‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 4)Chapitre 12 sur 18 · BATAILLONS · texte numérisé non relu

BATAILLONS

Rassigny.

Royal-Comtois.

Beaujolois.

Trainel.

Ponthieu.

Provence.

D'Rscars.

Laval.

Fleury.

Rochefort.

La Tour d'Auvergne.

Nice.

Rlaisois.

Guyenne.

Gâ^ois.

Lorraine.

Auxerrois.

Flandre.

Agénois.

Rerry.

Santerre.

Réarn.

Des Landes.

Hainaut.

(1) Ce n'est qa'à la veille de la Révolution qu'on a enlevé aux sergents j le droit d'obtenir l'épaulelte ; une ordonnance de Louis XVI exigea quatre quartiers de noblesse pour devenir ofGcier.

SSa MÉMOIRES DU DUC DE LUYNES.

Il parolt aussi depuis peu une ordonnance du Roi pour une réforme dans quelques ré^ments de Tinfantene allemande; elle est -datée du l*' février demi^. fe rapporterai seulement le 1*' article, qui contient tout Vessentiel de cette ordonnance. h , i • »

Les régiments de Saxe^ La Harok^ Royal^Suédois et Lowendal^ qui sont chacun de 3 bataillons, seront réduits à â^ et celui de Nassau-Saarbruck à 1 bataillon, au lieu de 2 à quoi il est actuellement; et .à cet effet il sera retranché de chacun desdits régiments i bataillon^de 600 hommes , faisant 8 compagnies de 7& hommes*

Dumereredi 6, Versailles. -^ On joue aujourd'hui dans les cabinets le même opéra de Silvie qti'on y avoit représenté la semaine dernière. La Reine y va , M. le Dauphin, M"** la Dauphine , Madame Infante et Mesdames.

La Reine ne va jamais à la chapelle sur le drap de pied lorsqu'elle n'est pas en grand habit (1), lors même que le Roi n'y est pas. Elle a représenté aujourd'Jhui au* Roi que tous ses enfants venant souvent à la messe avec elle et ne pouvant point se mettre dans la grande travée, lorsqu'elle est dans sa petite niche, ils étoient obligés d'aller entendre la messe dans différentes èhapéÙes , ce qiii^ouvoit s'éviter si le Roi lui permettoit en son absence de se mettre sur le drap de pied dans la grande tribune sans être en grand habit. Le Roi Ta trouvé bon ; ainsi la Reine dorénavant, quoiqu'on robe de chambre, se mettraeur le drap de pied en haut. , ' ; '

Du vendredi 7, Versailles, — La Reine entehdit hier la messe et le salut, dans la grande tribune, sur le drap de pied sans être habillée.

(1) La Reine dit que ce n'est point la règle ni l'étiquette de ne se mettre dans la tribune sur le drap de pied qu'en grand habit ; que cette règle n'est que pour la chapelle en bas ; de même qu'à la comédie la Reine va en robe de chambre dans sa loge et qu'elle avoit eu tort de ne s'y être pas mise jusqu'à présent; à la tribune elle n'est point censée être en représentati9u. (Noie du dtic de Luynes,)

MARS ttr49. 351

J'ai parlé ci-dessus de l'opéra qui fut joué avant-hier dans les cabinets. Ce même jour mercredi il y eut comédie italienne sur le théâtre ordinaire. L^infante Isabelle y étoît.

