‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 37 sur 58 · souilles de matelas · texte numérisé non relu

souilles de matelas

2 dooiaines de grands cbaoffoin, I dpinnliie de petits dianffoire,

MARS im. sai

les élrang'ères, ainsi quelles 22 articles du projet des remontrances.

Du lundi 19, Versailles. — La brigade vacante dans les gardes du corps, par là mort de M. le marquis de Gramonif du 8^ a été donnée an comte de Brigaeville^ lieutenant-colonel du régiment d^Escars-Gavalerie. '

M. le duc d'Albret, fils de M. le prince de Tureune, né le 20 lévrier dernier, est mort à Paris le 7.

Le fils de M""^ de Laval a été baptisé à la chapelle par M. l'abbé de Kaigccourt| aum6nier du Aoi , en présence du curé de Notre-Dame^ suivant Fusage ordinaire; il a été tenu par If le Dauphin et Madame Adélaïde et a été nommé Louis -Marie- Adélaïde-Joseph. M*** de Laval^ qui est attachée à Mesdames, est Maupeou ; M. de Laval est/ils de feu M. le maréchal de Laval-Montmorency et de M'^*^ de Saint-Simon.

I>u mardi 20^ Versailles. — M. de Verneuil a présenté M. d*Ammon qui a pris congé et retourne en Prusse; il étoit venu ici pour des affaires de commerce; il parolt

qu'il ne s'est pas concilié avec mi lord Marshall; c'est peutêtre ce qui a déterminé son départ.

Le Hls du prince d'Aragon a été présenté ou habit uniforme pareil à celui des gardes du corps. G^est un jeune homme assesgros^ d*une taille médiocre; le père est grand maître de la maison du roi des Deux-Sictles. IL vie^t aussi en Fcance pour sa santé.

RELATION

de ee qui s*e9l passé à Vassemblie extraordinaire de la fa^

euUéde ihéologie tenue en Sorbonne le 15 mars 1753.

On trouvera ci-dessus ce que j'appris le 15 ( de Paris ) par rapport au Parlement et à la Sorbonne; on m'a raconté depuis quelques circonstances. Le Parlement vouloit (jue ses arrêts fussent enregistrés; c'est pour cela que tout fut arrangé pour que les députés arrivassent en Sor-

m JMÈMOIBES DU DTC 0B LUYNES.

bonne dans le moment que tous les docteurs étoient assemblés.

La faculté de théologie étant assemblée extraordinairement le 15 mars, au sqjet de la ôensure qa'dle veut fidre 'd^un ouvrage dangereux, on vint avertir le syndic qu'il venoit d'arriver deux conseillers du Parlement avec un substitut du procureur général qui demandoient à être reçus avec les honneurs accordés en pareils cas aux députés de la Cour.

Ces Messieurs étoient M. deMontholon, M. Tabbé d'Hérioourt et H. Boulonois substitut j ils étoient accompagnés d'un greffier.

Ayant été introduits et placés selon l'usage, M. de Monthdon ût part aux docteurs de l'arrôté du Parlement fait le matin même, toutes les chambres assemblées , par lequel lui et M. Tabbé d'Héricourt étoient nommés commissaires pour foire lire et enregistrer le même jour en l'assemblée de la Faculté les arrètsdes 25 octobre, 26 janvier et 27 février derniers, toutes les chambres demeurant assemblées jusqu'au retour desdits députés.

Le substitut du procureur générai requit ensuite que lecture fût faite des trois arrêts en question ; elle fut ordonnée par M. de Hontholon et faiite par le greffier du Parlement. Il est à remariquer qu'il ne lut que le vu et le dispositif de l'arrêt du 25 octobre , et que le fameux réquisitoire de cet arrêt ne fut point présenté à la Faculté. On lui lut au moins le réquisitoire de M. d'Ormesson qui * est à la tète de Tarrèt du 27 février^ où ce magisrai dit qu'il y a des expreastons peu exact»»/

Après cette lecture, M. Gervais , grand maître de Navarre et syndic, se leva et demanda la permission de lire les ordres qu'il avoit reçus du Roi adressés à la Faculté en date du 27 février dernier ; il lut effectivement la lettre de cachet datée de ce jour, par laquelle le Roi ordonne formellement à la Faculté de Surseoir jusqu'à nouvel ordre de -sa part à toute délibération au sujet de

