NOVEMBRE IT
sur lequel t'sl représenté la continence de Scipion ; a côte de ce bouclier est celui dWnnibal, (jui a été trouvé dans l'endroit appelé le [)assage d'Annibal, sur lequel est représeute ua palmier qui a à son pied un lion couclié.
JNous avons parcouru ensuite des Vcises, des urnes, des tombeaux, despatèreset des petites bouteilles dans lesquelles on meltoit les larmes des pleureuses pendant les couTois, les petites cuillères pour les recevoir. Outre cela, une grande botte qui renferme ce qu'on a trouTédans le tombeau deChildéric lorsqu'on le découvrit à Toumay. Il y a des bagnes, des anneaux, des tablettes et un stylet d'or, des médailles d*or et d'argent, plusieurs pierreries, des abeilles d'or, les unes avec des yeux, les autres sans yeux, un sabre, sa hache d'armes ; sur un des anneaux d'or est le nom et le portrait du roi Cbildéric, etc. Il a été découvert en 1663, en travaillant aux fondements d'une paroisse de ce pays-là.
Du mercredi Versailles, — Hier, il y eut conseil d'État. L'affaire entre le Clergé et le Parlement fut jugée ; raais on ne sait pas encore ce que porte le jugement ; on le croit favorable au (MerertV, et ce qui le fait présumer, c'est que l'arrêt du Parlement du 18 avril dernier a été cassé par Tarrét du conseil d'hier. On a porté aujourd'hui cet arrêt à Paris pour le faire imprimer (1). C'est M. de Villeneuve , maître des requêtes^ qui a fait le rapport de l'affaire au conseil. Ce rapport, qui a duré deux heures, devoit se faire plusieurs jours auparavant, mais il a fallu bien du temps pour pouvoir se: mettre en état de rapporter une affaire aussi considérable. La requête présentée au Hoi par les agents du Clergé, au dernier voyage de Compiègne, a été communiquée par ordre de S. M. aux gens du Roi. M. Joly de Fleury, ancien procureur général, y a&it une réponse, et cette réponse contient 170 pages in-folio. J'ai dit que le rapport avoit duré deux heures. I^es opinions ont duré au moins autant. Pendant tout ce temps, le rapporteur seul a toujours été del)0ut, car l'usage est que les conseillers d'État appelés au con-
(1) Voir a rApiioixitce a l'aiinée llît'}. lu |Hi'coa'' i«.
192 MI^MOIRKS DU OVC DE LUTNES.
seîl soiil ;»ssis. Les niinislrcs el le Hoi hii-in« iiiê u'oat i\U\v i\u îi six lu'iu t's du soir.
Ily eut bicrdeux présentations; celle de H°"^deBezoos (Briqueville) par M*"*^ de la Luzerne sa mère. J^ai appris à cette occasion que les Briquevilje, la Luzerne et Beuzeville sont regardés comme de même maison. Ce qui confond lesBriq ne ville et les la Luzerne estune anciennesabslitiitiuii (Ml laveur d'un Briqueville ;\ condition dt- prendra le nom dt.' la Luzerne. Il ffiut ultscrvcr que les Bri(|uevill(; sont la Luzerne et ne sont point Bcuzeville^ et lesBeuzeville sont aussi la Luzerne et ne sont point Briqueville.
J'ai aussi appris à ce sujet que Melfort n'est pas le nom de la maison de M. de Melfort; leur nom est Drummond.
La deuxième présentation fut M"* de Gensac y fille de M, de (liainont, chef de brigade, et nièce de M. Tév<'(jue d<î Grenoble (Caulet de Gramont); ce fut M""' la maréchale de Maillebois qui la présenta.
M. le maréchal de Coigny présenta aussi le même jour son petit-fils, quia quinze ans et demi.
Le même jour 21 il arriva de Bretagne un courrier de M. de Chaulnes. M. le garde des sceaux monta chez le Roi à cette occasion, à huit heures trois qnartsdn soir, et ce courrier fui renvoyé dans la mèiiie nuit ; il en étoit re[)arti un autre viniit-cjualre heures auparavant, (|ui avc^it été ù Bellevue, en arrivant, le 19 ou le 20. On dit que les affaires vont mieux et que les esprits s'adoucissent.
Du Vendredi ^k, VersailUes, — Toutes les nouvelles de I^anguedoc disent que tout s*y passe tranquillement; cependant il y a eu cette année plusieurs changements foits à l'ancien usaîre. Les barons avoient un droit pour leur assislanc»' aux États, qui ne consistoit qu'en 2,000 livres de gr.'iliticalion à chaque tenue des Etats; et les évoques avoient 1,500 livres; sur quoi retenant le dixième, pour les barons il leur restoit 1,800 livres, et aux évèques 1,350. Cette différence est raisonnable, parce que les terres qui donnent Tentrée snx États s'achèlent, au lieu
NOVEMBftR I7II8. 193
que les évéques ont cette cnlrée par leur évèclit- niùine. Lorsqae les barons et les évôques n^assistoient pas en persanne aux États, ils y envoyoieai des députés , et ces députés éioient payés, savoir ceux des barons à raison de 900 livres chacun ou environ, et ceux des évôques à 6 ou 700 livres. Le baron et Févêque n'entouchoient pas moins leurs 2,000 et i, 500 livres, sauf les retenues corunie il a étédit). Desorteque M. rancienévéque de Miropoix s'étant démis, et son successeur n'étant pas nommée a louché sa gratification, indépendamment de celle de son député. A cette tenue-ci des États, on a fait un règlement par lequel les évèques et les barons toucheront toujours ce qu^ils avoient coutume de toucher, mats il faudra en leur alisence qu'ils payent leurs députés, auxquels la province ne donnera plus rien.
Les commissaires du Roi étoient dans Tusage, après avoir fait la demande au Roi du don gratuit, de faire des visites aux principaux membres des Étais: c'étoit comme une espèce de spUicitation; cet usage est encore supprimé. Le premier de ces deux articles n'a pas fait jurande difficulté; le second n'a pas été passé sans peine. Eufin le travail des commissaires des États ne se fera qu'en présence du commissaire du Roi, qui est l'intendant.
Une autre circonstance encore digne dereuiarque, c*est que après le travail des commissaires des États, lorsqu'il s'agissoit de la répartition» c'étoient les évéques qui étoient chargés de faire lesdites répartitions dans leur diocèse; ils étoient les maîtres- de disposer de certaines petites gratifications pour des gens de condition, ol même de la haute noblesse, qui sont dignes de compassion par leur extrême misère. Ces gratifications données àproposattiroientunegrande considération aux évéques. Cet arrangement vient d*ètre supprimé par le nouveau règlement; la répartition de chaque diocèse doit être communiquée à l'assemblée des commissaires. Il parolt cependant que toutes ces différences n'ont pas fait une
T. Xli. 13
194 MKMOlKKS DU DUC DE LUYNfcS.
assez vive impresBion pour empêcher la oonlîniiaiioD du travail des États. L'articlo dh commissaire du Roi jcint à' cefix des Étals ne poùvoit pas faire de drfficalté ; lorsque
les Ktats avoienl fait eux-mêmes cette proposition^ en 17i9, elh' tut pas acceptée alors.
