LISTE DES BÉNÉFICES DONNÉS AU MOIS DE SEPTEMBRE
Lyon, à M. le cardinal de Tencin.
Embrun; abbé Fouquet, ancien agent général du Clergé.
Nevers; Hugues, vicaire général d'Embrun.
m MÉMOI^W W PUC Pfc LITYNTCS.
Tarbes; de Beaupoil de Saint-ÀoUtfre, vicaire général périgueux.
Abbaye de Bolbonne, à l'évêque de Montpellier.
De Relecq, à l'abbé de Lansac, ancien agent général du Clergé.
De Saint- Sauveur-le- Vicomte; abbé de Léon.
D'Essey ; abbé d'Ëspalunque, vicaire général de Lescar.
De Hambies ; abbé de Pontac, aumônier de la Reine.
De Cbaage ; abbé de Polastron.
De Tréport ; abbé de Saint-Pierre, archidiacre de Rouen. Des Échalis ; abbé de Coriolis.
De Saint-Martin des Airs ; abbé de Macheeo de Prémeaui. De Salnt-Polycarpe, commandataire ; abbé du Prat, vicaire général de Montpellier.
De Saint-Hilairede la Celle, à M. l'abbé d'Arimontde Boni jeu. D'Aubepierre ; abbé de Saint-Sauveur.
De Saint-Genou de l'Etrée ; abb£ 0e Grosbois. De Saint-Thibery ; abbé de Crillon.
DePontifroy; abbé de Gouyon de Launay-Commats De l'Étoile, régulière; Dorade Tilly.
Prieuré deMonnais; abbé de Chérité de la Verderie. Celui de laBloutière; abbé de Voisenon, doyen de Boulogne. Celui de Fougères; abbé d'Estrées.
Celui de Montjean ; abbé Lerbuge, chapelain de la Reine.
Du dimanche 25, Fontainebleau. — J'ai marqué cj-dessus que le Roi devoit aller le dimanche 18 souper à Ivry (l). S. M. partit effectivement ce jour-là dans sa gondole avec M'ne de Mailly, M™ de Vintiraille et plusieurs hommes, et alla d'abord à. Issy au séminaire; il descendit à la porte ; M. le Cardinal vint le recevoir. Les dames ne descendirent point, mais seulement les hommes. Le Roi mont* chez M. le Cardinal ; ils entrèrent dans la chambre, et y restèrent. Le Roi entra dans le cabinet avec M. le Cardinal ;la porte demeura ouverte et le supérieur du séminaire fut toujours en tiers. Le Roi ne fut pas un demiquart d'heure dans le cabinet et à peu près autant dans
(1) Maison «lu premier écuyer.
la chambre, après qwi il remonte 4«B8 *a voiture •! passa au travers de Paris, Jl n'y eut pas beaucoup de cris de joie à ce passage, cependant il n'y eut point de plaintes. Pendant le souper à Ivry, We de Mailly, qui est toujours à coté du Roi, à moins qu'il n'y ait des princesses du sang (car alors elle est toujours à la seconde place à, droite), dit au Roi i <t Hais, Sire, vous aviez donc quelque chose à dire àtf. le Cardipal? p Le Roi lui répondit que non ; Mme de Mailly répliqua : « 11 doit donc être bien touché de cette visite! y> Ce voyage d'Issy avoit donné occasion à beaucoup de raisonnements dont on voit le peu de fondement. Je n'étois point à ce voyage, mais je sais cedétail de quelqu'un de sensé qui y étoit.
La cherté des blés donne occasion à beaucoup de murmures; le pain vaut jusqu'à 4 sols 6 deniers et 5 sols la livre à Paris, à Versailles et ici ; il y a même des lieux où il est plus cher ; cependant il y a des provinces où il ne vaut que 18 deniers, comme par exemple dans le pays du MaineetdanslesTrois-Évèchés. Il est vrai que dans lesTrois-Évèchés on doit l'abondance aux soins et à l'exactitude de M. de Belle- Isle qui a empêché qu'il ne sortit aucuns blés, ce qui a été exécuté très-régulièrement. Il y a eu de petites séditions, non-seulement à Versailles, comme j'ai inarqué ci-dessus, mais à Bicètre, où on a été obligé d'y faire venir la maréchaussée et le guet; il y a eu quinze ou vingt personnes tuées ou blessées. Il y en a eu aussi à Besançon, où cinq ou sixcentsferamess'étoientassemblées et vouloient piller la maison de l'intendant.
M. le prince de Dombes m'a dit aujourd'hui qu'il feroit ses représentations au sujet des gardes suisses, à qui l'on veut vendre dans les villages où ils sont en quartier, ici autour, 4- sols 6 deniers la livre de pain et 9 sols celle de viande. Le Parlement vient de rendre un arrêt pour défendre aux boulangers défaire plus de deux sortes de pain, le pain blanc etle pain bis-blanc ; ils avoientcoutume d'en faire de quatre sortes. On dit qu'on attend une grande
quantité de blé acheté en Sicile, à fort bon marché, et une moindre provision achetée en Hollande , qui coûte plus cher.
il parolt que Ton craint beaucoup que la vendange ne soit mauvaise. H. le Cardinal disoit hier au Roi qu'en 1536 il avoit fait si chaud dans l'automne et à l'entrée de l'hiver, que Ton portoit des habits d'été à Noël. Pareil événement seroit à désirer pour le moment présent pour la récolte du vin.
Comme il ne reste personne à Versailles, Mesdames étant ici, ce qui ne s'est point vu depuis nombre d'années, on a fait venir une compagnie d'invalides avec deux lieutenants pour garder le château ; on ne fait point venir de capitaine par attention pour le sieur Forestier, ci-devant sergent aux gardes, à qui l'on a donné un brevet de capitaine et qui commande ce qu'on appelle les Suisses des douze, lesquels sont au nombre de 36, chargés de la police de Versailles et de la garde du château, sous les ordres du gouverneur.
