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exige presque toujoui's dans les mariages est la présentaiioD; cette grâce ne pouvoii souffrir aucune difficulté; MM. de Brienne sont gens de grande conditîoD. M"* de Brienne, grande belle-mère de eelle-ci, avoit été présentée. Sabelle-iille, sœnr de M**de Luynes, ne l*avoH point été , parce qu'elle n'avoit jamais imaginé de venir à la Cour; il auroit été assez désagréable à M""" de Brienne de voir sa belle-tille future obtenir d'être présentée en conséquence des exemples et des raisons ci-dessus, qui lui don noient le droit d'espérer la même grftce pour ellemême. Ces raisons furent représentées par H** deLnynes t\ M. de Saint-Florentin, qui en rendit compte an Roi, et S. M. parut les ai)prouver. M'"*^ de Brienne a son mari fils du secrét-iire d'État ; il a été présenté il y a longtemps; mais il ne vient point à la Cour; il est même retiré à la campagne, où M*"*" de Brienne va passer troi% ou quatre mois tous les ans avec lui. '
La Reine n*a point été en bas à la grande messe parce qu'elle se sent d'un rhumatisme et qu'il faut faire beaucoup d'allées et de venues. Elle a été au sermon, quia été fort éloquent. Il nous a dit que nous ne profitions pas des gràcesqueDieunousfaisoitdans le mystère d'aujourd'hui, etque nos passions nous donnoient de Taveuglement dans l'esprit et du trouble dans le cœur, ce qui étoit en opposition aux lumières dont il venoit nous éclairer et à la paix de l'àme. Cela a été sa division , et le second point surtouta été fort touchant et son eonipliment fort édifiant.
Le Roi a donné à la Heiue deux girandoles fort grandes, dont il y a deux figures blanches de porcelaine de Vinœnnes; elles sont d'un fort beau modèle et accompagnent fort bien sa pendule sur la table de sa grande chambre.
J'ai présenté le chevalier de Beauvau, frère du prince ;
il ne lui ressemble pas de figure, mais la voix, les l: estes et les manières sont si semblables qu'on ue peut pas s y méprendre.
M. le princo de Tingry se marie après les fêtes , et il a demandé au Hoi de trouver bon qu'il ne lui demandât point d'agrément et que S. M. ne signât pas son cootrat de mariage; cela est VA peu singi^ier, mais cela lui co» vieot ; et la oooe sç lerft à ll«^QiigBy> ohas M. Ttudaine, oncle de la mariée (,M*^ de Hauboutg).
M. de Ghanlnes est arrivé la nuit dernière ; îL ]i*a para en public qu^à huit heures du soir. Le» États sont séparés sur ce (ju'on a voulu leur donner des commissaires qui ne leur convienneot pas. Je n'ai pas. leocor^ vu de Chaulnes.
11 y a qnelqujBs. joi)rs que Ton demandent si la femme du grand écuy^ ne devoit pM . avoir j îles .grandes entrées chez le Roi^ par oons^qusalî ohev lA Aeine; on vouloit savoir s'il ne s'en troinroit .pas d'exemples dans les mémoires de feu M. de Dangeau. Mais les exemples de M"" de la Trénioille/ femme d'un premier gentilhomme de la chambre, et de M"^ de Turen^e, femme du grand chambellan, pouvoicnt être cités pour obtenir celte grâce. 11 ne peut y avoir d'exemple dans M..48 Dangoau pour le grand écuyer, parce que le grand éc^yer luimême ne les a pas; il n'a que les entrées de la chambre.