Suivant les nouvelles de Bretagne, les États de cette province De sont pas aussi disposés ^oe ôeiix de Languedoc à accepter les nouveaux arrangements ; cependant on espère que tout se conciliera; '
J'ai marqué ci -dessus lasenlencé du CbAtelet qui vient d'«Hrc cassée par arrêt du conseil. J'ai appris depuis quelques particularités sur cejuii-emenl. Les yncances du Parlement sont un temps dont tout le monde profite pour aller à la campagne, même les officiers du Chàtelet. Lorsque la lettre de M. rarchevéque de fut dénoncée àu Ghàtelet, non-seulement M. le prévôt de Paris (qui s'y trouve trè»-raremeni; quoiqueles sentence*; isoîênt tootès intitulées en son nom) étoit absent, mais M. le lieutenant civil étoitil sa campagne; le lieutenant de police n\ étoit point, quoiqu'il fut à Paris, et la place de lieutenant criminel est vacante. M. Aloreau, procureur du Roi au GhÀtelet, n^étoit point non plus à Paris; et iln'y avoit en tout que cinq conseillers. Il Mloit quelqu'un pour faire la dénonciation ; ils en chargèrent un jeune conseiller qui a tout au plus vingt ans , et Idrsqu'il fut question de faire exécuter leur sentence , c'est-î\-dire Iji ùler par la main du bourreau, il se présentai la porto un petit garçon, de douze ou quinze *anSy qui demanda la lettre; ou fut un peu étonné de celte demande , mais il dit qu*il étoit le petit bourreau ; ou lui demanda pourquoi son pèife ii'étoit pas venu; il dit ques^ils'étoit agi de brûler un évèque , son père n'y auroit pas manqué , mais que pour un imprimé, il avoit cru sa présence inutile.
Les spectacles ont reconuiiencé ici mardi dernier. On sait l'usage; mardi, mercredi et jeudi, comédie et tragédie; le mercredi^ les italiens; lundi et samedi, con*
iNOVKiMBHK f7«». 1»',
ceris; dimanche» et vendredi, feux. On a changré cet'
usa^e; il y a eu mercredi concert, et demain samedi les Bouffons joueront ici. Cesonlsixmi bept Italiens, honinies et femmes, qui ionl arrivés depuis peu à Paris, et qui y ont le succès le plus grand et le plus brillant sur lethéâtre de l'Opéra. Le concours de Paris à ce spectacle est étonnant. Jusqu^à présent ils sont payés par FOpéia, qni leur donne 200 livres par représentation, et ils jouent une fois la semaine ; ce jour-là on supprime un acte de rOpéra,et cet aele est rempl.icé par un divertissement de ces Italiens. Le concours en effet est grand ; mais cela forme deux partis, l'un pour les François, Tautre pour les Italiens; chaque parti se range du même c6té. Le Roi, qui est àChoisy depuis mercredi, revient demain après la chasse, et il verra les Bouffons.
M"*^ la comtesse de Noailles (Arpajon ) accoucha il y a deux jours, d'un jiarçon ; elle a déjàeu plusieurs enfanis , je croi^ une tille et quatre garçons en comptant celui-ci. Les deux premiers garçons sont morts, et l'ainé de ces deux-ci est dans un état qui laisse peu d'espérance ^1).
On vient de donner au public, depuis peu, les lettres de M"*^ de Maintenon, en deux petits volumes in-12; elles sont écrites avec beaucoup d'esprit, et plusieurs sont remplies de grands sentiments de. piété; c'est une lecture très-amusante.
» Du lundi 26, Versailles,
Extrait de la gazette de Cologne, du 21 novembre.
La carte inililain' des Uoiipes de France pour ranuée 1753 paroit déjà. On y voit que Tinfanterie de la maison do Roi consiste maintenauteDâ,6IOhomaMsetlaeavalerieea8,086 (2), rint^terie fran-
(I) Il e.st mort le 26 noxeinhre, âgé de deux ài\> el cinq jours. ( Ao/f du dnc dê Lu y nés. )
(i) Il est aisé de voir qu'il y « nne grande «mur dans'ieR cliiflires sur TlnfAiittfie et la catalerie. ( A'ofe du due d* Luifite*»)
MKMOIIU s 1)1 DUC DK Ll VrsKS.
roiscen 172 bataillons, faisant 90, 3(î() hommes, 10 réstimonts suisses qui forment I 1,400, I2 régiments allemands de 7,()04 hommes, 2 régiments italiens de 1 ,005, 8 régiments irlandois faisant 3,720, 8 différents eorps de troupes léjières faisant 1,940. ï.c corps d'artillerie 4,100. l-a eav.ilerie Irani uiseesl a présent de 121 escadrons, qui font 14,530 ;u quoi il faut ajouter 3 régiments de cavalerie allemande, faisant 720 hommes , et 1 régiment de cavalerie irlandoise de 340. Les drsgoni foDt aetuelleroent S) escadroos formant 7,680 hommeg. 7 régiments de hossards, 800 hommes. 1 10 bataillons de milice de 55,000. I^r conséquent le total des troupes firançoîses est aujourd'hui de SI 1,755 hommes.
Je n^ai point encore marc|ué que M. le cardinal de la
Rochefoucauld rendit compte au Roi, il va dix jours, do, ce qui s'est fait à la commission à la t«'^te de laquelle il étoit. On ne sait point encore si AJM. les commissaires continueront à travailler. On pourroit croire qu'après un aussi grand nombre d'assemblées (I) ils ont eu le temps d'examiner dans le plus grand détail les questions qui leur ont été présentées.
Du dimanche 26, Versatiles, — M"' de Snrgères ( Glian* velin j a été présentée aujourd'hui par M""^ sa belle-mère (Morville), qui n'étoit pas venue ici depuis plusieurs années.
J'ai parlé ci-dessus de la démarche de M™*' la duchesse de Duras pour obtenir un brevet de dame du palais de la Reine, parce qu'à ce titre elle aura les entrées en Espagne. J*ai appris qu'on lui a accordé ce brevet. L'ambas* sadrîce de Naples en Espagne a les entrées, non comme aiid)assadrice de famille, mais comme dame du palais de la reine des Deux-Siciles.
J'ai appris à cette occasion que le roi des Deux-Siciles allant coucher avec la Reine, il entre chez elle avec une petite robe de chambre (qu'on appelle un pet-en l'air) ' et une grandeculotte. L'usage étoit que la dame du palais
(I) Ils ont eu soixante assemblées. (Note du âvcde iMfnn. )
de service chez la Reine ôtoit la culotte du Roi etdéchaussoit la reine des Deiix-Sicîles. M"* de Castro-Pignano, ambassadrice de cette cour en France et dame du pahtis de la ri iue des Deiix-Siciles, avant trouvé à son retour cet usage très-iudéceDt d'ôter au Koi sa cuLoiie, ût ses repré* sentationS; et ces deux usages ont été supprimés.
J'ai parlé du retour de M. de Vaulgrenaut de Fambassade d'Espagne. J'ai raisonné avec loi sur le bruit qui a couru de son mariage avec la duchesse del Arcos; il m'a dit qu'il II en avoit jamais été question; qu'il éloii voisin à Madrid de M""" del Arcos; qu'elle aimoit la nation Iraiiçoise et qu elle entroit avec vivacité dans les intérêts de la France; que par cette raison il la voyoit sou vent ^ qu'il alloit tous les jours chez elle, et qu'il Favoit engagée À venir faire les honneurs de la fête qu'il donna à l'occasion de la naissance de M. le duc de Bourgogne; et que des genS; qui suivant toute apparence ne sont pas de sesamis, «voient fait valoir tontes ces circonstances pour persuader qu'il alloit l'épouser.