'La Reine eut hier des nouvelles du roi son père qui l'inquiétèrent beaucoup. M. de Puisieux avoit reçu une lettre, du 3, de M. de Lucé, qui est chargé des affaires dé Frattce àLunéville; il est frère de M. de la Galaisière. M. de Lucé mandoit que^ la nuit du 2 au 3, le roi de Pologtïe avoit eu une grande colique, àlnviDe, avec une rétention d'urine; qu'on en avoit été extrêmement inquiet, mais que ces inquiétudes étoient entièrement passées et qu'il n'en restoit plus que' les impressions de la douleur. Il y avoit une autre lettre de M. de Lucé , écrite six heures après , où il étoit marqué que l'impression de la douleur étoit passée. M. de Puisieux alla chez la Reine, et lui dit que le roi de Pologne avoit eu une colique, mais, qu'il en étoitguéri. A ce mot du roi de Pologne, la Reine crut que c'étoit le père de M°*^ la Dauphine; mais lorsqu'elle sut que c'étoit de Lunéville que venoit la nouvelle, sa vivacité et sa sensibilité la mirent dans une agitation extrême, faisant plus d'attention à la maladie qu'à la giiérison. M. de Puisieux lui donna à lire les deux lettres pour la rassurer ; malgré cela la Reine jugea à propos de faire ^iartir sur-lechamp M. de Saint-Cloud, son écuyer ordinaire, et d'envoyer en même tem|>s un piqueur de son écurie pour en avoir des nouvelles plus pomptement. Madame Infante y envoya aussi M. de là Vera, un de ises majordomes, et Mesdames ont fait partir M. Dakrd, écuyer de M"^ Adélaïde. La Reine à reçu ce matin une lettre de la main du roi son père qui l'a entièrement tranquillisée; la colique a été violente, et ce sont leié^ douleurs qui ont donné occasion à la rétention d'urine. C'étoit une espèce d'indigestion , mais qui n'a eu aucunes suites fâcheuses et qui a été guérie par les reûièdes ordinaires. "

M"" la maréchale de la Mothe présente aujourd'hui

352 iMÉiMOlRES DU DUC DE LUYNES.

jl^me Xurpin (Lusignan). M. le maréchal de la Mothe est parent des MM. Sensé-Turpin. M"' Turpin n'est pas fort grande, elle est bien faite et n'est pas jolie.

Du samedis^ Versailles. — M""' d'Agénois , qui entre de semaine demain , est arrivée ici ce soir. Elle est en grand deuil de sa belle-mère, M"^ deMoron. M. de Moron, père de M"* de Plelo, avoit épousé en secondes noces cette femme-ci, qui n'étoit rien et dont il a eu plusieurs enfants. Elle s'est jetée par la fenêtre.

Du dimanche 9, Versailles. — M"™'^ de la Rivière vient de présenter sa seconde fille M""" de Lusignan; elle est plus grande que sa belle-sœur M™* de la Rivière ; elle est l)ien faite et a une figure agréable.

Du mardi 11, Versailles. — Il y eut hier lundi opéra dans les cabinets. On y joua l'acte de la Terre du ballet des Éléments de Vertumne et Pomone; celui de Tibulle ^ des Fêtes grecques et romaines, et celui nommé Zilie^ dont les paroles sont de M. de Cury, et la musique de M. Ferrand. Quoique j'aie déjà parlé de ces trois actes dans le temps qu'ils ont été joués, je crois devoir répéter encore ici le nom des auteurs et acteurs. Les Éléments sont, comme l'on sait, de M. Roy pour les paroles, et de M. Destouches pour la musique. Les acteurs sont : Pomone, M"^ la marquise de Pompadour; Vertumne, M. le vicomte de Rohan; Pan, M. le chevalier de Glermont; et une bergère, M"^ de Marchais.

Les Fêtes grecques et romaines sont du S' Fuselier ; la musique, du S^ CoUin de Blamont.

Les acteurs sont : Délie , M""^ la duchesse de Brancas; Plautine, suivante de Délie, M™^ de Marchais ; Tibujljle, M. le chevalier de Glermont.

Celui de M. Ferrand.

Les acteurs sont : Zélie, nymphe de Diane, M""* la marquise de Pompadour; Limphée, Sylvain, 1A. le duc d'Ayen; l'Amour, M"^ de Marchais.

La Reine alla au spectacle d'hier; M. le Dauphin,

MABS 1749. 353

M"* la Dauphine, Madame Infante et Mesdames y étoient aussi.

Mesdames avoient été, au sortir de leur dlner^ à Saint- Cyr, et revinrent pour l'opéra.

Du mercredi 12, Versailles. — Aujourd'hui M. l'abbé de Saint- Hubert a fait sa révérence au Roi ; il s'en retourne dans son abbaye ; il y a sept ans qu'il n'y a été, à cause de la guerre.

M. Blondel a été présenté au Roi ; il va à Vienne chargé des affaires de France en attendant qu'il y ait un ambassadeur de nommé.