Il n'y avoit, du temps de Louis XIV, de femmes qui eusr sent les gi;andes entrées que la gouvernante des enfants de France, la dame d'honneur et la dame d'atours de la Reine, ou depuis la mort de la Reine , de M""' la ducbesie de Bourgogne depuis devenue Dauphine^ la femme du grand chambellan, et les femmes, dés quatre ptremiers gentilshommes delà chambre. Pendant la régence/M?'^ de Ventadour eut les entrées familières comme ayant été gouvernante du Roi ; outre cela, M""^de la Rochefoucauld, comme femme du grand maître de la garde-robe, obtint les grandes entrées ; M"""* de Souvré de Maillebois , comme femmes des deux maîtres de la garde-robe, sollicitèrent vivement la même grèee et l'obtinrent de M. le cardinal de Pleury. Ges grandes entrées ne sont paed'un
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fort grand usage cliez la Reînè. Allies m penircnit fiiervir qu au moment qu'elle est à sa toilette dans sci chambre, avant qu'on appelle la chambre, qui est le moment où entrent les dames du palais, lesquelles n'ont pas les entrées do la chambre; mais M*"* de Maillebois joait>contiûîtollèmeni de ses grandes aritréésehei^leiioMorsqii'eUe ▼a à la suite de Mesdames i eHe seste dans \t cabinet des perruques pendant qne le Hoi' Répondre', de même qne les dames d'honneur et cTktours'de M*** la Daupbine et de Mesdames; car les dames d'honneur et d atours de ces princesses ont les grandes entrées comme celles de la Reine. * ■ ■ u • t ' ; '
Dumardi^^f^ikMtpierre. — On igtiote absolument '»'H y aura une promotHMi de l'Ordre au jour de Tan ; eicomme ôn aimé &'raiscnner, on nomme eewc quVm- croit en droit d'en esj^éror', «mais on an soippose plus qu'il n'y a de places. On nomme premièrement le duc de Fleury, 'à cause de sa dignité et de sa charge. M. le duc de Villars le désire depuis longtemps; il est allé dans son commandement de Provence dès avant l'arrivée de Madame Infante/qu^il a eu l'honneur d'y récemr; il y a toujours resté depuis et: il y. passe Thurer; il est vraisemblable (ju'il iA*est flatté que ostiè assuluité à son devmv ne lui seroil pas inutile. M. le comtadeNoailles, qui parolt avoir, lieu d'espérer cette grâce depuis longtemps, vient encore d'avoir l'honneur de recevoir Madame Infante et de la conduire ici. Le Roi le traite avec beaucoup de bontés, et il semble avoir toutes sortes de titres pour espérer ; tout ce qu'il pourroit craindre c'est qu'il a son' père et -son frère chevaliersde l'Ordre : il ya deagens^qui oioient que c'est une exclusion de se trouver le troisième aussi proche. — M. d'Armentières : il est lieutenant général ; il a très-bien servi; il est homme de grande condition; il fait sa cour irès-assidùment, et il paroltque le Roi a beaucoup de bonté pour lui. — M. de Saint-Vital : il est homme de grande condition ; il cet attaobé à Madame In-
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fante. Depuis qu'il est à I*ai me , elle sollicite vivement cette gnVce |)oui' lui, et silreineiil ses sollicitations peuvent faire iniprcssion, parce que le Uoi a beaucoup d'aluitié pour Madame Infante. — M. de l'Hôpital, premier écuyer de Madame Adélaïde : il est lieateDant général ; il a été ambassadeur à Naples : il parolt qu'on a été con* tent de son ambassade ; elle hii a coûté beaucoup; il est fort assidu auprès de Madame Adélaïde ; ell^ a beaucoup de bonté poui' lui et elle sollicite vivement. — M. de Lîinnion : il est ancien maréchal de camp et a fort bien servi ; il est encore actuellement en Bretagne ou en revient; il y a été président de la noblesse, et on a été fort content de Ini. On le voit peu à la Gour^ mais c'est un officier appliqué et instruit et un homme de condition. Non-seulement il a réussi à la satisfaction de la Oour, mais même à celle de la Bretagne ; ce sont deux points souvent difficiles à réunir. M. le garde des sceaux s'intéresse vivement pour M. de Lannion.
H y »ut un grand comité, le 22, chez M. le chancelier; c'étoit le matin, et quoique Tarrèté à^ Parlement de ce jour, qu'on trouvera dans ma rdation, fût une très-ample matière de délibération, on ncs pouvoit pas encore en avoir de nouvelles. Ainsi on jugea que e'étoit an sujet des affaires de Bretagne. On a su depuis qu'il y a eu de nouvelles contestations dans les États. M. le garde des sceaux , dans sa lettre écrite à M. de Chauines, dont on trouvera copie à la fin de ce livre (1), avoit annoncé un arrêt du conseil. 11 est arrivé, comme je Tai déjà dit, et les États ont été peu contents du choix des commissaires, de sorte qu*on a été obligé de les séparer.
Extrait d'une Ultre de Versailles^ du 26 décembre.