Du mercredi 29 ^ Versailleê, — Ou apprit hier que M""" de Wonloison (Clermont-Tonnerre), dame surnuméraire du palais de la Reine, étoit morte à Paris de la petite vérole, le dixième ou le onzième jour. ËUe avoit toujours eu une f rès-roauvaise santé ; elle fut malade à Textrémité il y a deux ans; elle n'avoitque vingt-sept ans. - On apprit aussi hier la mort de M. de Flanianville, ami intime de M. le maréchal de Coigny; il est mort d'apoplexie : il étoit gros et court; on pou voit juger à sa figure qu'il mourroit de celte maladie. 11 étoit lieutenant général.
Du jeudi 30, YeraaiUes. ^ Le Parlement est venu ici aujourd'hui. Il y avoit six présidents ( le premier président
n'y étoit pas; il est malade ): c'étoient MM. Molé,de Novioii, de Kobaml)0, Chauvelin, de Gilbert et de Morvaux. Cette visite est un usage. On m'a dit qu'ils avoicnt hier nommé de» commissaires pour examiner ce qui s'est passé par
IMH MKWOIKI > DU DUC Uh LIIY^ES.
rapport à la demande des procédures du ChAtelei {i),On croit que tout va reoommeooer plus vivement que jamais. C'est le Clergé qui doit faire imprimer l'arrêt, parce qu'il est rendu sur la requête de sesagents; mais on croit qu'il
ne sera point imprimé.
On trouvera à la lin de ce livre la copie d'une lettre de M. le garde dea sceaux à M. de Chaulnes, au sujet des demandes faite» par les États de Bretagne On trouvera ensuile reztraii d'une lettre de Bretagne du 26» par laquelle on verra les dispositions actuelles des États de cette province (3).
DÈCEMBIS.
PrâseiUatious. — Évùclié et abbaye^ donnes. — AMOdole sur le cardinal Hfiiry. — l snge de sVnffrinef lu veille des dévotions. — Le. duc «TOrleans ie(.ii clieNiilitT i\v la Toison d'Or. — .\iidieiii:e8 de l'arclievequc de Paris. — ÉtaUi de Bretagne. — Le Parlement rend un arrêt de saisie «iu temporal d« raicbevéque de Puis. — Vingi-.sept évèques se rabdeai auprès du Roi; répon«e du Roi. — Singulière invitslkm faite an Roi par le premier président. — La sœur Perpi^tiie et la communauté de Sainte-Agathe. — Saite des affaires du Parlement. — Zèle du part» inolinisle. — Nouvelles diverses de la Cour. — Présentation de M"'«" de Brienne. — M"'^' du Detland mange avec la Heiue. — Le Boi donne à la Reine des girandoles de porcelaine de Vineenaes. — Fusil donné par Loufo XV au roi de Manie. M. d*E«elimont. — La duchesse de Rodisebonart. — Mémoire de M. de Ranffcemoiit oontie les distiselioBS prétendues en Sorbonne par les Rolian-Guémené. -> États de Bretagne. — Enlèvement de la sœur Perpétue. — Voltoire brouillé avec le roi de tasse.
Du samedi Versailles. — On savoit il y a plusieurs jours que M. rarchevctjiH; de Paris dçvoit avoir audience du Hoi ; il Ta eue aujouid liui au retour de la chasse.
(1) Cet article ne peut sVntendre qn'en expliquant que le Roi, ayant ca^é par arrêt do eomeil, comme il a élédit, la ssatoaeedi Châtelet, a ordonné que Ira procédures lui fusMint apportées , et c^est ce qui a élé exéeote. C'est ce qui
a donné oerasiou de nninmer des commissaires. ( N<Ue du due de luytie».)
"» Voira rXppendire. à l'année iT.S^Ia pî^ce n» in . (3) Voir à l'Appendice h l'année t7ô2l la pim n" 20. '
* 11"' la comtesse de Bissy { Langeron ) est ici avec M'^de
Thiai-d (1),, sa bellu-HUe, <ju*elle doit présenter demnin. M"'^de Thiard est fille de M. Brissart ; soi) mari est le second lils de M""' de Bissy, et on Tappeloit le chevalier de Bissy. Son frère aîné n'est point marié* M""" de Thiard est grande, bien faite^ ^ a une figure sur laquelle il n*y a riçnàdire. .' .
Bans Je dernier travail de M. Tapcieii évôque de Mirepoix avec le Roi; S.H. a donné à M. Tabbé de Prunières, vicaire général de Riez, l'évêché de Grasse, vacant par la mort de M. d'Anthelmi, mort dans son diocèse, âgé de quatre-vingt-six ans. Lçsabbayes de Saint-Ghignan, diode Saint- Pons, et 4§ Saint-]9onorat de Lérins, dans le diocièae de Grasse,, qu^avoil. M. d*Anttielini, ont été diHiiiéef j la pranièiïa à un abbé Larbçusti la deuxième à M . Févéque de Digne ( Jare^te ) .
Du mardi 5, Versailles. — J'appris hier que c'est M. de Genlis qui a eu la place dans les grenadiers de France, .vacante par le changement de M. de GamacheSy qui a obtenu l'agrément du cégiment Koyai-Piémont. M. de Genlis est l'ainé de trois garçons de M. le luaiifquisde Genlis, C'est rh^ifîtîar de b maison de Sillery ; H. de Puisieuxle regarde <x>imue tel. . , . . .
Du jeudi VersaiUen, — J'ai parlé plusieurs fois de M. le cardinal de Fleury. On ne peut trop rassembler toutes les circonstances propres àfaire connoitre le caractère d'un bomiçie-jqui a joué un aussi grand r6le dans i'Ëurope;. ou m*^ .contoit uui^. hier .qui n'est pas maurvais^ ' .
» L'abbaye de BoqhçrWUef.jdioc^.dai Rouen, étoit vaicantc par la mort dÇf' M. rarchevèque de Rouen (Très*
snn), prédécesseur de celui-ci, vint chez M. le (Ordinal jui de n^ap^er cette abbaye j il lui dit pour raison que c'é-
(i) M. de ' Thin^ e»t ehanibéfiiit dit mJU'éacéé Bourgogne. ( Noté du Hait Us ,ii«|r»ff. )«'*.•. Il • . — ,'"> \. o% .