Il est certain que M. le duc de Richemond, qui devoit venir ici en qualité d'ambassadeur d'Angleterre, n'y viendra point

Du jeudi 13, Versailles. — M. l'abbé de Brienne soutint hier en Sorbonne sa première thèse publique; c'est ce «que Ton appelle la tentative. Ce fut M. l'évèque de Chartres (Fleury ) qui y présida. Il paroll que l'on a été très-content de M. l'abbé de Brienne. Il a été élevé dans le séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet; il en étoit sorti après avoir fait son temps ; il y est rentré depuis quatre mois pour prendre Tordre de sous-diacre. Il est actuellement Talné des deux fils qui restent à M°" de Brienne, l'alné ayant été tué dans le temps, comme je l'ai dit, à l'affaire de M. le chevalier de Belle-Isle.

Je n'ai point encore parlé d'un seigneur anglois qui est ici depuis quelque temps; il s'appelle milord Gornsbury. Il est petit-fils ou arrière-petit-fils de milord Clarendon; c'est un jeune homme, grand, bien fait, le nez un peu long, et qui n'a pas une figure désagréable; il paroit être aimable, avoir de l'esprit et le ton de la bonne compagnie. On dit qu'il a eu de grandes passions dans le cœur, et qu'il est venu ici pour se faire guérir d'une maladie que les Anglois appellent le spline. ♦ On sait très-positivement que le Prétendant est parti la nuit du lundi au mardi de la première semaine de ca- T. IX. 2S

364 MÉMOIRES DU DtJC DE LUTÎÎiES.

renie. On ignoi^e s'il est allé à Rome, .à Boulogne où à Fribourg. On croit que le vice-légat lui a fait en teindre qu'il ne pou voit rester dans l'état d'Avignon.

11 y a eu aujourd'hui opéra sur le théâtre des petits appartements. C'est un divertissement nouveau intitulé le Prince de Nèi^. La musique est des S'^ Refeel et Franeœûr^ et les paroles clu S' de la Braère.^ Gelui-m est un jeune homme^ qui a beaucoup d'esprit et un grand tar lent pour cesf sortes d'ouvrages; il s'est* appliqué à l'histoire; l'on dit que ses succès sont moins briUantsi II étôit fort attaché à M. le comte de Clermont et à H. de Nive^ 'lïois; il est actuellement à Rome avec H. de Nivernois. Malgré ce voyage il a conservé toujours le privilège qui lui a été accordé pour faire le Mercure. Le privilège du Mercure vaut environ 8,000 livres par an^ Us sont deux qui ont ce privilège et qui par conséquent partagent le profit par moitié. Sur le total du revenu , H. de Maurepas a fait accorSer iine pension de 2 ,000 livres au S^ Gahusac, qui a fait plusieurs ouvrages en vers connus et estiniés. Le S*^' de la Bruère a laissé ici un commis qui continue à faire le Mercure.

Le divertissement du Prince de Noisy est un ballet héroïque, dont le sujet est tiré d'un conte d'Hamilton, que tout le monde connoit, appelé le Bélier. On peut dire, pour parler plus juste, que ce sont les noms que Ton en a tirés plutôt [que le sujet. En effet les personnages sont -les mêmes que dans le Bélier. Il y a un druide : M. le duc d'Ayen devoit chanter ce rôle, mais il l'a cédé à M. le chevalier de Glermont. La fille du druide est Alie, représentée par M*"^ de Marchais. Le prince de Noisy, qui est le rôle le plus difficile, le plus brillant et le plus souvent sur le théâtre , c'est M™° de Pompadour. Il j a un géant qui s'appelle Moulineau, comme dans le conte du Bélier, et c'est M. de la Salle qui chante ce rôle. Mais il y a dans le ballet un grand prêtre ordonnateur des jeux, qui n'est pas dans le conte; c'est M. le vicomte de Rohan

