D' Arpajon à Versailles
Nota. M'"^ Infante Isabelle fera trois séjours et n'arrivera que le 7. Mme de Greni-Gonzalès est gouvernante de l'infante Isabelle.
État de ce qui suit Madame, de Bayonne à f^ersailles (1) .
M"»« la marquise de Lède, M. le duc de Montellano,
(1) Note de la main de Miue Infante, et envoyée au Roi.
DÉCEMBRE 1748. les
M. Carpentero, secrétaire d'fr^tat de M^M'lnfaut,
Le (H)nfesscur,
Le médeciiK
M. CouloD, garçon de la cliambre,
L'ossafifata, M^^ de Saint- Just,
M«»«de Pau......
M"« Valabouest. . . caméristes,
Les dornestiques deM""* la marquise de Lède,
Ceux de M. le duc de Montellano,
Un officier avec les joyaux,
Une fille de garde- robe,
Les femmes des caméristes,
Le S*^ Helliot, cuisinier du Roi,
Le S' Verne, de la petite écurie du Roi^
Le charron, serrurier, bourrelier, deux courriers de Técurie du
Roi, Deux surtouts pour les équipages.
J'ai oublié de marquer que M. de Sotomajor eut audience particulière avant-hier; il vient d'Aix-la-Chapelle, où il étoit ministre plénipotentiaire et où il étoit pour les conférences pour la paix; il retourne à Madrid; nous Pavons déjà vu ici avec H. de la Mina.
Âigourd'buiyC'estM"*® deCastries (Ghalmazel) qui a quêté, et M. de Lavaur qui a officié.
M"* de Puisieux présente aujourd'hui M"* de Saint-Séverin (1). Elleavoit épousé en premières noces M. d'Houdetot; il y a déjà longtemps qu'elle a épousé M. de Saint- Séverin, mais elle n'étoit jamais venue à la Cour.
Bu jeudi 26, Versailles, — M. le maréchal de Richelieu arriva hier ici; il étoit au coucher du Roi; il vient de tenir les États de Languedoc, où il s'étoit rendu de Gènes.
Dès le lendemain du dernier opéra, on a commencé à défaire le théâtre ; et le grand escalier sera entièrement
Ci) Fille de M. de Villemar, fermier général. ( Note du duc de Luynes, )
libre pour le premier jour de Tan. Il est arrivé aujourd'hui un accident dans cet ouvrage ; un ouvrier, qui n'y étoit pas employé, à ce que Ton prétend, mais qui a monté en haut par curiosité, est tombé dans l'escalier et s'est tué j il y en a eu deux autres de blessés.
Aujourd'hui, à midi, la Reine a reçu la liste de la promotion qui lui a été envoyée par M. d'Argenson; et sachant que le Roi ne devoit la montrer à Ghoisy qu'à huit heures, elle n'a voulu communiquer la, sienne qu'un moment avant souper (1).
Du samedi 28, Versailles. — Avant-hier, le Roi donna 2,000 écus de pension à chacun de ses aides de camp; il y en a eu dix, dont neuf sont vivants : MM. de Picquigny (aujourd'hui duc de Chaulnes), de Richelieu, d'Ayen, de Luxembourg, d'Aumont, de Soubise et de Meuse. Ils furentnommés en iTkk avec M. de Boufflers, qui est mort. Le Roi a eu depuis pour aides de camp M. de Tingf y 'et M. le marquis de Gontaut. S. M. a suivi dans cette occasion-ci l'exemple du feu Roi, qui avoit accordé pareille pension à chacun de ses aides de camp. Feu M. le duc d'Eibeuf, mort depuis environ un an, fort âgé, et qui avoit été aide de camp du feu Roi, a joui jusqu'à sa mort de cette pension.
Du lundi 30, Versailles. — M. le Dauphin alla avanthier à Choisy. Mesdames y sont allées aujourd'hui ; elles ne reviendront que demain avec le Roi et M"* Infante.
On a eu des nouvelles de M*"* Infante de Toury, où elle arriva hier en très-bonne santé.
(1) La promotion comprenait :
94 lieutenants généraux f
87, maréchaux de carap^
79 brigadiers dMnfanterfe,
42 « de cavalerie,
7 « de dragons^
309 officiers généraux et brigadiers.
Le théâtre est entièrement défait et l'escalier de marbre libre comme auparavant. Celui qui fait défaire le théâtre m'a dit que l'on n'avoit été que dix-sept heures â cet ouvrage. On a mis dans la galerie d'en haut de Paile neuve, depuis la chapelle jusqu'à la porte de M. de Béthune, tous les bois et toiles qui formoient le théâtre.
Il y a quatre ou cinq jours que M. de Lède, colonel du régiment d'Afrique, vint ici et fut présenté ; il est grand d'Espagne et fils de M™' de Lède, camerera-major de M""' Infante. L'histoire de H. de Lède est trop singulière pour ne pas mériter d'être écrite. M"* de Lède restoit veuve et fort occupée de l'éducation de son fils; elle ne songea qu'à lui donner un gouverneur qui eût toutes les qualités nécessaires pour le former, et dès qu'il fut en âge elle l'envoya â l'armée en Italie avec ce gouverneur. M. de Lède encore fort enfant se trouvoit soumis à celui qu'on avoit chargé de sa conduite , et malheureusement cet homme n'avoit pas les sentiments que l'on auroit dû attendre de lui. Il entendit dire à l'armée qu'il pourroit bien y avoir une bataille ; la veille du jour qu'elle devoit se donner, il emmène son pupille. M°*' de Lède apprit cette nouvelle avec la plus grande douleur et la plus juste indignation; elle écrivit â son fils, et lui manda qu'il étoit déshonoré ; qu'il s'en allât dans ses terres ou dans quels lieux il voudroit, mais qu'elle ne vouloit jamais le voir. H. de Lède alla àlacampagne; mais, outré de douleur et ne songeant qu'à réparer la faute énorme que son gouverneur lui avoit fait faire, il disparut en effet quelque temps après, sans que l'on sût ce qu'il étoit devenu ; il alla s'engager dans les troupes espagnoles comme simple soldat, et étant arrivé à l'armée, il y fit son service nonseulement avec exactitude, mais encore avec distinction ; enfin on le jugea digne par sa valeur d'entrer dans les grenadiers. Les occasions de montrer son courage étant plus fréquentes dans ce corps, M. de Lède s'y attira une estime universelle ; il fut question d'un détachement pour
lequel on avoit besoin de grenadiers sur lesquels on pût compter, tant pour la valeur que pour Tintelligence. H. de Lède, toigours inconnu^ se présenta avec plusieurs de ses camarades ; il lut accepté^ et . eut la satisfaction d'entendre les éloges les plus flatteurs que lui donna son capitaine. Il s'acquit encore une grande réputation dans ce détachement, et le . moment vint enfin que pour récompenser un mérite aussi rare on jugea' à propos de le faire connoltre. Un nom aussi distingué joint aux talents militaires dont il venoit de donner tant de preuves procurèrent bientôt à H. de Lèdeune augmentation de grade. Il a toujours servi depuis ce temps, et il atrive actuelle* inent de Tarmée de llnfant; il n'a pas trente ans, et il est officier général ou à la veille de l'être. , . r . .