200 MLAJOlhËS DU DUC DE LUVISKS.
toit une situation charmante et une habitation -qui seroit très-commode pour lui, d'autant plus qu'elle est fort près
de Rouen , qu'il pourroit en faire usage à tout moment, au lieu que (iaillon, maison de campag:ne des archevéi[iivs de Hout n, est éloif^né de neuf lieues de cette ville, tn quart d'heure après que M. de Rouen fut sorti, M. l'évéque de Valence (Milon] entra chez M. le cardinal, et lui demanda la même abbaye, en lui disant quHl étoit prêt à en remettre une qu'il avoit, dont les réparations étoient très-considérables, à cause du grand nombre de bâtiments; il ajouta <|ue celle de Bocherville n'avoitpas les nic'Mnes inconvénients; qu'il n'y avoit aucun bâtiment que la maison des moines et une grange pour serrer les grains. M. le Cardinal parut étonné, et lui demanda s'il avoit vu cette abbaye; qu'on Tavolt assuré qu'il y avoit une fort jolie habitation. H. de Valence lui dit qu'il connoissoit le lieu parfaitement, et que le compte qu'il lui en ren doit étoit exact. M. le Cardinal ne répondit rien de décisif, ni pour ni contre à ces deux demandes. « J'en rendrai compte au Uoi » étoit sa réponse ordinaire. Il travailla avec le Roi; les bénéfices furentdonnés, et il fut mis sur la liste qui parut dans le public : «l'abbaye de Bocherville à M. Févèque de Valence, et la jouissance de la maison de campagne de cette abbaye à M. l'archevêque de Rouen sa vie durant, t Cette pla isanterie, beaucoup trop amère, coFilribua, à ce que l'on croit, à la mort de M. l'archevêque de Rouen. Cependant le principal sujet de sa douleur Fut de n'avoir pas obtenu l'ordre du Saint-Esprit, qu'il demandoit; il prétendoit que M. le cardinal de Fleury lui avoit dit positivement qu'il n'en feroit point sans lui, et il en fit deux, H. l'archevêque devienne (Auvergne) et M. l'archevêque d'Alby (Castries). C'étoît en 1733, le 2i mai. M. l'archevêque de Rouen, après cette promotion, retourna à Rouen, d'où il alla au Vaudicuil ; il y tomba malade et revint à (iaillon, où il mourut dechagrin. Du vendredi 8, Versailles. ^ M. le marquis d'Hautetoit
est venu ici aujourd'hui. Il porte le cordon de l'Ordre, et sera apparemment reçuau 1" janvier; ilafaitsa révérence. On a vu dans les gazettes que les cours de Versailles et de Vienne ne veulent plus avoir réciproquement que des ministres plénipotentiaires^ ce qui évitera beaucoup de dépenses, et surtout celle des entrées, qui est fort considérable. Cé même usage s'établit entre les cours de Vienne et de Naples.
La Reine fit hier ses dévotions, et par conséquent s'en* ferma la veille ; elle est dans T usage défaire ses dévotions à cette fète-ci et aux Rois, et non à Noél. H"^ la Dauphine et Mesdames suivent le même exemple de s'enfermer la veille ;
c'est la Reine qui Va établi en France, parce qu'elle étoit dans cet usa^ie lorsqu'elle est venue. Madame Infante à Parme ne s'enferme point; M"" la duchesse de Bourgogne . ne s'enl'ermoit point. C'est une pratique pieuse et respectable.
Il n'y a point eu aigourd'hni de grande messe que celle des missionnaires, comme toutes les fêtes et dimanches
de l'année; il n'y a par conséquent point eu de quêteuse ni de prélat ofticianl. La Reine a été à la grande messe des missionnaires, et le Roi a été à la tribune vers une heure après midi, comme les autres jours. 11 y a eusermon cette après-dinée; le prédicateur ( l'abbé de Boisement) a pris pour son sujet : les fausses vertus, plus communes qu'on ne croit, plus criminelles que Ton ne pense. Il a de l'esprit et parle avec facilité, mais trop vite, et sa voix ne se soutient pas dans les hnuies; ou perd beaucoup de ce qu'il dit.
Le«Koj a entendu, immédiatement après le sermon, les vêpres chantées en haut par la grande chapelle; immédiatement après il est retourné chez lui, et la Reine a remonté à la grande tribune.' On n*a point dit compiles. On a commencé tout aussitôt la prière et dit ensuite le salut. M. 1 archevêque de Rouen, mon irère et tous les Humôniers éloient en hubit court au sermon et à vêpres,
f)u samedi 9, Versailles. — M. le duc d'Orléans a été reçu aujourd hui ch«vali«r de la Toison d'Or par M^' le Dauphin, et dans son appartement suivant T usage ordinaire. Les chevaliers de la Toison qui étoient à cette cérémonie sont MM. le maréchal et le comte de Noailles, de Lauraguais, de Pentjiièvre et le maréchal de Langeron. J'ai marqué an 16 avril 1746 lairéception de M. de Lauraguai$,où M. le duc de Penthièvre n^assista point ; le Koi Tavoit réglé ainsi pouréviter des difficultés. On peut voir ce que j ai écrit sur laréception de M. de Penthièvre, en janvier 1740. A.i:^ourd'hui M.* le duc d'Orléans a pris le premier rang.
Je n'ai appris qu^aujourd'hui que. le Aoi a donné les grandes, entrées à M. le prince de Goodé depuis quatre* . ou cinq jours. *
J'ai oublié de marquer que M""' la duchesse de Montmorency (Tingry) accoucha le 17 du mois passé^ d'une lille; c'est son premier enfant. .
Du mercredi 13, Versailles. — M. l'archevêque de Paris vint ici hier; il vit le Roi seul^ sur les six heures après mîdiy'pendant un quart d*heure; ily eut.encoredans la soirée une seconde conversation. On croit que cette seconde conversation, qui fat fort courte, est à l'occasion de quelques nouvelles qu'il avoit reçues de la visite du secrctaiic du Parlement. On trouvera le détail de cette visite dans une relation dont i'ai parlé. Tout ce que Ton sait jusqu'à présent de ces conversatipns^ c'est le nombre des minutes qu'elles durent.
Du vendredi 15^ Veredlhe,
Extrait <tuM UUre de Hennef du 10 décembre, *
Nous aUeiidons avec impatience l'arrêt du conseil demain lundi ; s'il arrive, les tltats se fornierout jeudi ou vendredi ; s'il n'arrive que mercredi, les États ne se formeront que samedi on dimanehe. Ils ont accordé une gratification à M. le due doGhauliMB de 15,000 livres, qu*il a refusée, une de 30,000 livres pour MM. de Eeoneset de Laanion, chacun l&,000 livres, et une d^. 10,000 livres à M. fiatlloii, aeofétaire
desÉtats. Il y a guerre intestiiieentre le tiers état et la noblesse, qui n*a pas trait aux affaires du Roi. Ou oommeoceà rendre justice au commandant sur ses procédésobligeantset généreux; il sera sârement regretté ici.
M** de Fontanieu y femme de Fintendant du gardemeuble du hoi , mourut il y a huit jours; elle étoit en son nom Polart dt^ Villequoy.
Du dimaiiche il, YersmHes. — Entre plusieurs iuiprimés qui ont paru sur les matières présentes, il y en a
un de. • intitulé. ■ par lequel
on prouve que la notonétéd'un crime peut être publique, quoiqu'elle ne soit pas prouvée par une condamnation. En conséquence de ce sentiment, on s'est informé de ce qui se pratique même parmi les héréti(]ues dans les cas de scandale public ; ou eu trouvera la note ci après. Cette observation ne peut avoir lieu, par rapport aux circonstances présentes, que lorsqu'on conviendra que celui ou celle qui refuse avec opiniAtreté de se soumettre à la constitution Umgemlui, reconnue comme décision de FÉglise universelle en matière de doctrine, et loi de rËtat, doit ôtre regardé comme pécheur public et scandaleux.
Copie de ia note ci^deuus,
Les ministres anglicans non-seulement excluent de la oène les pédieors publics , mais encore les privent, à Tarticle de la mort, publiquement, de la réconcHiation, à moles qu'ils ne fassent ou promettent de faire wie satisfaetioo publique, qui consiste à demourcr debout pluiieiilB dimanches consécutifs, revêtus d'une toile ou drap blanc, en présence de tout le publie. Lorsqu'ils refusent de se soumettre à cette pénitencej'oflicial les fait citer jnridiquemi nt devant Uii, rend une sentence dV\eoniinunication contre eu\ jusqu'à ccqu ils fdssent satisfaction, et s'ils ;>"ol»slinent, roificial les décrète de prise de corps et les tait mettre eu prison, sans qu ils puissent appeler à aucun tribunal séculier.