On m'apporta hier au soir le fusil que le Roi donne au roi de Maroc ; il est à trois coups ; c'est une chose qui
(1) rojres à rAppendiee la pltee w» 20
ménlc d*ètre vue avec attention. L'homme qui Ta fait m^a promis de revenir ici pour vous le faire voir^ ei à mon frère; il est siogulièrèment bien travaillé.
Du mererêdi S7, EkmpUrre. — Oq apprit le Si la mort de M. d*&8climont : il est mort d*apopIexie en sortant de chez M"' de la Trémoille, où il avoit soupé ; il avoit environ cin(jnante-sepl ans. C'étoii le troisièinc lils de feu Ai. de Bullion, prévôt de Paris, mort en [1721]. M. de Bul- Uon avoit laissé cinq enfants de M""* Rouillé : M. de Fer- ▼aqueSy M. deBoDnelles,qui est vivantet n'est point marié, M. d'Esclimont dont c'est ici Farticle, et deux filles, «dont M"* la princesse de Talmond est Valnée, et M"* d'iizès douairière. J'ai dû nianjuer à la mort de M. de Fervaqiies qu'il avoit un revenu coiisid* iai)le en terres, niais toutes substituées aux mÀles> et que n'ayant laissé que Irois filles de M""' de Bellefonds, toutes ces terres ont passé à M. de Bonnelles. M. de Fervaquee et M. de Bonnelles n'ayant pas jagé à propos de demander la charge de prév6t de Paris à la mort de leur père , M. d'Esclimont , qui vient de mourir, se présenta pour cette charge, et l'ulitini ; en obtenant cette grâce, il lui parut humiliant que le pn''\ot de Paris nVxerçàt presque plus les fonctions de cette charge, qui sont remplies par le lieutenant civil au ChÀtelet et par le lieutenant criminel. Avant que de poursuivre les justes prétentions qu'il croyoit avoir d'être rétabli dans ses fonctions^ il voulut se mettre en état de s'en acquitter dignement ; il ne s'étoit appliqué jusque-là qu'aux sciences d'usage dans le monde et au service militaire; il avoit servi à la tôte du régiment de Provence, et il est mort maréchal de camp de 1738. Il s'enferma donc pendant deux ans pour étudier les lois, et après avoir acquis les oonnoissances qu'il crut nécessaires , il demanda à faire les fonctions de sa charge ; mais l'usage trop ancien prévalut, et M. d'Esclimont perdit son procès. Il est demeuré prévôt de Paris. Il alloit (jnelquefois présider au Chàtelet, mais le lieutenaut civil prononcoit les sen-
m MÉMOIRES DU i>UC OK LUYJNËS.
tences. On sait que l'usage est que toutes les sentences sont au iiou) du prév^ôi de Paris; cet usage subsiste toujours.
Les opinions nouvelles. et ie ianatisme de M. Pàris avoientfait degcaQdealmpresBioDssur Tesprit de M. d'Ë»cUmont; il menoîl une espèce de vie de philDsophe, jçt demeoDoU la plus^tode pitftte de Tannée dans uiie terre assez considér(d)le près de VeratiUes nommée Viteville ; c'est un ancien et vilain cbàteau assez mal tenu; il y avoit fait accommoder un appartement simple, mais assez joli dans un pavillon séparé de la maison ; c'est ce qu'il ^ppeloit sa Chartreuse. 11 avoit un nombre d'amis avec lesquels il; vivoit et surtout avec M. de ^ouiUpn et M'"* de la Trémoille. 11. jonissoit d'un rêvera asm ceosîdiérable.
Oo apprit le 23 là mort de -M"* la duchesse de Rochechouart; elle étoit fille unique de feu H. de Beauvau, chevalier de l'Ordre et lieutenant général. Elle avoit épousé le lils aîné de feu M. le duc de Mortemart, lequel mourut de la petite vérole. ,U étoit pcemier gentilhomme de la chainjare. ^ie n'eaiavoit point eu d'enfants; ell^ passoit presque pouc line mère de rÉgUsSy s'étani livrée .aa par^ janç^nisjte.et.iMix nûti^k^ de M. Pària:; elle avoit habité longtemps dap^ çles terres qu^elle avoit ;en Tonraine, et avoit eu d'assez vives contestations avec le feu archevêque de Tours (Rasiignac); elle faisoit beaucoup de bonnes œuvres dans ses terres et s'occupoit fort des pauvres et des malades.
