Lettre de M. de Puysibcx
Les cantonnements ne nous fournissent plus aucune matière à nouvelles; je crois même que c'est partie remise pour la campagne pro» cliainç; et il y a toute apparence que nous ne ferons aucun mouvement cet hiver, à moins que nous n'y soyons forcés. La disposition qu'on fait à l'égard de nos quartiers prouve bien que nous ne songeous à aucune entreprise; la destination de la cavalerie est sur les derrières, sur le Lech ; la gendarmerie prendra ses quartiers à Donauwerth. Ce fait est certain, ou du moins il le faut croire tel, puisque M. de Broglie l'a dit hier. L'infanterie bordera User, le quartier général à Straubing; c'est l'arrangement qui subsiste pour le présent. Il passoit hier pour certain que la gendarmerie partoit le 28 pour ses quartiers.
(t) Le marquis d'Armentières capitula le 25, après que les habitants eurent fait entrer des Croates par un aqueduc, et que l'ennemi eut forcé les barrières du côté du pont.
(2) Ville de Bavière sur ta Vils, à l'eut de Landshut.
Cet arrangement est bien de notre goût, mais il n'est pas tout à fait de celui de l'empereur; le 22, M. de Broglie en reçut une lettre qui le dénote assez, par laquelle S. M. lui mandoit s'il ne songeoit pas à faire le siège de Passauet deSchardiug, et qu'il comptait bien qu'il ne fiuiroit pas la campagne qu'il ne se fût rendu maître de ces deux endroits. En ce cas elle ne seroit pas encore prête à finir, car l'armée qui est réunie entre Passau et Scbarding nous feroit trouver bien des difficultés dans l'exécution de ce projet. Selon moi, on en a manqué le moment, qui étoit bien plus favorable lorsque l'armée ennemie étoit divisée et que nous étions sous Braunau. J'avois du moins imagine qu'on feroit quelque tentative dans ce temps sur Passau, mais on n'en a pas fait la moindre. Si la prise s'en étoit suivie, nous aurions pu dire avoir fait une fin de campagne passable, au lieu qu'en vérité elle est misérable. L'Empereur n'en est nullement satisfait, et je trouve qu'il a raison, car il pou voit être possible de faire mieux qu'on n'a fait pour lui, en un mot faire quelque chose, et on n'en a pas seulement fait la oe-
Testahert de M. le cardinal de Fleury.
Chanson sur Voir des Pendus (l).
Malgré 1* horoscope charmant Qal me promettait six vingts ans, Je touche à mon heure dernière:
Dumoulin (2) n'y sait plu* que faire.
Approchez. Sire, et raécoutex, C'est ma dernière volonté.
Je donne par mon testament A Tencin le gouvernement ; Il est devenu honnête homme Dans son ambasside de Rome.
j aurue* sans doute mieux tnune, mats je veux eire regrette.
On dira qu'il n'a nul talent, Qu'en tous points il eut ignorant >
(i) duc de Lut ne* donne ilan< ses mémoire* une Copie «Je cette chanson • mat* comme elle eM Inronpleie. nous la citons d'après le recueil Maurcpas (t. H, p. i», décembre iTtt). i i; Médecin.
Mais, Sire» pour le ministère Il ne faut pas tant de mystère :
Vous voyez comme tout va bien, Et si pourtant Je ne sais rien.
Le conseil est bien composé , Je l'ai parfaitement formé ; En mille ans personne, je pente.
N'eût pris Orry pour la finance.
11 est bête, dur et fripon, Mais au demeurant j'en réponds.
nest qu'un vrai Je l'aurais déjà chassé net ; Mais dans vingt ou trente ans peut-être Il en saura plus que son maître, S'il s'applique, car du Vernet (1 ), Lui enseigne tout ce qu'il sait.
Pour Amelot, quand je l'ai pris C'était pour être mon commis ; Car en matière politique, chacun sait que je sui Moi seul j'ai l'Europe mené ; Elle se tait quand j'ai parié.
Le
Mais trop rempli de son 11 veut élever la marine, Et ce serait notre ruine.
J'ai toujours barré se* desseins De peur de fâcher nos
J'ai mis au conseil d'Argenson ; C'est un fort aimable garçon.
Propos de table et de ruelle, il jase de tout a merveille, r-le, Sire, en attendant vos petits appartements.
Quoi qu'il vaque, on peu! hardiment L'y placer indifféremment ; Je le sais par expérience, Il ne faut talent ni science. Tout nomme est bon à toot métier; Voyez Orry et Tonnelier.
Richelieu subjugua les grands ; Ils étaient trop indépendants.
Tari* du Vernet.
Jal fait plu. J'ai m» la noblesse 'Dans la plu» extrême détreiae , Le bourgeois , lu peuple si bas Qu'ils ne se soulèveront pas.
Lm provinces n'ont plufl d'argent, Mais le malheur n'est pas si grand :
Elle» vivront d économie Et redoubleront tfindiutrie.
Au reste, quand Flcury mourra.
Fera les vignes qui pourra.
Codicille du cardinal de Flbury en paveur