Lorsqu'ils sont sous rexeommunieation, ils sont inlàines et ne peuvent Jau'ais scr\ ir de témoins ni poursuivre personne en justice.
jr
fie premier oflicier ou seigneur de la couronne est sujet à ces peines, sans appel.
Non-seulement les prélats catholiques sujets du roi d'Angleterre sont eu état de certifier la vérité de ces faits ; mais même les prélats pro* testants ne réviseront pas de le faire.
On trouvera dans la relation des affaires du Parl«> nieiil 11 ) ce t|ui s'est passé le 13. Il est dit dans l'arrêté de rassemblée, daté de quatre heures du soir^ que Tarchevèquc de i^aris sera tenu , sous peine de saisie de son temporel, de faire cesser dans le jour, par ses ordres^ le scandale causé par le refus public^ réitéré et persévérant, d'administrer les sacrements à la sœur Perpétue de la maison de Sainte-Agathe ; ordonne que les deuy vicaires de Saint-Médard seront tenus, sous telle peine (ju'il appartiendra, de faire cesser le scandale dans le jour, en remplissant à Tég^ard de la malade les devoirs de leur ministère.
Arrêté que les gens du ftoi rendront compte le 14> dé* cembre, à dix heures^ les chambres assemblées, de Fexécution de Tarrèt, et que les Pairs seront invités de venir prendre leurs places e n la cour, le 18, au Parlement, à dix heures.
Le I V, les chambres asseuiblées, il fut arrêté d'envoyer un conseiller pour ordonner aux deux vicaires de Saint- Médard, et à leur refus aux autres prêtres de cette paroisse, d'administrer les sacrements à la malade* Il y eut un arrêt de saisie du temporel de H. l'archevêque. Il y eut dans cette assemblée des avis pour qu'au refus des prêtres de la paroisse de Saint-Médard, la cour norhm&t un conseiller clerc pour administrer les sacrements à la sœur Perpétue. M. le premier président dit que celle proposition n'étoit point admissible; cependant un conseiller clerc s'offrit pour cette administration; mais n'étant que
(t) Voir cette relation h la fln de l'année 1753.
diacre, M. Tabbé Boucher, qui est prêtre et conseiller^ se levaet s'offrit pour œtte fonction . Alors M. le premier président se leva et représenta que ce seroit upe innovation qui révolteroit avec raison. On lit des réflexions plus sérieuses et Taf faire n'alla pas plus loin.
A la nouvelle de la saisie du temporel de M. Tarchevèque de Paris, le iô, décernée par le Parlement , tous les'évèqaes qui sont à Paris se sont assemblés chez M. le oardînaï de la Rochefoucauld; il a été convenu (jif il seroit fait une députation & M. l'archevêque de Paris pour rassurer de la part que tous les évè([u<!s pi ennent à la ve.\;i1ion que le Parlement venoit d'exercer contre lui ; de leur union sincère avec lui, et pour lui offrir la disposition de tous leurs biens pour suppléer à ceux dont rarrètde saisie du Parlement lui enlevoit T usage; que tous les évèques se rendroient aujourd'hui 16 à Versailles chez M. le cardinal de Soubise, et que de là MM. les cardinaux de la Rochefoucauld et de Sou bise se rendroient chez le Roi à son lever, pour dire à S. M. que tous les évèques qui sont à Paris se sont rendus chez le cardinal de Soubise, espérant que S. M. leur permettroit do venir se jeter à ses pieds pour lui marquer leur douleur sur les vexations exercées par son parlement contre M. Tarchevèque de Paris, et pour implor^er ses bontés et sa protection pour sauver TÊglise et la religion , qui étoient dans un extrènie danger (1). Les évèques étoient au nombre de vinfft-sept, y compris les m partibus. Comme MM. les cardinaux sortoient pour aller chez le Roi, ils ont trouvé dans la galerie M. de Saint-Florentin, qui cherchoit M. le cardinal de la Rochefoucauld. 11 a dit aux deux cardinaux que le Roi avoit appris qu'un grand nombre d'évêquess'étoient rassemblés chez M. le cardinal de Sou-
ci) L*arrèUI fail à Paris fol que leH évèques se rendroient à Versailles» el ce nViit qu'à Verpaillp«, rhor M. lo cardinal de Snnbiiu», qnll fnt d^Wqw li*s deux cardinaux* iroiful clim le Roi. {Xo(e du due de Lujfnei.)
S06 MhMOlKh.S in l)(JC: 1)1. LllYM-J!).
bise, que S. M. étoit surprise de ce qu'ils venoient sans sa permission se présenter devant elle en corps et en Kiissi iirand ijoinbn*. Les deux cardinaux ont repondu que ( '/'toit si |)fu le dessein des «ivéques, qu'ils alloient acluellementchez le Koi,dépulés pareux, pour demaader à S. M. si elle trouvoit lx>n qu'ils eussent l'honneur de se présenter devant elle. Ils se sont effecUrement rendus chez le Koi et sont entrés dans le cabinet.' Le Roi leur a dit ([u'il étoit surpris de' la démarche qu'ils avoieift faite. Ils ont répondu que les évéques avoienl cru devoir à la religion, à l'union qu'ils ont avec M. l'archevôcjue de Paris et à la vénération qu'ils ont pour ce prélat^ de faire tous leurs eÛ^orts pour obtenir de S. M. de pnroltre devant elle, pour répandre dans son sein paternel leurs juntes alarmes sur le danger que couroit la religion, sur Tcntreprise inouïe faite par son parlement contre le premier évèque de son royaume, sur l'état déplorable où éloient réduites deux paroisses considérables de Paris, <|ui j»ai' la t<Miiérité des jui-'enients injustes de son parlement sont au moment de manquer de prêtres et par conséquent de tous les secours spirituels; que la seule resiM>urce à des maux si grands et' si pressants étoit la piété, la religion dont le cœur de S. M. étoit pénétré, et qui l'engageroit sans doUté à user de toute son autorité pour réprimer de pareils excès ; que c'étoit aussi le fondenient de toute la contiance des évè(jues, et que tout ce qu'ils avoient eu en vue en venant ici en aussi grand nombre, c'étoit de pouvoir en assurer tous ensemble S. M. et de mettre sous ses yeux les sentiments d'union qui lie Tépiscopat ensemble dans une cause commune et dans une affaire aussi importante.
Le Roi a répondu qu'il étoit intitile que tous les évéques |»ariissent devant lui; qu'il connoissoit leurs sentitucnts par la relation tidèle qu'ils venoient de lui en lair<* ; (pi'il ne répondroit auxévèques (jue ce qu'il alloit leur dire à eux-mêmes : qu'il avoit pourvd d'avance à
DÉCEiMBRl!; 17051. 207
ce que les évèques pouvoîenf désirer de lui, ayant évoqué à sa personne, par un arrêt dé son conseil , raffçiire concernant le refus des sacrements lait à la sœur Perpétue dans la communauté de Sainte-Aqathe, ayant ordonné que toutes les procédures lui seroient envoyées, et ayant défendu à son parlement d^en prendre à Tavenir aucune connoissance; qu^il avoit aussi donné par ledit arrêt main levée de la saisie du temporel de Tarcbevéque décernée par le Parlement; qu^ils pouvoient instruire les évéqiies assemblés chez le cardinal de Soubise de ce (ju'ils venoient d'apprendre de sa propre bouclie.