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renregistrement des arrêts des 25 octobre et 26 janvier; il conclut que le seul, parti qui lui convenoit dans oette occasion étoit par conséquent de garder le silence. M. de Moniholon dit que l'arrêté du Parlement étoit

postérieur à Tordre du Roi ; qiie d^ailleurs le Parlement n'ordonnoit pas de délibérer mais d'enregistrer; et sur le réquisitoire du substitut il ordonna effectivement à la Faculté, de la part du Parlement, de représenter ses registres, faisant entondre aussi bien que Fabbé d'Héricourt qu'il étoit ici question d'une affaire sérieuse qui pouvoit avoir de fâcheuses suites, dont ils n'étoient pas. les maîtres.

Alors s'observa quelques moments un grand silence; puis tout d'un coup on entendit de tous côtés dire si haut que la Faculté ne pouvoit donner ni refuser ses registres Sans délibération, que lè syndicale jpul s'empécber, selon les statuts, de requérir que le doyen proposât de délibérer là- dessus.

M. Guéret, curé de Saint-Paul, étant ce jour-là le plus ancien docteur de l'assemblée, y faisoit les fonctions de doyen; il commençoit à parler pour mettre le point en délibération, lorsque M. de Moutbolon l'interrompit, disant qu'il n'étoit pâs question de délibérer, mais d'obéir; M*, l'abbé d'Héricourt disoit aussi la même chose. Ces Messieurs ajoutoient qu'étant commissaires du Parlement ils dévoient exécuter l'arrêté à la lettre , et que l'arrêté portoitde faire enregistrer sur-lé-champ, sans permettre aucune délibération préalable.

Les docteurs trouvoient que l'injonction faite à la Faculté de représenter ses re^stres sans délibération étoit impossible à exécuter, a La Faculté, disoient-ils de toutes parts, n'a personne en son corps qui puisse ordonner en son nom ; on n'y reconnoit d'autre rang que celui de Tancienneté du doctorat; le plus ancien d'une assemblée préside, mais il n'est que le premier parmises égaux; il ne peut que proposer à la réquisition du syndic et conclure à

ia pluralité des voix. Le syndic n'a pas plus d'autorité en Faculté que le procureur général en Parlement ; il peut requérir et c*est tout. Un corps ainsi constitué, disoient les docteurs , ne peut rien accorder ni refuser que par

délibération; sa voix n'est que le résullat du plus grand nombre des voix et de ceux qui le composent; si vous interdisez à ses membres de délibérer, vous 6tez toute action, toute parole» tout concours au corps entier. »

Quelques docteurs, pour rendre plus sensible par des • exemples un raisonnement si convaincant de lui-même, allèrent chercber à la bibliothèque de Sorbonneun tome du recueil des jutrements et conclusions de la Faculté, et y montrèrent à Messieurs que dans les dcputationsles plus solennelles et les plus importantes^ le Parlement n'avoit point exigé de concours de la Faculté sans délibération. A tout cela Messieurs opposèrent la lettre de leur commission et la nécessité de l'obéissance.

M. deMontholon voyant qu'il n'obticndroit rien ducûlé des docteurs, ordonna au greftier du Parleineiit de dresser son procès-verbal, dont ia lecture fut laite. Après quoi, pour avoir les registres, il ût venir le greffier delà Faculté et lui ordonna par Fanitorité du Parlement de les représenter. Le greffier^ qui est un homme sexagénaire, bon homme dans le fond mais foible, se trouva fort embarrassé; il dit qu'il n'avoit pas les registres, qu'ils étoient à la maison de la Faculté sous cinq clefs ditïérentes qui devoientéti'eenlreles mains de différents docteurs, dontil nomma quelques-uns qui étoient absents. Gela forma un incident qui occupa jusqu'à ce que MM. les conseillers ayant demandé & des docteurs s'ils n'avoient pas un registre qui servit î\ minuter chaque mois les conclusions, on leur dit qu'il y avoit des cahiers de cette sorte qui étoient enfermés et don lies conclusions, à mesure qu'elles étoient confirmées, se transçrivoient par le greffier sur des registres qui étoient à la maison de la Faculté. Le greffier de la Faculté fut obligé de représenter le cahier courant;

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