‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 5 sur 88 · BRIGADIERS · texte numérisé non relu

BRIGADIERS

Vigier, capitaine aux gardes suisses.

Sabran, mestre de camp de cavalerie.

Courtebourne, sous-lieutenant des gendarmes de la Reine. Marivaux, capitaine-lieutenant des gendarmes de Bretagne.

Le chevalier de Beaumont, exempt de la compagnie de

Charost.

MARS 1740. m

MM. Vandeuil, exempt de la compagnie d lia r court. Sauraery , exempt de la compagnie de Villeroy. Cha m peron, aide-major des quatre compagnies. RazMJy, capitaine aux gardes frauçoiaea.

Bernage de Chaumont, capitaine lieutenant des cbevau-

légers de Berry. * De Relingne, enseigne des gendarmes anglois. Saint-André, sous-lieutenant des ehevau-legera Dauphins. Tillières, capitaine-lieutenant des gendarmes Dauphins. Chevalier d'Aguesseau, capitaine-lieutenant des geudurmes de Flapdre.

Le vicomte de Pons, mestre de camp d'un régiment de

cavajerie.

De Fiennes , mestre de camp de cavalerie. Fougères, mestre de camp de cavalerie.

De Loigny -Montmorency, mestre de camp de cavalerie. Flavacourt, mestre de camp de cavalerie. Suzy, enseigne de la compagnie de iNoailles. Chevalier d'Harcourt, mestre de camp d'un régiment de dragons.

Comte de Donges, colonel de Soissonnois. Marquis de Créquy, commandant une brigade de carabiniers.

Comte de Bonneval , colonel du régiment de Poitou. D'Anleiy, colonel du régiment de Nice.

Pont-Saint-Pierre, mestre de camp du régiment des Cravates.

De Guer, capitaine aux gardes françoises.

Fieubet, enseigne des gendarmes.

Comte de Laigle, colonel du régiment d'Enghien.

La Motte-Guértn, capitaine aux gardes.*

Travers, colonel d'un régiment de Grisons.

Lévis, mestre de camp d'un régiment de cavalerie.

Fréraur, mestre de camp de dragons.

Le duc de la Valllère , colonel d'infanterie.

Comte de Cossé, mestre de camp de Hoyal-Piémont.

D'Armenonville, mestre de camp de dragons.

Chépy, mestre de camp de cavalerie.

Duc d' Auraont, mestre de camp de cav alerie.

MM. D'Avarey, colonel do régiment de Nivernois. Rozen, mestre de carap de cavalerie allemande. Comte de Fi tz -James, colonel de Berwick. Vidame de Vassé , mestre de camp de cavalerie. Le duc d'Ayen.

Dillon, colonel irlandois.

Legendre, mestre de camp du Colonel.

Crussol de Salles, mestre de camp de cavalerie. Bauffiemont , mestre de camp de dragons. Saulx-Tavannes, colonel de Quercy.

Prince delïngry, colonel du régiment de Touraine. Comte de la Suze, mestre de camp de dragons . Nestier, enseigne de la compagnie de Villeroy.

Chevalier de Nicolaï, mestre de camp de dragons.

Comte de Malause, colonel d'Agénofs.

Marquis de Tessé, colonel d'infanterie.

Duc de Rochechouart, colonel d'Infanterie.

Duc de Fleury, mestre de camp de dragons.

Prince de Soublse.

D'Escayeul.

Duc de Picquigny.

Lussan, colonel du régiment de la Sarre.

Terme-du Saux, lieutenant du régiment de l'Ile- de-France.

Morangiés, guidon des gendarmes.

BÉGIMBItTS

Navarre, Piémont,

Marquis de Mortemart.

Comte de Lamassais.

Duc de Lesparre.

Courtenvaux.

Chevalier deMaupeou.

De Vaubécourt.

Bourbonnois, Royal-Infanterie,

Bigorre, Dauphiné,

Cavalerie.

Royal-Étranger, An ce/une,

D'Auneuil de Char le val.

Du Rumain.

If,1

MM. Gesvres.

Randan.

Clermont-Tonnerre.

Bouchefolière.

dindons.

Le marquis de Fénelon.

Le marquis de Beauvau.

Le chevalier de Lussan.

Compagnies de cainUerie.

Le chevalier de Polastron.

Le marquis de Turbilly.

Le sieur Florian.

Le comte de Saint-A vent.

Le comte deBreteuil.

