MARS
fussent enregistrés et qu'il ne retourneroit point à Versailles que Tenregistrement ne fût fait. L'usage est pour les enregistrements qne le recteur^ le Tice-recteur, les députés des quatre facultés, qui sont les doyens des facultés de théologie, de droit, de médecine et des arts, et les syndics des facultés et le greffier s'assemblent ; et c'est dans cette assemblée que se traitent d'abord les affaires qui doivent être portées à rassemblée générale.
Du dimancke 25^ VenailUs. — M** de Tana fit avanthier sa cour à la Reine ici chez de Luynes; elle n*a point été présentée; elle est sœur de M. le duc d'Havre; elle fut mariée il y a dix-neuf ans; son mari est gentilhomme de la chambre du roi de Sardaigne. Le roi de Sardaigne n^a que deux premiers gentilshommès de la ehambre ; tous leB autres, qui sont, je crois, au nombre de douze, tt^ottt quele titre de gentilshommes de la chambre; ils servent quatre ensemble pendant un mois. MM. de Tana sont de môme maison que M. de Tana, beau-frère de M. de Saint-Hérem. M"* de Tana n'étoit point venue en France depuis son mariage. M"* la duchesse d'Havré, sa mère, et M. d'Havré, son frère, ont désiré delà voir; elle est venue ici avec son mari passer environ un an. M. de Tana est un grand et gros homme, qui a environ quarante ans; ils ont eu plusieurs enfants; il leur en reste cinq, trois garçons et deux fdles. 11 y a une des filles de mariée qui a épousé un homme de môme nom et de même maison que M. de Solar, qui a été ici ambassadeur de Sardai* gne. M"* de Tana est plus grande que petite; elle a été fort bien , mais elle a eu la petite vérole ; cependant sa figure est encore assez agréable; elle parle volontiers, mais en fort bons termes et avec esprit et sagesse, i.a Heine, qui aime beaucoup les Carmélites, comme je l'ai déjA dit^ avoit désiré de voir M*"' de Tana pour lui parler d'une carmélite de Turin qui est morte en odeur de sainteté; M"^de Tana lui présenta un scapulaire qui a touché an corps de cette carmélite.
388 HÉMOIRES DU. DUC DE LUYN£S. *
J'appris hier que M. le duc de Biron achète la maison où est morte M" "' la duchesse du Maine {1 1 ; celle maison estdans la rue de Yarennes^ la première du côté deslDvalides; la ooor est très-grande, le jardin fort beau, la maison grandeei ornée; êlie appartient à M.deMoras, maître des requêtes. M"* la duchesse du Maine Fa voit achetée à vie; elle y avoit fait beaucoup de dépenses; on Tappeloitrhôtel du Maine, mais ce n'est pas le véritable hôtel du Maine, qui est dans la rue de Bourbon et qui appartient à M. le prince de Dombes. Par la mort de M"" la duchesse d*Estrées (Vaubrun), M. de Biron avoit hérité deFhôtel d*Ë8tréeSy rue de Grenelle, et d'une petite maison qui joint celle-là où est morte M"" de Tréville (Rannes). Quoique rhôtel d'Estrées soit une fort jolie maison, elle éloit trop petite pour M. de biron, niùmt' avec la petite maison; il avoit compté y faire une augmentation de bâtiments et 8*étoit arrangé pour y employer 200,000 francs; -il avoit déjà fait venir des pierres pour commencer le bâti* ment. Dans ces circontances on lui a proposé Thôtel du Maine de M. de Moras ; le marché vient d'être conclu; on ledit avantageux aux deux parties, au moins par rapport i\ la convenance. M. de Biron donne à M. de Moras I hùtel d'Ëstréeset la petite maison joignante, avec les pierres qu'il avoit fait venir et les 200,000 francs qu'il avoit destinés pourleb&timent; etilentreen possession sur-le champ de rhôtel du Maine. Cette maison étoit trop grande pour M. de Moras, à qui l'hôtel d'Estrées convient davantage.
M. de la Martinière perdit hier son procès en dernière instance contre M"" d'Armagnac et M'"'' d'isenghien. J'ai déjÀ dit que feu M. le prince Charles avoit fait M. de la Martinîère son légataire universel ; il Favoit chargé de payer ses dettes, de récompenser ses domestiques, suivant
(1) La B0uvelle.est fausse; il a été fort qoestfon da marehé, mais il D*k pas été bit; si jo ne PelTace pas, c'est parce ciu'il donn^ quel<|tics éclalrcisseinenls snr œa deui maisons. {Note du due de Luifntt.)