. Il y a huit ou diiç jofirâ qu'U parut un mémoire imprimé de li. de Bauffrey^oiit ; ce méinoûpe.est fort bien écrit ; peut-èti(!^ pourroit-oi^ lui reprocher qu'il est un peu. diffus. 11 est fait à Poocasion d'une t&èse soutenue en Sor-
bonne par le second lils de M™'' de Guémené. Les Rohan- Guémenc prétendent des distinctions en Sorbonne , qui sont d'avoir un fauteuil, des gants et d^ètre couverts; feu M. le cardinal de Rohan, alors abbé, avoit joui decesdis; jkinctionsi et ce fut même M. rarchevéque de Reims,(UmT
DIU2EMBRB 17in. 938 '
' vois) qui présida ù une de ses thèses. M. le cardinal de Soubise a eu les mêmes honneurs; on prétend que M. Tarchevèque de Reims d^aojoard'hui lésa eus aussi; M. de BanfEremont n'eu eonvient pas dans son mémoire. Oes boQueuis sont un effet de la faveur de feu de Soubise auprès de Louis XIV ; mais soit que M. de Bauffremonl ne les regarde pas comme sul'iis.unment authentiques pour pouvoir être accordés par la Sorlwnne , soit qu'il croie que cette distinction est accordée à la branclie de Rohan-Soubise seulement, et qu'elle ne doit pas s'étendie aux.Guémeiié ( il ne le dit pourtant pas dans son mémoire) , il prétend soutenir les intérêts de la noblesse en cette occasion. 11 représente les justes plaintes des grandes et illustres maisons, lesquelles ont iiardéun profond silence dans cette affaire. Eniin il veut intéresser le Parlement dans i exécution d'une grâce qu'il préten d n être pas revêtue des formes nécessaires. Ce qui est singulier^ o'estque M. de liauCfiremont passe sa vie chez M. rarcbevêque de Reims ; c'est une liaison qui s'est formée vraisemblablement à l'occasion des remèdes de Cigogne , cé prétendu médecin qui a fait des miracles, si l'on en croit M. de Bauffreinonl, qui a acheté de lui pour 10,000 écus d^une drogue nommée I huile de Vénus. Cigogne a traité longtemps M. rarcbevêque de Reims^ et lui a fait beauooup de bieui biep dont on ne peut juger cependant que par comparaison , l'état de ce prélat, tremblant et sans usage de ses jambes et presque de ses bras, étant des plus tristes.
L'abbé de Laltaignant , chanoine de Reims, connu par nngrand nombre de vers et de chansons, dont quelques-unes asses jolies, et fort attaché à son archevêque, a£iit des vers suir la requête de M. de Bauffremont.
Extrait d'une Itltrt de Fer^atiies, du 27 décembre 1 752.
Le Roi va aujourd'hui à Bellevue et revient demain au soir pour attendre des nouvelles du Parlement, vendredi.
Il n'y iiura pas de grand couvert ce jour-là ni samedi.
Du jeudi 28, Dampterre. — M""^ de Luynes me mande du 27 qu'elle a été avec M'"' de Cbaulnes pour les révéreDces d'arrivée de Bretagne, et que M*"' de Cbaulnes lui a conté avec beaucoup de rapidité et d'éloquence plusieurs détails de ce qui s'est passé aux États^ entre autres que les États tralnoient exprès les affaires én longueur pour avoir le temps d'apprendre ce qui se passeroît en Languedoc, et que lorsqu'ils l'eurent appris ils turent encore prt'S de trois semaines sans le croire; enfin en ayant été pei^uadés, ils voulurent nouçaer leurs commissaires.
La Cour, sur les représentations de M. de Cbaulnes, leur en avoit nommé douze^ afin que sur ce nombre ils en pussent choisir neuf, trois pour le clergé > trois pour la noblesse et trois pour le Tiers État. Ce choix des douze conjuiissaires n'a pas çlu aux États, et ils ont dit(ju'il n'y vu avoit pas un qui convint. Sur cela il a été décidé que le vingtième seroit levé comme les deux dernières années, c'est-à-dire par l'intendant. M*"* de Cbaulnes ajoute que les Étais ont été bien fâchés de n'avoir pas profité de la grftce que M. de Cbaulnes leur avoit obtenue, et que les gens raisonnables ont donné à sa douceur et à sa patience les louanges qu'elles méritoient.