Les deux cardiiiiiux ont proposé à S. M. de trouver bon du moins que quelques évèques eussent Thonneur de venir avec eux lui présenter lenrs hommages. Le Roi a persisté dans la même réponse. Moyennant cela, les deux cardinaux ayant fait rapport du discours du Roi et de ses intentions aux évèques^ ils sont restés chez le cardinal de Soubise, où ils ont dîné, et de h\ sont retournés ;\ Paris sans voir qui que ce soit à Versailles. L'arrêt du conseil porte elïectivement l'évocation de toute l'affaire, circonstances et dépendances, au conseil de S. M. ; ordre d'envoyer toutes les procédures, défense d'en connottre davantage, et main levée de la saisie du temporel de Parchevèque de Paris.
Le premier président est venu ce matin, avant que le Roi partit pour la chasse, pour demander à S. M. la permission d'assembler les Pairs pour ju.ser M. rarclievèque et pour inviter S. M. de la part de la compai^ nie à s'y trouver. Cette invitation a paru singulière. Ou dit que c^est un ancien usage trouvé dans quelques vieux registres qu'on a voulu renouveler. Le Roi a répondu que non-seulement il ne permettoitpas l'assemblée des Pairs^ mais qu'il la défendoit absolument; qu'il eût à le dire de sa part à sa Compagnie et à lui notifier ses ordres sur son arrêt et sur ses arrêtés derniers renlermés dans le paquet qu'il lui remetloit.
208 * MRMOIKI S 1)11 Dre: l)K I.UYNES.
Il y avoit dans ce paquet une lettre de cachet qui enjoint au premier président de faire lecture à sa Compagnie de Tarrèt du conseil de S. M. et de lui notifier. Autre lettre de cachet à la Compagnie qui lui enjoint d'écouter la lecture de l'arrêt et de s^y conformer, et enfin Tarrèt luènie.
Les chambres attendoient le retour du premier président pour s'assembler ; elles se sont assemblées à cinq heures(l).
Le curé de Saini-Médard, les deux porte-Dieu et tous les prêtres habitués de ladite paroisse étant ou cachés ou en fuite pour se dérober au décret de prise de corps,
les marguilliers ont été trouver M. le procureur général pour hii représenter que les choses en étoient au [xiint (lue demain dimanche il n'v auroit ni service ni messe dans leur paroisse, et qu'ils le prioient d'en informer le Parlement. On ne sait point encore ce qui a été fait en conséquence.
Le Roi eut avant- hier une espèce de petite indigestion ;
il nesoupa point par cette raison au grand couvert: on croyoit qu'il prendroit liier des eaux, mais au lieu do se purger il alla à la chasse.
M*"*" de Sarlirane ^Solar nièce de M. de Solar, ci-devant ambassadeur ici, eut hier son audience publique dans le grand cabinet de la Reine; elle est femme de l'ambassadeur de Sardaigne qui a remplacé M. de Saint-
(i) QtuUre heures, lie premier président, après avoir rendu compte de la réponse et des ordres du Roi, décacheta le paquet dans lequel il trouva les deot
leltres de rarlK-l. Dès qu'il eut prononcé cp<; moi-a : AvrH (hi conseil, Mossi^'urs •les en(|uèles, reciuéles et |)ai lii' de la grande chambre se le\T'r( nt et s'en allereol en disant qu'ils ne pouvoient en entendre davantage, etani dans la Ternie i^dutioBde ne jamais recomurttre tes irrMs do conseil sans lettres patentes. Il ne resta que les présidents à mortier et quelques conseillers de grande cliambre. M. le premier président adieva devant eux la lecture, après laquelift les ronseiliers sVn allèrent snns rien dire ; de soi le que le premier président se trouvant seul avec lc^ pri siiU uis a moititr en trop pelit nombre pour délibérer, il le\a la séance. {Aote du duc de Lugnes.)
DECEMBRE ITM. 90d
Germain. J'ai écrit plusieurs fois, et en détail, TnsaL;»' ces cérémonies, et je n'en parlerai pas ici, parce qu'il ne s'eslrien passé d'extraordinaire. On a seulement remarqué que M*"*^ de Veroeuil (1), femme de Tintroducteur des ambassadeurs, aooompagnoit Pambassadrice , ce qui ne s^étoU pas encore vu hors dn semestre de son mari ; elle étoità la gauche de M""" de Sartiranc , et elle entra avec elle.
Du mardi 19, Versailles. — Les chambres se sont encore assemblées aujourd'hui. Un de Messieurs s'est levé, ela dit qu^il étoit instruit que la sœur Perpétue de la maison de Sainte- Agathe n'étoit plus dans qn état aussi fâcheux, et que par conséquent il n*ét6it plus question de lui administrer les derniers sacrements; il a demandé qu'on déiibérâtsur ce qu'il venoit dédire ; on a délibéré en effet. Il semble qu'on auroit pu s'attendre que le résultat de cette délibération auroit été au moins de remettre à une autre occasion la suite des procédures contre M. Farohevêque , mais la fermentation dans les esprits est trop violente pour prendre un parti aussi modéré. Le résultat de la délibération a été que la meilleure santé delas(iMU'Pei'pétut> ne chan^eoit rien à ce qui avoit été arrêté dans les délibérations précédentes.
On voit quel est l'esprit qui règne ai^gourd'hui dans le
de Verneuil éloit en Tomuinc ot M™c de Verneuil à Paris. M. de SainUContest manda à .M'ne de Verneuil qu'il falloit qu'elle se ImuvAt à la préMDtalioo; «lie eofoye aoaiiMt un cearrier à son mari, qui lUA ici aot* ■ilM; il représenta à H de Saint-Cooliel que ta remme efteeliTenieot s'étoll dfjàtrenTée k quelques audiences d'ambassadrices; mais que c'i^toit pendant son semestre, et qu'il n'avoil pis Imaginé que cette rètjle |>ùt être pour toute l'année; M. de Saint-Conlest lui dit que c'étoit l'intention <iu Roi.
Ce fut Mine de Luynes qui pria au dîner à la table de la iieiue, suivant lu droit de la dame d'honneur, droit que la politesse fait exercer de concert avee le premier maître d*li6tel de la Reine. H j avoit environ vingt pcfaonnee à ce dtiier, l'amtMMadeor et l*ambaMadriee> M. le dne de Geavrei, M. le ma» réclial de la Motlie, M. el M"": d'Ardore. M. et M"« de Vcrneiill, M. Dufort, înlro<lu('tour en semestre, et M. de la Tournelle» soos-introducleur, etc. (A'o/e du duc de iMf/nfs.)
T. XU. 14
SIO MÊMOmiS DU DUC DB LUTNES.