qui fait ce personnage. Outre cela, dans le conte, c'est sous I9, figure du bélier qu'est caché le prince de Noisy, et le petit Poinçon est le confident du druide et le gardien de ses trésors et de ses secrets. D'ailleurs un des principaux personnages du conte est la Mère aux gaines. Il y a un couteau enchanté, un hibou, etc. Ici, \\ n'est question de rien de tout cela, excepté le petit Poinçon. On ne pouvoit pas faire paroitre un bélier sur le théâtre; on a donc supposé que le' petit Poinçon étoit le prince deNbisy. Poinçon aime Alie ; AlieTaime réciproquement, avec la plus grande passion. Le géant Moulineau est aussi fort amoureux d" Alie ; il apprend à Poinçon que l'oracle a déclaré que le cœur d' Alie étoit sensible, mais que c'étoit pour le prinéede Noisy. Le géant est furieux de Tindifférénce et môme des mépris d'Alie ; Poinçon, qui aime tendrement et de bonne foi, et qui ne se connolt pas luimême, est dans l'affliction la plus grande ; il se plaint à Alie de la manière la plus touchante. Alie a beau lui pro- •fcester qu'elle n'aimeuniqueraentque lui, il oppose toujours A cette déclaration la décision de l'oracle, qu'il regarde crsomme infaillible. Le temple de la Vérité parolt, ce qui fait une belle décoration. Poinçon veut l'aller consulter ^n présence d'Alie. Alie est blessée que son amant n'ait jpas assez de confiance à son amour et qu'il veuille cher- <^uher à connoltre son cœur par la décision de l'oracle. I^oinçon lui dit qu'elle ne doit pas craindre cette décision ^m elle est aussi assurée de ses sentiments ; enfin Alie, qui ^st de. la simplicité la plus ingénue, se détermine k con- 2S «jilteo* elle-même l'oracle. L'oracle prononce ces mots "terribles pour le pauvre Poinçon :

L'amant qu'Alie a choisi Est le prince de TVoisy.

Alie est constante et fidèle; elle continue à protester à I^oinçpa que l'oracle est menteur, et qu'elle n'aime que 1*3.1. Il est aisé de sentir que ces sentiments exprimés de

part et d^autre de la manière la plus tendre font un spectacle touchant. Poinçon se laisse persuader par les protestations d' Alie ; alors le druide arrive, et déclare que Poinçon est le prince de Noisy. On voit paroltre peu de temps après un palais magnifique, qui fait une décoration admirable. Dans ce palais est un trône pour Poinçon et Alie. J'oubliois de marquer que le temple consulté par les deux amants s'appelle le temple de vérité; c'est dans un vestibule du palais de Moulineau. Ce que je viens d'expliquer est dans le troisième et dernier acte. Il y a dans le second une autre décoration digne d'être remarquée. Au lieu que dans le conte le géant, ^en combattant contre le prince de Noisy sur le pont que le bélier avoit construit pour attaquer le druide et enlever sa fille, périt en tombant dans la rivière avec son grand cheval, ici c'est Poinçon qui tue le géant. On voit paroltre des guirlandes de fleurs qui descendent du haut du théâtre en bas, et qui sont entremêlées avec beaucoup d'art et en dansant ; elles ont la vertu d'endormir le géant, et c'est pendant qu'il dort que Poinçon le tue avec un glaive sacré, dont le couteau de la Mère aux gaines a donné l'idée. Il y a aussi dans le premier acte la fête du gui sacré, que les druides détachent avec respect et qu'ils adorent. On voit que tout cela n'est pas le conte du Bélier; mais le sujet qu'on a pris pour cette pièce donne occasion à beaucoup de danses, qui sont très-bien imaginées et exécutées dans la plus grande perfection. Le rôle de M"^ de Pompadour est très-fatigant, mais il n'y enapoint qu'elle joue mieux que celui-ci. La musique est fort agréable et dans le goût françois.

Du samedi 15, Versailles, — Avant-hier, M. le maréchal de Belle-Isle arriva ici, après dix mois d'absence. Pendant ce temps il a presque toujours été à Nice, et n'est parti qu'après que toutes les évacuations oût été faites et après avoir donné tous les ordres nécessaires pour les troupes. Un des principaux ouvrages qu'il a faits pendant son com-

mandement a été la réunion et la conciliation des esprits entre les Espagnols et les François, qui ne pouvoient passe souffrir auparavant ; les 'deux nations ont vécu avec tranquillité, politesse et amitié ; leur séparation s'est faite de la manière la plus tendre et la plus sincère, depuis M. de la Mina jusqu'au dernier soldat. M. de la Mina a toujours estimé M. de Belle-Isle, parce qu'on ne peut penser autrement; mais comme les désirs et volontés de ce général espagnol sont d'une grande vivacité et difficiles à satisfaire, il a fallu de la patience, de la douceur et de la complaisance. M. de Belle-Isle s'est prêté à tout, et le roi d'Espagne en a été si content qu'il a écrit une lettre à •M, de Belle-Isle de sa main pour l'en remercier.