M. le Dauphin fut le mardi 20 à Choisy ; il vit le Roi a son lever, après quoi le Roi alla à la chasse. M. le Dauphin dîna dans l'appartement du Roi seul. 11 y eut une table pour M. et Mmc de Chatillon, M. de Mirepoix,les sous-gouverneurs et les gentilshommes de la manche.
On n'a point discontinué les bâtiments de Choisy , comme on l'avoit dit ; mais au lieu de trois cent cinquante ouvriers il n'y en a plus que cent cinquante. Mademoiselle n'arriva que mercredi à Choisy ; elle n'a été ni à lvry ni à Laqueue.
Jeudi, nous eûmes à Versailles la translation de la chasse de saint Onésime de la paroisse à la chapelle. J'ai parlé ci-devant de cette relique, qui a été envoyée de Rome à la Reine. On doute beaucoup si ce saint Onésime est le disciple de saint Paul, parce que celui qui est à Versailles a été martyrisé à Rome. On peut voir dans Moréri que le disciple de saint Paul fut à Rome et qu'il y
fut martyrisé. La paroisse Saint-Louis et les Récollets allèrent prendre la chasse à Notre-Dame, les Récollets marchant devant, ensuite la paroisse Saint-Louis et celle de Notre-Dame, et environ deux cents petites filles de Versailles habillées de blanc. La procession traversa la cour des ministres et la cour royale , passa par-dessous la voûte et entra dans la chapelle par le vestibule. La châsse fut mise sur une petite banquette au bas de la première marche du sanctuaire, et après les psaumes et oraisons, le curé de Notre-Dame et ensuite celui de Saint- Louis baisèrent la chasse, aprè&euxles prêtres officiants ; ensuite la Reine, accompagnée de M. de Tessé et de Mm* de Luynes, se leva de son prie-Dieu et alla baiser la châsse. Après la Reine, tout le clergé fit la même cérémonie, après quoi ils retournèrent en procession à la paroisse. Le salut se dit â l'ordinaire ; la Reine l'entendit d'en bas.
Du lundi 26, Fontainebleau. — J'appris il y a trois ou quatre jours, que tous les princes et princesses avoient signé la requête ou mémoire contre la prétention des légitimés. J'ai déjà marqué que ceux-ci avoient dans leur parti M. le duc d'Orléans, lequel comprend M. le duc de Chartres et M. le comte de Charolois, qui est le plus vif pour leurs intérêts. Gomme M. le comte de Charolois est aujourd'hui à la tête de la maison de Condé, qu'il a de très-bons procédés pour Mme sa belle-sœur, par considération pour lui elle n'a pas voulu signer la requête.
Le Roi arriva ici vendredi, après avoir couché a Villeroy, et soupa dans ses cabinets. Le lendemain, M. de Castropignano vint au lever du Roi avec son habit uniforme de capitaine général; c'est leur habit de cérémonie, ce qu'ils appellent habit de gala.. Je lui demandai des nouvelles de la reine des Deux-Siciles avant qu'il fût entré chez le Roi; il me dit : «Je ne puis encore rien dire, mais vous voyez mon habillement. » 11 me dit ensuite à l'oreille qu'elle étoit accouchée d'une princesse. M. de Castropit. m. n
gnano avoit une lettre à remettre au Roi; M. le Cardinal n'étant pas encore armé, il étoit un peu embarrassé.. Il entra au lever et s'approcha du Roi, à qui il dit la nouvelle dont il étoit chargé de lui faire part ; il dit aussi au Roi qu'il avoit une lettre à lui remettre, mais le Roi ne la lui ayant point demandée, il jugea à propos d'attendre l'arrivée de M. le Cardinal, lequel le mena le soir au retour de la chasse chese le Roi ; M. Àmelot y étoit, et H. de Gastropignano remit au Roi la lettre du roi des Deux-Siciles, après quoi il attendit l'arrivée de la Reine pour lui faire part de la même nouvelle ; il ne doit pas donner de fête, mais seulement une illumination à Paris, et un dîner ou souper ici.
Samedi étant jour de jeûne et la Reine ayant dîné en chemin, le Roi soupa dans ses cabinets et la vint voir seulement un moment avant de se mettre à table. Le vendredi j'étois chez Mademoiselle; il n'y avoit que M"M de Mailly, de Vintimille, la maréchale d'Estrées et de Montmorin. Le Roi y envoya à souper en maigre et n'y vint pointaprès souper; il se coucha de bonne heure, et M"" de Mailly , qui jouoit , quitta le jeu un moment après que le Roi se fut retiré ; mais le samedi , après son souper, le Roi alla jouer chez Mademoiselle.
Du vendredi 30, Fontainebleau. — Le Roi fut souper avant-hier à la Rivière ; il mena avec lui les quatre soeurs et Mme la maréchale d'Estrées, et il y avoit à la Rivière Mroe de Rupelmonde, sa belle-fille. Il y a apparence que, dans la situation où sont les esprits à présent entre Mademoiselle et M'oe la comtesse de Toulouse , au sujet de l'affaire des princes légitimés , dont j'ai parlé ci-dessus, Mademoiselle n'auroit pas été à la Rivière sans le Roi. J'ai marqué que dans le dernier voyage de Choisy, le Roi fut le mardi à Laqueue souper chez M. le prince de Dombes. Mmc la comtesse de Toulouse y étoit venue exprès, mais Mademoiselle, ni M'" de Glermont n'y étoient pas. Pour Mademoiselle, elle ne vint que le mer-