Du dimanche 20 , Versailles. — M"* de la Mina a pris aujourd'hui son audience de congé. M. de Verneuil vinten avertir hier Mme deLuynes. Mmedela Mina est venue attendre chez M"' deLuynes le moment que la Reine seroit revenue de la messe. Au retour de la messe, M. de Verneuil est venu ici avertir M"' de la Mina, et lui a donné la main jusque chez la Reine. La Reine étoit dans sa cham hre, dans son fauteuil, le dos tourné à sa cheminée ; M"* de Lu ynes et Mmc de Mazarin assises derrière la Reine, M"e de Luynes à droite, Mme de Mazarin à gauche ; M. de Nangis derrière le fauteuil de la Reine. Tout s'est passé de la même façon qu'à son audience pour l'arrivée, excepté que Mme de Luynes n'est point venue prendre Mme de la Mina dans le cabinet avant la chambre. Après les trois révérences on a apporté deux pliants ; M"" de la Mina s'est assise vis-àvis lajteine, et M"' de Luynes à gauche de Mme de la Mina. M. de Verneuil, qui étoit entré dans la chambre de la Reine avec M"" de la Mina, en marchant devantelle, après avoir resté quelque temps, a pris l'ordre de la Reine et a été avertir le Roi, qui étoit au conseil. Le Roi est venu par la t. ni. 11

162 MEMOIRES Dl) DUC DE LUYNES.

galerie et le cabinet de la Reine (1). Il y a eu un moment de conversation à l'ordinaire. Le Roi avoit salué M m" de la Mina en entrant, et, lorsque S. M. fut partie, on se rassit encore un moment. M. de Verneuil reprit de nouveau les ordres delà Reine, et alla avertir M. le Dauphin, qui vint parla porte ordinaire de la chambre delà Reine, et, après avoir fait la révérence à M" de la Mina, alla embrasser la Reine; et ce ne fut qu'un moment avant de s'en aller qu'il la salua et baisa. On se rassit encore un moment après le départ de M. le Dauphin. La Reine s'étant levée quelque temps après, M"1* de la Mina s'approcha de S. M. et baisa le bas de sa robe; elle s'est retirée ensuite avec les trois révérences ordinaires sans que M^de Luynes sortit de sa place. J'oubliois de marquer que Mnc de Luynes, n'étant point chargée de reconduire M"" de la Mina en celte occasion, elle reconduisit le Roi et M. le Dauphin.

M. le comte de Gramont remercia hier le Roi pour la compagnie aux gardes donnée À sou ûls oadet qu'avait M. le duc de Lesparre.

Du jeudi 2k, Versailles. — J'ai marqué ci-dessus la mort de Mmc la comtesse de Saint-Pierre, femme du premier écuyer de M"* la duchesse d'Orléans ; elle jouissait de plusieurs petits domaines du Roi à vie. Un de ces petits domaines, valant 10 à 12,000 livres de rente, a été donné à M. le duc de Fleury. Quelqu'un d'instruit disoit, il y a quelques jours, a cette occasion, à M,oc de Luynes que ce n'étoit pas la première grâce de cette espèce qu'avoit obtenue M. le duc de Fleury, et qu'en comptant le bien de M'"e de Fleury il avoit plus de 150,000 livres de rente, indépendamment du gouvernement de Lorraine; on m'a môme dit 170 ou 180,000.

C'est à la prière de M. le duc de Fleury, ou de M,— de Fleury, qu'il a été accordé depuis peu à M. Briçonnet, parent de M019 de Fleury, l'intendance de Montauban,

(l) l.e salon «le la Paix.

vacante par te changement de M. Pajol qui a eu eell d'Orléans de feu M. de Baussan.

Avant-hier mardi 22, le Roi fut coucher à Choisy sans y mener de dames; il fit planter dans son jardin un jeu d'oie, &«r le modèle de celui de €hantil|y, et un labyrinthe à cou!-. Le Roi travailla lui-même et tous ceux qui a voient l'honneur de le suivre. 11 alla voir aussi ses bâtiments auxquelson c^rnmeace à travailler. Ce «ont descuisineset quelques logements que Fou compte qui seront faits au mais de septembre. On continue toujours aussi les bâtiments de Fontainebleau et de Conipiègne. U ne me parut rien à remarquera Choisy. M. de Coigny ne servit point le Roi, et eut l'honneur de souper avec lui. Le Roi revint hier iei à deux heures et demie ; il fut au sermon du P. Neuville; il paroit que Ton est fort content de ce prédicateur- Ce qui prouve le plus la beauté de ses discours, c'est que, malgré une monotonie continuelle et une rapidité d'élocution très-fatigante pour l'auditeur, on l'écoute avec grand plaisir. U faut convenir cependant que ses sermons sont peu touchants ; son talent principal est celui des portraits.

M. de la Tréraoilleme dit à Choisy qu'il n'y a voit encore rien de décidé au sujet delà dispute faite par M. de Vernenil, dont j'ai parlé ci-dessus; mais que M. de Verneuil ayant eu un envoyé de Suède ou de Danemark, il y a quelques jours, qui va, je crois, en Espagne, M. de Verneuil alla l'en avertir chez lui.