Hier M. le duc deSully etsonneveuM.d'Henrichemont, M. le duc de Béthune et M. le maréchal de Belle-Isle firent signer le contrat de mariage de M. de Béthune, frère de père (1) de M'"* la maréchale de Belle-Isle, avec la fille de M. de Thiers (Crozat); le mariage doit se faire mercredi prochain.

Hier, M. de Bérenger, lieutenant général et chevalier de rOrdre, demanda l'agrément du Roi pour sa fille avec M. deSaucourt (Boisfrand), dont la mère est Feuquières. C'est un frère de celui qui a épousé M''* de Béthune; il a &'5,000 livres de rentes; il est âgé de vingt et un ans. Il a encore un autre frère, qui ne veut point se marier. La fille de M. de Bérenger a seize ou dix-sept ans.

Le Roi partit hier pour Choisy, d'où il doit revenir lundi.

(1) Ils sont tous deux enfants de feu M. de Béthune que l'on appeloit le œsaque ou Béthune- Pologne, lequel a voit eu de sa seconde femme (MHe de Gesvres) deux garçons et une fille. Il y eut un des garçons tué sur mer, il y a quelques années. La fille est x\I'nc de Saucourt. M. de Thiers est un des fils de M. Crozat. Sa femme est La Vallée-Montmorency. Son frèro aîné s'appelle M. du Châtel, dont la femme est Gouffier, mère de M^^ la marquise de Gontaut, morte en couche, qui a laissé un tils. MM. Crozat ont encore un autre frère, qu'on appelle M. de Tunis, qui a épousé une Amelot. {IVote du dxic de Luynes.)

Mercredi et samedi, il y aura encore le même ballet ^pnt j'ai fait le détail ci-dessus, et ce sera la fin de ces spectacles jusqu'à l'hiver prochain. *

Madame Infante est incommodée d'une fluxion depuis deux ou trois jours; la Reine y descend ,ious les jojursen sortant de la messe. Mesdames vont dlfferayec^ Madame Infante , et elles y vont encore lorsque le jf^u de la Hçine commence. .. f, , .. . .

J'ai dit ci-dessus que Madame Infapi^ n'a amené ici que trois caméristes. Il n'est pas encore décidé si elle prendra ici des cameristes ou des femmaç de chambre. M""" de Lède disoit aujourd'hui à M"® de Luynes que l'on ne prend les cameristes que dans la noblesse; qu'il s'en* trouve même quelquefois qui sont ^}les de grande c^dition ; que leur état est d'avoir 10 écus par mois , ua plat tous les jours, et outre cela 3 livres 15 sols par jouç. Si elles ne veulent pas se marier, elles restent cameristes toute leur vie. Autrefois, .lorsqu'elles se marioient, on donnoit quelques emplois à ceux qu'elles épousoie^t; mais comme cet usage donnoit occasion à des plains de la part de ceux qui croyoient mériter la préférence pour ces grâces, on ne les accorde plus. On donne 1,500 livres de pension à la camériste qui se marie, ^t môme 2,000 livres quand on veut la bien tra,iter.

Les dames du palais en Espagne étgient autrefois toutes filles. 11 y avoit outre cela des signora d'honor qui étoient toutes veuves. Celles-ci étoient feqimes. de condition, quoiqu'elles ne passassent qu'après les dames du palais. Comme elles étoient d'un état différent du leur et qu'elles quittoient dès qu'elles se marioient, elles souffroient sans peine cette préférence ; mais depuis que le dernier roi d'Espagne, Philippe V, a supprimé cet usage et que les dames du palais ont été toutes mariées, les femmes de condition n'ont plus voulu être Signora d^honor.

Du mardi 18, Versailles. — Le Roi revint hier de Choisy ; il devoit aller aujourd'hui à la chasse du vol, mais la

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