Lettre de M. de Put si eux
Meder-Altaich . 19 juillet 1712.
Il est toujours question de nous faire passer en Bohème, projet impraticable et qui n'a sans doute été imaginé que pour accréditer les négociations du maréchal de Belle-Isle.
Tout le monde compte sur la paix ; je la crois certaine et indispensable; et la reine de Hongrie ne doit pas la rejeter aux couditious qui ,Jui ont été offertes.
M. de Kevcnhuller paroît présentement en vouloir au maréchal de Torriug. flous avons été informés hier par nos espions qu'il faisoit filer la plus grande partie de ses troupes à Landau, où il a voit commencé à jeter un pont vis-à-vis d'une île que l'Iser forme sous cette ville; les Hessois y ont marché pour masquer ce pont lorsqu'il sera fini; ils se gont empares pour cet effet de deux villages, qui ne sont éloignés de Landau que d'une lieue , où aboutissent , dit-on, deui grandes chaussée-s qui sont les seuls chemins par où l'ennemi puisse traverser les marais dont la dite ville est tout entourée, pour eusuite déboucher dans la plaine.
L'on attend d'un jour à l'autre au camp des Bavarois le maréchal de Seckendorf, qui doit venir remplacer le général Torring, dont le travail et les chagrins ont beaucoup altéré la santé. J'avoue que je crains toujours que ce dernier ne se fasse, par trop de confiance, donner sur les oreilles, ce qui nous jetterait à tous égards dans le plus grand de tous les embarras. Le comte de Seckendorf a certainement plus d'expérience et de talent pour la guerre; mais il est ardent et impérieux.