‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 40 sur 58 · MARS I · texte numérisé non relu

MARS I

un état siîrné de sa main qu'il lui avoit remis, de faire pdyer à M. de Brionne 135,000 livres qu'il se trouvoit avoir de bénéfice sur la vente du d uché de Coislin» et de remetire outre cela 50^000 livres à la personne qu'il lui avoit nommée^ mais dont le nom est ignoré. Ces deux dames, héritières naturelles de M. le prince Charles, ont prétendu qu'il étoit contre la loi que M. de la Martinière/ chirurgien de M. le prince Gtiarles, fût son légataire; elles ont soutenu que Tétat des domestiques étoit une pièce informe et rempliede ratures, et ont avancé (ou plutôileur avocat), dans plusieurs mémoires imprimés , des moyens de défense qui seroient peu honorables à M. de la Martinière s'ils étoient vrais. M. de la xMartiiiière s'est servi d'un avocat nommé La Monnoye, qui écrit parfaitement bien etavec ' esprit ; il a toujours répondu dans les termes les plus mesurés et les plus remplis de respect; mais il a fait voir la fausseté des allégations avancées contre sa personne, et les raisons qui pou voient justifier la marque de confiance qu'il avoit reçue de M. le prince Charles. Sans vouloir rien diminuer des obligations qu'il avoit à son ])ienfaiteur, il a reconnu qu'il avoit eu l'honneur de lui appartenir et d'être à ses gages, mais qu'étant devenu premier chirurgien de l'armée, ensuite de M'' le Dauphin et enfin du Roi, il n*avoit pu avoirdepuis longtemps d'autre maître que S. M. ; et qu'en effet M. le prince Charles dans ses voyages aux eaux et dans ses maladies avoit toujours eu d'autres chirurgiens, sans que lui, La Martinière, lui eût rendu d'autres services que ceux de le voir le plus souvent " qu'il lui avoit été possible par attachement et par reconnoissance; il a prouvé aussi par un détail exact des faits qu'il n'avoit d'autres intérêts en soutenant son legs universel que celui d'être fidèle à la mémoire de son bienfaiteur en faisant exécuter scrupuleusement ses dernières volontés, offrant de faire remettre en présence d'un magistrat nommé par le Parlement les 50,000 livres destinées à nue personne inconnue; il a prouvé en même

f(90 HÉMOIRES m DUC ]>£ LUTNES.

temps qu'il ne pouvoit lui revenir à lui aucun bénéfice de cette succession, d'autant plus qu'elle ne montoit qu'à eaviroD 800,000 livres, «n comptant des sommes dont le revenu étoii laissé par usufruit à plusieurs personnes , dont quelques-unes pouvoient vivre encore longtemps, et que le détail des dettes à acquitter présentement montoit à eaviron 700,000 livres. 11 a ajouté que quoique ce calcul démontrât qu'il y a voit à perdre pour lui dans ce moment, si on pouvoit lui prouver qu'il y §ùi du gain, il s'en désistoit entièrement, ne voulant avoir d'autre gloire et d'autre honneur que celui de fairo exécuter les intentions de M. le prince Charles. Ilavoit^mème prouvé, quant au droit, qu'il n'y a point de loi précise contre les chirurgiens pour les testaments, mais seulement un usage auquel on a fait des exceptions dans des cas moins favorables. Malgré tout cela il a perdu son procès ;et le legs a été déclaré nul.

On me manda hier de Paris que Ton ne parloit plus de remontrances, mais le fait est faux; le Parlement y travaille toujours, et l'on compte qu'elles seront finies la semaine prochaine. Ce qui attire actuellement l'attention du public, c'est l'Université. Malgré ce que j'ai rapporté ci-dessus du discours de M. le chaiicelier au recteur, il se présente des difficultés pour Tenregistrement des trois arrêts du Parlement; on a-voulu aplanir une des difficultés en proposant de ne point enregistrer seulement le dispositif de l'arrêt du 25 octohre dernier; mais il ne . paroU pas que cet expédient ait réussi. La faculté de théologie ne regarde point la thèse des Carmes de Lyon dans le même esprit qu'elle a été vue par le Parlement; elle trouve des expressions très-condamnables dans le dispositif du 25 octobre et répond en général qu'elle ne peut ni ne doit se mêler de décider sur ce qui regarde la doctrine de l'Église (I).

ri) Veyes d-apièi an 30. (/hêe 4m éue 4ê iMffMt,)

MARS IVttft. 891

. 11 y eut hier conseil de dépèches ; il y en a encore eu un ce matin , mais oa ne sait point ce qui a été décidé.

Les commissaires ecdésiastiqnesqui traTaillent^ comme je l'ai dit, à un projet de déiysération particulier et indépendant de celui des magistrats, ont fini leur ouvrages^ qui sera apparemment présenté ces jours-ci au Roi.