L'on continue toujours à faire des représentations au sujet de la promotion, et en particulier sur le nombre des brigadiers que l'on a faits dans les dragons pour pouvoir aller jusqu'à M. deFleury. M. le Cardinal répond qu'il ne s'en est point mêlé et qu'il n'y a qu'à en parler au Roi ; mais personne n'ose prendre sur soi de faire cette démarche. M. de la Trémoille, qui désiroit être maréchal de camp, parla au Roi immédiatement après la promotion, mais Je Roi ne lui répondit rien.

Hier il y eut ici un ballet; la pièce étoit U Roi de Cocagne (1) ; il me parolt que le ballet a été trouvé fort joli. La Barbarine, fameuse danseuse, arrivée depuis peu, y dansoit. Comme le Roiavoit dîné a près le sermon, et qu'il n'avoit point dit qu'il n'iroit point au ballet, M. de la Trémoille ne le fit commencer qu'à sept heures, dans l'espérance que le Roi pourroit y aller; mais cette espérance fut vaine. Il y eut travail avec M. le Cardinal et M. de Breteuil, et le Roi ne sortit point de chez lui.

La grande nouvelle de Paris est la rentrée de Mlu Lemaure à l'Opéra; elle est autant connue par la beauté de sa voix que par son avarice et ses fantaisies ; il y a quelques années qu'elle avoit quitté l'Opéra par esprit de régularité, et M. le duc d'Orléans lui faisoit une pension. Les directeurs de l'Opéra l'ont engagée à y rentrer.

Ce fut dans le travail de M. Breteuil d'hier au soir que fut décidé l'arrangement pour les régiments de M. le prince de Condé. Celui de cavalerie, vacant par la promotion de M. de Gouffier, a été donné à M. de la Guiche, parent de M. de Lassay ; et celui d'infanterie, qu'a voit M. d'Hautefort, a été donné à M. de la Tournelle, beaufrère de M,ne de Mailly. MMe de Mailiy disoit, il y a quelques jours, que si elle n'avoit pas demandé ce régiment à M. le comte de Clermont avec autant d'instance, M. de la Tournelle ne l'auroitpaseu. Par l'arrangement fait entre M. de Charolois et M. le comte de Clermont, c'est M. de Charoloisqui, gouvernant toutes les terres de M. de Condé, nomme aussi en son nom aux bénéfices qui dépendent de lui ; et c'est M. de Clermont qui se mêle du détail des régiments. Il y a quelques jours qu'il travailla avec M. de

(!) « La comédie du Roi de Cocagne est do feu sieur Legrand , comédien du Théâtre-François, ornée de trois intermèdes de chants et de danses, dont la musique est du Rieur Quinault l'alné, retiré du théâtre depuis 1734. » (Mercure de Mars, page :»f.;>. )

Breteuil pour l'arrangement des deux régiments dont je viens de parler.

M. d'Aster a remercié le Roi aujourd'hui pour la compagnie aux gardes dont j'ai parlé ci-dessus ; c'est le second fils de M. le comte de Gramont; il n'a que quatorze ans.

M"* la duchesse de Lesdiguières est morte cette nuit; elle étoit âgée de soixante-huit ans ; elle s'appeloit Gabrielle-Victoire de Rochechouart, et étoit fille de Louis, duc de Vivonne et deMortemart, pair et maréchal de France, et d'Antoinette de Mesmes ; elle étoit sœur de feu M. le duc de Mortemart qui avoit épousé M"" Colbert. Elle avoit pour sœurs : deux religieuses de Fontevrault, dont Tune en fut abbesse et l'autre le fut de Beaumontlès-Tours, Mme la duchesse d'Elbeuf, M"" la marquise de Castries, première femme de feu M. de Castries et bellesœur de l'archevêque d'Alby d'aujourd'hui, laquelle n'eut qu'un garçon , lequel épousa M"* d'Olinville ; il mourut sans enfants. M. de Castries épousa en secondes noces Mlt0 de Lévis, dont il eut trois enfants ; il y a encore deux garçons présentement. Mme de Lesdiguières épousa, le 12 septembre 1702, Alphonse de Créquy, comte de Canaples, mort sans enfants, le 5 août 1716, âgé de quatrevingt-cinq ans. Alphonse de Créquy devint duc de Lesdiguières et pair de France par l'extinction des branches aînées de sa maison ; c' étoit le troisième fils de Charles, second du nom, sire de Créquy et de Canaples, mort au siège de Chambéry, en 1630, lequel avoit épousé Anne du Ko ure, fille de Claude, seigneur de Bonneval et de Comballet et de Marie d'Albert-Luynes, sœur du connétable. M. le duc de Villeroy hérite environ de 18,000 livres de rente à la mort de M10* de Lesdiguières.

Du samedi 26 , Versailles. — Le Roi travailla hier avec M. le Cardinal et M. de Breteuil, et l'on sut après le travail qu'il y avoit une augmentation de faite à la promotion; j'en joins ici l'état.

Page 1