M"" de Luynes nie mande aussi qu'elle a présenté ce môme jour :>7 un petit M. Efleniberg que nous avons vu à Paris chez M. de Grimbergben, il y a un au ou deux, et qfii est bâtard du feu empereur Charles Yll. il a le régiment de Royal-Bavière^
Elle me mande aussi que M. de Monteil, colonel du régiment de Nivernois, dont J'ai déjà parlé dans mes Mémoires, a été à la chasse avec le Roi et a soupé avec S. M., qui lui a parié avec beaucoup de bonté. Il a runii'orme de la vénerie.
M"*' de Luynes me mande encore que le Roi doit reve> nir aujourd'hui de Bellevue, et que l'on attend avec impatience des nouvelles de ce qui se passera demain au
Parlement. Le terme de : sous peine de désobéissance^ qni est dans la dernière réponse du Roi, rend les démarches
du Parlement plus intéressantes que jamais.
Extrait d'une lettre de Versaitles du 28.
Ce n'est que demain que le Roi revient après la chasse et que Ton saura ce qu*a fait le Parlement. Duvendredi^9, Dampîerre,
Extrait d'une lettre dudit jour.
Il est vrai que jo ne vous ai rien dit de la sœur Perpétue. Il est très-vrai qu^elle a été enlevée par ordre du Roi pour ^tre conduite à Port-Hoyal. M. de Mirepoix vient de me l'apprendre , et m'a ajouté qae cette communauté étoit al^lument supprimée.
A l'égard de MM. Klinglin, ils ont été transférés à Grenoble, parce que c^est là où ils doivent être jugés.
Extrait dune lettre du même jour.
Je n'ai reçu qu'à six heures du soir l'arrêté du Parlement d'aujourd'hui , et dans le môme moment les gens du Roi arrivoient. J'ai voulu attendre la réponse que le Roi leur feroit à la sortie du conseil, qui a duré jusqu'à neuf heures. On me mande que le Roi n'a dit autres choses à MM. les gens du Hoi sinon qu'il recevroit la députation de son parlement mercredi.
Je vous envoie l'imprimé de l'affaire du l'eu duc de la Force avec le Parlement. (Cet imprimé a été fait sans ordre ^ et par le seul désir de comparer une affaire criminelle avec une qoi n'existe pas.)
Du dimanche 31, Versailles. — Il y a eu aujourd'hui l'embarras ordinaire pour les (|uéteuses. La Heine avoit nommé M"' de la (iuiche, mais elle a représenté qu'elle étoit grosse. La Reine a nommé sur-le-champ M™" de Vaientinois (Ruffec) ; M"**' de Valentinois a prié avec la der^ nière instance M"* de Luynes de représenter à la Reine
T. xit. 15
SS6 MÉMOIRES DU DUC DË LUYNËS.
qu*elle n'avoit jamais quêté ni vu- quêter. Enfin IP* du
Cbàtelet ( Rocliechouart ; a été Dommée^ et elle quêtera demain.
On dit que Voltaire est brouillé avec le roi de Prusse an sujet de M. de Maupertuis, chef de TAcadémie des sciences à Berlin. Le roi Prasse a beaucoup de bonté et d'amitié pour H. de Maupertuis. Il a été malade ; nonseulement ce prince envoyoit tous les jours savoir de ses nouvelles, mais il a souvent été le voir lui-même. M. de Maupertuis a composé un ouvrage qui concerne les sciences; ce livre a été critiqué, et le roi de Prusse a réfuté cette critique, et soutenu le livre de M. de Maupertuis. Voltaire a écrit contre la réfutation du roi de Prusse^ et l'a fait imprimer dans les États da roi de Prusse. L'impri* meur a fait beaucoup de difficultés, et ne vouloit pas s'en charger; mais Voltaire lui a fait voir une permission signée du roi de Prusse pour faire imprimer toutes sortes d'ouvrages composés par Voltaire; c'est le sujet de sa disgrâce.
Le Hoi a signé aujourd'hui le contrat de mariage de M. le comte de Gacé avec M"*" de Clermont-d'Amboise. Entre autres parents, il y avoit mUord Âlbemarle et M. le prince de Pons.
Mardi prochain se fera la signature du oontrat de mariage de M. de Crussol avecM"^ d'Antin.