Du mardi 27, Versailles. — Avant- hier M. le cardinal de Soubise vint ici et remit au Roi le projet de déclaration fait par lesdeax cardinaux etles deux évèques commissaires. Celui auquel les quatre magistrats de la commission travaillent n'est pas encore fini. Ce projet de déclaration auroit dû être présenté par M. le cardinal delà Rochefoucauld comme président de cette coiniuission ; mais il n'a pas o^é paroUre ici depuis la petite vérole de M'"'' la duchessenle Biron, sa nièoe» qu*il « toujours vue . Il y a longtemps-que H. le cardinal d&Sopbise n'étoit venu ici ; il a été assez malade. « •

M. le comte de Charolois vint ici avant-hier. On croyoit que Ton déclareroit aussitôt le mariage de M. le prince de Coudé avec M''"* de Soubise, .mais il n'est pas encore déclaré, quoique, tous les arrangements soient faits depuis longtemps. U est certain que M*^* deSoubise étoit fort désirée dans la branche de Ouiêméné^ qui est aînée de celle de Soubise, et on a cru longtemps qu'elle pourroit être destinée à iM. de Kochefort, fils aîné deM'"*^ la princesse de Montauhan; mais M. de Soubise a toujours dit qu'il ne vouloit pas marier sa fille à douze ans, comme un enfant; il atkendoit qu'elle eût seize ans (et elle les aura le 7 ootelffç) et qu'il lui proposeioit Ira partis qui pourroient lui convenir afin qu'elle choisit. H"* de Soubise n'a point balancé dans le choix.

J'ai dit ci-dessus que l'Université a enregistré. On étoit incertain de ce que le Uoi ordonneroit par rapport à la Sorbonne; mais il meparoit décidé qu'on la laissera persister dans son refus d'enregistrer i car l'enregistrement qui aété&itpar Messieurs du Parlement sur le plumitif ne

39Î Mf:.MOIRI':S DU DUC DK LUYNRS.

peut être regardéque comme une démarche singulière et frès-hasardée^ maïs non pas comme un véritable enregistrement (1).

M. le baron de Wreden, dont j'ai parlé ci-dessus, a priis .congô aujourd'hui; il s'en retourne auprès de Félecteur palatin son maître.

M. de la Micbodière prit aussi congé hier; il va intendant en Auvergne à la place de M. de Moras qui est allé remplacer en Hainaat M. de Lucé, lequel a été nommé, comme je l*ai dit, k Pintendance de Strasbourg, vacante par la mort de M. de SérÎL'-ny.

Le Hoi, qui ne fait que des voyages fort courts et fort rares pendant le carôme, ne sortit point de Versailles la semaine dernière; il devoit aller aujourd'hui à Choisy pour jusqu'à jeudi ; une fièvre assez considérable qu'a eue Madame Victoire avec des redoublements a foit remettre ce voyage à jeudi prochain.

Le Roi parolt fort occupé des logements de Marly ; on vient de bâtir sur les communs, du côté de la petite chapelle^ ce qui donne dix-sept ou dix-huit logements d'augmentation. Le voyage de Marly et le départ de Madame Infante paroissent jusqu'à présent devoir être pour le commencement du mois de mai.

Du mercredi 28, Vermilles. — J'apprends dans le moment que les chambres assemblées ont arrêté qu'il seroit fait une information contre le curé du diocèse de Tours qui avoit repris ses fonctions en conséquence de Tarrèt du conseil.

M. de Broust, conseiller d'État, marie sa deuxième fille au fils de M. de Boulogne, auquel le Roi, en considération

du mariage, a bien voulu donner la survivance de la place d'intendant des finances. J'ai marqué dans le temps que l'autre fille de M. de Broust a épousé M. de Mesmes.

(t) Voyez ci-après au 30. (Note du duc de Luynes.)

MARS 17tt3. 393

M. du Coudray, beau-frère de M. le garde des sceaux, épouse M"" de Saint-Crislau (1). M. de Saint-Cristau est de Dax ; il avoit une fille qui avoit épousé M d u Coudray en premières noces et qui est morte sans enfants ; comme il a beaucoup d'amitié pour M. du Coudray^ il lui fait épouser en deuxièmes noces une de ses nièces. *

J'ai appris aujourd'hui que le Roi a cassé Tenregistrement que le Parlement a fait faire en Sorbonne de ses trois arrêts et ordonné que le réquisitoire du 25 octobre sera supprimé.

Nous avons deux nouveaux ministres dans les cours étrangères. Le président Ogier va en Danemark à la place de Tabbé Lemaire qui demande à se retirer; M. de

Neuilly, frère de M. de la Marche, premier président du parlement de Bourgogne, va remplacer à Gènes iM. le chevalier Chauvelin qui est allé à Turin comme je Tai dit.

M. de Tessé, fils alpé de M"* de Tessé et premier écuyer de la Reine, a commencé aujourd'hui le service de sa

charge ; il y a déjà quelque temps quMl a prêté serment; cela est écrit ; mais M. le duc de Béthune son grand-père exerçoit toujours. M. de Béthune, qui est fort iucotnmodé depuis longtemps et qui n'étoit point venu ici, y est venu depuis trois ou quatre jours, comptant servir son quartier, qui commence au 1*' avril ; la foiblesse où il est le mettant hors d'état de donner la main à la Reine, il lui a demandé permission que son petit-fils exerçât.