Parlement. L;i communauté de Sainte-Agathe est connue depuis longtemps pour être livrée entièrement aux sentiments nouveaux^ et la maladie de la sœur Perpétue a^est qu^im jeu joué pour donner occasion à tout ce qu'on avoii i^lu .de faire. Feu M*. i'avoheTéqae de Paris (Vintimille) avoU tésoln . de stippriner cette conMnunauté; il avolt iuteràil et font' fermer leur chapelle; il avoit fait ôter le clocher. Feu M"'" la maréchale de Noailles ( Bournonville), qui protég-eoif ces tilles, allacliez lui pour lui parler en leur faveur ; elle voulut commencer sa conversatioo sur un ton de plaisanterie qui lui étoit fort ordinaire avec lui; il lui' répondit fart sérieuse* inent^ et lui dit qu'il v^oii d*éertre dans te moment à la supérieure; il lui lut sur^lo'^elAunp la -lettre. M^ la maréchale de Noailles, voulant continuer de traiter cette affaire en badinant, lui dit : Beau Monseigneur, cette lettre n'est pas de vous, c'est d'Artaut (c'étoit son secrétaire). M. rarchevèque, toujours fort sérieusemenl, lui répondit quec^étoitlui qui Tavoit^éorite; pour elle, qu'il lui paroissoit qu*elle seroit une digne supérieure d^-une pareille maison; mais qu*il étoit inutile qu'elle lut en parlât davantage, parce qu'il neeliangerott pas de sentiments. Dans cette occasion-ci, M. l'archevêque, ayant al)solument refusé de permettre l'administration , a d'abord envoyé deux Capucins pour tâcher de ramener Tesprit de la prétendue malade; mais la supérieure .n*a pas voi|lu • qu'ils la vissei^t. M., l'archevêque y a envoyé le grand pénitencier; il a vu la sœur Perpétue^ il l'a exhortée avec douoeur etcharité, etlui ayant'parlé des discours qu'on lui attribuoit contré la Constitution , il Pavoit presque en> tiArement déterminée à convenir que ces discours étoient supposés, qu'elle ne les avoit jamais tenus. Ce fut dans ce moment que deux autres sœurs de la même communauté présentes à cette conversation prirent la parole pour faire les reproches les plus vi& à la malade de ce qu^elle abandônnoit la cause de Dieu et qu'elle n'avoit pas le^
DÊCKMBRE 17119.
courage de soutenir ce qu'elle avoitdit. L;i malade reprit aussitôt son langage ordinaire, et les exhortations devinrent inutiles. La communauté de Sainte-Agathe n'est pas le seul endroit daos Paris qù. Ton se prête à ce fanatisme.
Il y a quelques jottit que Vow vint à la paroiste Saint- • Rocb demander les sacrements pour une fille qni sert on
marchand de la rue Saint-Honoré. On demanda s'il y avoit un billet deconfession ; et comme il n'y en avoit point, le prêtre chargé de porter les sacrements alla chez le marchand. Il s'informa si la fille avoit été confessée; on loi dit) que oui; il demanda le nom du oonlesseur, qu^on ne voulut paslui dire ; il pairla du billet de confrasion , et on lui dit qu'il n'y en avoit point. Il allaaussitôt en rendre compte à M. le curé. lf« le euré de Saint-Roch , homme sage et prudent, envoya quérir le prêtre du quartier; il lui demanda s'il connoissoit le marchand et s'il sa voit qu'il y eût une malade chez lui. Le prêtre lui rendit des témoignages très-avantageux de lui et de la maltresse de cette ' mthùa, et lui ditqu'il avoit eoïiieM, la veille la servante qui étoitfort mal; qu'il aiK>it donné un billet de confession et que puisqu'on ne le rapportoit pas, il étoit prêt à en donner un autre : on porta sur-le-ohamp les sacrements; mads on voit jusqu'oii la prévention est portée et ce qu'elle fait faire ; il y a vingt exemples pareils dans Paris. ^
Du jeudi 21 , Versailles, La députation du Parlement ▼intbier dinar ches l|. le chanqelier^ et se rendit à cinq heures avèc lui à Trianou; ils n*étoient que trois, M. le premier président , MM. Holé et de Novion. On trouvera
ci-après la copie de la réponse que le Roi leur fît. Cette réponse est un monument de la volonté du Roi pour la conservation des privilégep acçordés à la pairie par les rois ses prédécesseurs. Le CVir^ement a paru peu satisfait de cette réponse , surtout par rapport aux formes. Il est vraisemblable- que la matinée -de demain ne sera
its MÉMOIRES m: nrc de luynes.
p.is ti .uwjuillo ( c'qsï {Ho .'injourfriiui, ainsi il n'y a point ti'assenililée ;. doniin»- c'«*st 1 esprit île parti (pii coii(iuit toutes les démarches présentes, il n'est pas étonnant que Qon-senlerneni Ton profite de toutes les occasions, mais queToo cherche même à en faire nalire de DoavelLes, et qae i'oo base usage de tout ce qui peut servir de pré* texte.
Ce seroil une illusion de croire que les Pairs pussent être convoqués par le Parlement; ils ne peuvent Tètre que par le Roi, même en matière criminelle. Il est certain qu'ils ae peuvent être dans ce cas jugés que par leurs pairs, le Aoi présent ; ou si le Koi ne juge pas à propos de s'y trouver, il fait expédier des lettres patentes, qui sont enregistrées en la cour, et en vertu desquelles ladite cour des pairs, assemblée où le Roi jupe à propos, jntre l'affaire criminelle. Ce sentiment n'est peut-être pas approuvé par tous les Pairs; il pe fut pas unanime dans le procès de feu M. le duc de la Force; cependant il paroit qu'on ne peut pas penser autrement lorsqu'on oonnolt les prérogatives et droits de la pairie, et que le Parlement ne peut être regardé par lui-même comme la cour des pairs.
Les Pairs en nMliêi'»^ eriminelle ne doivent point être jugés par des commissaires; ils ont un tribunal afiécté à la pairie : c'est lacour des pairs; maiscette conr des pairs peut être tenue par Tordre du Aoi en tel lieu qu'il le juge à propos. Enfin tout ce raisonnement n'a nulle application dans l'affaire présente, puisqu'il ne s'agit pas de Juger un pair criminel, mais de révocation d'une affaire intentée sans fondement, et qui ne peut ni ne doit être jugée. Les Pairs seroient bien à plaindre s'ils étoieat sujets à toute la passion qui règne dans les délibérations des chambres assemblées, et qui ne vient que d'une prévention soutenue par une jeunesse vive et impétueuse. Cette jeunesse, devenue trop nombreuse, a obtenu le privilège que ses voix soient comptées ^ quoiqu'elle ne
puisse encore avoir acquis l'expérieDce nécessaire. Il est aisé de sentir la différence qu*il y a de juger des affaires de particnlîers, sur lesquelles la oonnoissance des lois et du droit peut suffire avec un esprit sat^e et attentif, ou
d'opiner sur des affaires importantes pour VÉtal et la religion. Cet inconvénient de jeunesse ,si essentiel pour le repos de l'État, a été prévu et réformé par des édits et rèi;lements qui n'ont point eu d'exécution; c'est ce qui fait que la pluralité des voix remporte toujours sur l'opinion des gens sages et modérés, qui en sont affligés et sentent bien que ceci est insoutenable.
Taî déjà parlé de la communauté de Sainte-Agathe, qui est sur la paroisse de Saint-Médard. Cette communauté n'est fondée sur aucune lettres patentes. Non-seu- Icnient M. de Vintîmille avoit interdit et fait fermer leur chapelle^ mais il avoit fait 6ter la croix de dessus la maison et avoit grand désir de supprimer entièrement cette maison. Ce ne fut qu'à la prière de M"" la maré* chale de Noailles- qu'il la laissa subsister. Elle est composée d'une douzaine de filles, qui ont un assez grand nombre (le pensionnaires ; elles s uit devenues considérables et ont acquis beaucoup de crédit dans Paris, parce qu'ellesse sont livrées au parti janséniste. Ou prétend même qu'il y a eu une impression dans cette maison pour la gazette ecclésiastique et autres libelles dans ce genre.
