrément. M. l'archevêque de Rouen en a usé de même pour lui lorsqu'il a été nommé pour officier ici par M. le cardinal de Hohan. M. l'archevêque de l^aris a fait expédier un iicet. Les droits du grand aumônier, quoique toujours soutenus, sont trop peu fondés pour devoir en user autrement.

Mon frère vient de me dire qu'il a été déterminé à l'assemblée du Clergé sor l'affaire de M. le grand prieur, que M. Farchevéque présentei^iit une. requête au Riii portant complainte de la. dite entreprise et suppliant S. M. de vouloir bien ordonner au prieur du Temple de se conformer au mandement de M. Tarcbevùque et de ne reconnoltre d'autre autorité, et de faire défense à M. le grand prieur de faire dorénavant pareilles entreprises. M. l'archevêque supplie outre cela S. M. de vouloir bien lui accorder par provision l'exercice de sa juridiction sur le Temple, c'est-i'i-dire que son mandement soit exécuté exclusivement à celui de M. le grand prieur.

Le Clergé s'est joint à M. l'archevêque, et a présenté aussi une requête au Roi tendante aux mûmes lins, à la seule différence quelle représente Finlérôt général du Clergé. L'arrêt provisoire a été expédié sur-le-champ tel que M. l'archevêque le désiroit.

Dh martU (Jf la Pmtecâle 8, Versailles. — Depuis la bataille de Fpnlenoy l'on mande continuellement de l'armée que M. le Dauphin s'y fait aimer généralement ; il parle aux officiers et leur donne toutes sortes de marques de bonté et d'attention. 11 s'est fait un plaisir infini de monter la garde chez le Roi tV la tôle des gendarmes-Danpliin et ensuite à la tète des chevau-légers-Oauphin. Il arriva avec les officiers au lever du Roi ; il ne voulut point entrer avant eux, et attendit que la chambre fût entrée. Le soir, il ne voulut prendre l'ordre qu'au rang de capitaine de e^endarmerie. Tous ceux qui ont coutume de le prendre auparavant se reculèrent, comme il est aisé de le juger; mais M. le Dfiupliin persista à vouloir qu'ils le prissent avant lui. La dissipation inséparable de la vie que M. le Dauphin est obligé do mener à l'armée n'a rien pris jnsqii'i\ présent sur ses exercices de piété ordinaires. Uniandoit il y a quelques jours à M. Févèque de Mirepoix, qui est presque le seul à qui il puisse en parler, qu'il continuoit ses lectures et ses prières comme ici, que l'on ne parbit point de juhilé à l'armée, nniis qu'à l'occasion de la fête de l;i Pentecôte il feroit ses dévotions comme il avoil coutume de faire. Il s'éloit déjà confessé quelques jours auparavant.

Le premier président vint ici hier ma(in faire sa cour à la Reine. M. le procureur général (1) et MM, les avocats généraux y vinrent aussi; ils arrivent tous de Flandre: ladéputalion du [Parlement étoit de ving"l-ne«f en (ont, dont six pri;>-ideiits y compris M. le premier président. Chaque [jrésident a mené trois conseillers, lesquels ont voulu absolument payer leur part des frais du voyage. Le Roi a voulu les recevoir sous une tente. Il avoit fait dresser celle que l'ambassadeur

(I) Joly deFleury.

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