LETTBB DE M . DE POYSIEUX
Nleder-AlUich, H joia 1742.
Il n'y arien de nouveau dans l'armée du Roi ; les ennemis sont toujours daus la même position, et nous aussi, c'est-à-dire fort près les uns des autres. Je ne crois pas qu'ils entreprennent rien sur notre camp, à moins qu'ils n'y fussent encouragés par la retraite de M. le maréchal de Broglie à Pisek, que l'on a apprise hier ici, et qui a produit un assez mauvais effet, d'autant plus que n'ayant eu aucun détail de ce qui a occasionné cette retraite, l'on croit qu'il y a eu en Bohême une affaire considérable et qui n'a pas été heureuse.
Le reste de notre cavalerie, qui est toujours du côté d'Amberg, nous joindra incessamment ; et après sa jonction, l'armée du Roi sera forte de 20 bataillons et de 30 escadrons , dont 8 de dragons ; mats les bataillons et les escadrons n'étant pas complets , cela ne composera guère que 12,000 hommes effectifs, et c'en est assez si les troupes sont fermes pour défendre notre camp contre M. de Revenhuller, supposé qu'il ose l'attaquer, ce dont je doute beaucoup. Nous avons à présent 26 petites pièces de campagne. On se flatte que les Hessois arriveront dans huit jours à l'armée des Bavarois ; ainsi soit- il. Il est bien à désirer que cette affaire-ci finisse promptement; chaque jour en augmente le poids pour le Roi et son État. Les hussards viennent de brûler plusieurs maisons à une lieue d'ici ; on a envoyé quelques piquets de cavalerie après eux, et ils se sont retirés à leur approche.
Si quelque chose est capable d'engager une affaire , non générale , mais particulière , ce sera le poste que nous tenons dans Winzer, à uue lieue d'ici, que uous serons peut-être obligés de souteuir s'il est attaqué.