Pendant que le parti janséniste emploie tous les moyens possibles pour persécuter ceux i\u\ sont bien intentionnés, ceux-ci montrent un grand zèle pour leur archevêque. J'ai parlé de la députation qu'il a reçue de la part des évêques assemblés chez M. le cardinal de la Rochefoucauld; outre oela^ M. de Saint-Julien, receveur général du clergé , lui est venu offrir au nom du clergé tout l'argent dont il pourroit avoir besoin. Le chapitre de Notre-Dame a été le trouver en corps pour lui marquer leur douleur, leur attachement et l'intérêt qu'ils
214 MÉMOIKI-:S DL Dl C DE LIJYNES.
prenneoi à ce qui le regarde. Vm parliealier lai est veon apporter 300,000 franœ d'argeot comptant, lut disaol qu'il n'avoit nul besoia de ceUa^flamme, et quHl la prioit
de la garder tantqu^il voudroit, sans en avoir la moindre inquiétude. M. T archevêque n^a accepté aucune de toutes ces propositions.
La paroisse de Saint- Médard s^étant trouvée di manche dernier sans auoao prêtre qui voulût ladeseervir» M. Tarchevèque y envoya deox prèCreapoury dira la me«e. Il a sans doute fait de même pour «njonrd'hui; mais' on voit que cette situation ne peut pas durer. Cette paraMR n'est pas la stMile c|ui soit à peu près dans ce cas ; Saint- Étienne-du-Moat.ei âainIrieao-en-Grève n'ont - actueilement ni curé ni vicaires. • • m *
ExiraU d*une Utlre d$ V§nfiiUmdu4UjmKr*
le vous envoie Tarrété du Parlement d'hier, par lequel vous verres que, malgré la iréponse du Roi , ik veulent toujours la convocation des Pairs.' — On trouvera
dans la relation ledit arrêté.
Extrait du courrier d'Avignon^ du 19 décembre 1752,
article de Rome, •
« La grande affaire de l'érection de l'abbaye de Fulde en évêché vient d'être terminée; l'abbé Armand de Busech, qui la possède, sera sacré évèque; les moines seront déclarés chanoinea pour former le chapitre , et la bulle d^éreetion sera incessamment publiée;S. S. proposa elle^ même ce nouvel évéohé, dans le dernier consistoire ; 4^ pour répondre à 1 opposition formée contre cette érection par le prince d'Erpiboli , par rapport à diverses juridictions qu'il avoitsur l'abbaye, le Saint-Pèi'e a accordé au nouvel évèque le PaUmm, prérogative dont jouiront également tous ses successeurs. »
DÉGEMBIIB If Ht. 9I«
Je crois avoir parlé dans le temps que le Préteadant, qui est à RoiuOy etia tard^aal d'York» son fils, s^étoient hroaiUés; on apprend, pape ^ui négooioit leui^
i!accoianio4enient en ^ «tàûfk vanu é boni. » ...
Extrait d^une Utù'i! de yersMks dUdU jour,
M. Tarchevêque d'Auch l'Montillet) oilicie aux preiQières véj^res;. le j^oi va e|i b«^;Je^ prélats, eo. soutane ei manteau long^yiol^t à x^j^re^i. Caaw A matines en haut à. la tribune; les prâlats ^.fQlijirg^. en hubîft. oourt. Demain à la grande mesfe, ira- bas> les prélats, en soutane violette, rochet f;t çiaiiiail violet. li^après-dlnée au sermon jel à vêpres en bas; les prélats en soutane et manteau long violet. M"" la comtesse de Giiajiioni quêtera demain.
M. ..le maréi^al::iji/^..j^ijdieUtf4i4ai- wi^^ Languedoc.. ^ i «t it t** i - ^ * '•<• u •• . M. deGh^ufii^ a^^iff^.seiv d«foeiix de.Qretagne^eià tout e^ jSini. . . . * . ^ ; - -i . -. m- n
M. de Curzé vient d'être arrêté en Corse, par ordce du Koi ; on a saisi ses papiers et mis des sentinelles à sa porte. II a été arrêté par deu.\' compagnies de grenadiers. On dit qu'on le conduit à Antibes, dans le cbéteau. On a voit prétendu que M. do ^mé avoit.dea iotdUigenees avec les Corses; on:disoi.t Tinèiiief«|u'il vouloit se fgàre roi de cette lie. J'ai appris depuis ^oe son affaire prenoit une tournure plus favorable.
Le Roi a donné l'heure après vêpres pour la présentation de M'"^ de Brienne demain.
XHi lundi 25» jour de ^otlf à Ikmpierre.
Extrait (Tune lellre de Venailles dudil jour.
M"* de Brienne a été présentée à toute la famille royale,
entre vêpres et l'heure du jeu ; ainsi elle a trouvé toutes les princesses chez elles. Le Roi avoit Tair riant, et la ;Heine.ra reçues avec bonté et.agrémcnU Les dames qui
SI6 MÉMOIAES DU DUC DE LUYIMES.
étoient avec H** de Brienne étoient H** de Luynes , qui
la présentoit , M'"** de Sanlx, de Puisieux, de Brezé , de Talleyraïul la mère et de la Siize. Demain elle ira chez les ministres et autres personnes en place ; elle retournera encore k huit heures et demie chez la Reine, pour qu'elle aille de là au souper du Roi avec M'"" de Saulx et de Brezé. Elle étoit mise modestement, iriais honoètement. La présentation de H"" de Brienne a sûrement donné oct casion à quelques raisonnements , parce qu'il est rare, puiir ne pas dire impossible, que les événements ne soient pas critiqués. On aura sûrement dit que M"" de Brienne n'étant plus jeune et ayant resté longtemps de suite depuis quelques années à la Cour sans avoir paru faire de démarches pour être présentée, il est extraordinaire que cette idée lui soit venue si tard.
Ce raisonnement peut être spécieux, mais il n'est pas fondé. M'"'' de Brienne qui a eu trois garçons en a encore deux de vivants; l'alné est prêtre et grand vicaire de Houen ; le second est colonel d'infanterie. M'"" de Brienne depuis quelques années est venue à Versailles; elle a môme été au dernier voyage à Ciompiègne, pour être auprès de If"* de Luynes, sa tante, qui est fort aise de la voir. N'ayant que cet ol:jet, il étôit fort inutile de songer à être présentée; elle trouvoit à la Cour heaucoup de gens de sa connoissance et de ses parents et amis ; elle faisoit les honneurs de la maison de M'"*^ de Luynes avec douceur, politesse et attention. La Heine la traitoit avec beaucoup de bonté, et avoit même voulu qu'elle eût l'honneur de pianger avec elle sans conséquence , honneur que S. H. avoit aussi bien-Tonlu faire à M"* du Deffand, autre nièce de M"* de Luynes, laquelle n'a jamais été pnSsentée ; 'mais les circonstances où M"** de Brienne se trouve l'ont déterminée à désirer cette présentation.
Son second fils, qui deviendra Tainé par la cession de son frère, n'est point marié, et nous désirerions tous quil pdt faire un mariage avantageux. Une condition que Ton