I>u jeudi 29, Versailles. — Sur le récit fait hier 28 à la Cour par M. de Saint Hilaire, les gens du Hoi mandés, il leur a été dit que les Dominicains de la ville d'Amiens qui avoient enregistré les arrêts de la Cour, avoientreça une lettre de Févèque d'Amiens contenant des reproches au sujet dudit enregistrement et des menaces d'empêcher

(t) Il y a eimr, c'est U*^ d*AbMie, nièee de M. de Saf Dt-Cri«tati .

les jeunes gens de la ville d'Amiens de prendre des leçons dans leurs écoles et de pousser uièmeles choses plus loin poui- l enregistreuient qu'ils avoient fait de Tarrèt schismatique de la Cour (1).

(1) LlflBI Dl a. L'ÉVtQPB.^AIfllItt* 4 U PlOCOBBOt QÉSéMkLm PAIlUDIBIIT BB PAim,

Ao tojel «hme lettre éctile pir « prélalans PP. DomlBioiiiis ^kaka», nr laqMlto 11 Mènent tordomié'aiilMtier.

Toutes les fois, Monsiear, que le Parieneat ▼oodra être iostrait de ce que j*ai relt 00 écrit, on poom en e^^rpmnt à Moi e'épergper la -peine d'une In- CormalioB en r^le. La candeor (Mt je faia prafesiion ne me permettra jamais les moindres dissimulations ^dussé-je m'attirer les plus grandes peines.

Il est vrai que jé fiiB indigné ronlre les PP. Jacobins d'Amieni quand j'appris qiriU avoient enregistré sans la moindre restriction , avt^c les deux arrêta , le réquisitoire du S*^ Pierron ; je les en ai blâmés par une lettre que M. votre substitut m*a dit ysus avoir envoyée et que je ratiûe dans celle-ci.

Je ne vels pas ce qnV» peut tronver de réprélieneible, ni dans mon indignation, ni dans mes menaces; a n*y en eut Jamais de pins Josles de la.part d*un évAque catholique. Le terme d'église indépendante dont ledit S' Pierron s'est servi en parlant de celle de France, annoncé le schisme sans équivoque, puisque être schismatique n'est autre chose que de ne vouloir pas dépendre des pasteurs légitimes en ce qui regarde la religion. Or notre saint-père le Pape est véritablement pasteur de toutes les églises chrétiennes et il a sur elles, aussi bien que aur diacun des membres qui les compoeent^ upe aulerilé queidotie-Seignenr Jésos-Chrisl lui a donnée et dont la croyance appartient à * la foi. Il ne faut pour Aire instruit de oetta vérité, qoelife lea caléchisaies et les rituels dont on se sert dans le royaume. Je ne citerai que le catéchisme de Monli»cllier parcfc qu'il est le plus connu et qu'il a été composé par l'ordre d'un prélat qui assurément n'auroit pas accordé au saint-siége ce qu'il auroit cru pouvoir lui refuser.

Après avoir parlé des divers symboles que l'Eglise récite comme autau^ d*a* br^és de la foi , on Iroure dans ledit catécblsme la'dequnde suivante :

L'Églim n'aFt-elle pas de professiou dè foi plus élendibe 7

Voici la réponse : Les différentes hérésies ont fait que pour PexpHeatlon plus

ample du symbole des apôtres, l'Église a ajouté quelques paroles £nûo

le saint-siége a dressé une profession de foi sur les décrets du concile de Trente, dans laq>ielle , après le symbole de >'i< éeet de Constantinoplè, sont

énoncés tous les articles qui ont été combattus par les protestants et on

n'est point catholique si onne croit véiilables toutes lee choses contenue^ dans cette profession de foi.

A la suite dee premien articles qui eomposent cette profession se trouve cdui-d : Je reconnols te sainte É^ise romaine, eathoUque et apoeloliqne pour

MABS 17415.

Copie de la letti e écriUt aux PP* Jacobins,

Il y a plurieun jottis, Mon Révérend Père, que j'euteuds dire que TOUS avez eniegistié le^ méli.du PMlepMiit^ le léf oisitoiie. Je n*ai rien voulu din wsené^ eplUirwatevliBec^ après laoon*

la mère et If naKieMe de toileg lei £g|iteB, et je Jure et pramett nae véritaUe oMiasanoe au pontifé romeln, ticairede Jésis-Cbiist, eoceeaeeor de aalal Pierre, prioce deeapètiei.

Telle est, Monsieur, la prefessioa de foi que généralement tous \es rituels demandent de ceux qui entrent pour la première fois dans l'Kglisc catholique et de ceux qui en eiant sortis par l'apostasie y veulent rentrer. Les évèques eux>mêraeâ ne sont pas dispensés de professer celle obéimnce comme apparteaaot à h Coi, eun à qui les peuples de leurs diocèses doiveat être soumis pour le spiritwl. Qa'efe lisell. JleBiaÉt9tijfestiaflpeet>kpei8eoBe. •creit« dit ce prélat, atec eettetprofasiiMi de (ot qoe aeax i|Hi eent daaal*Égliee «ont élevés sus dignités ecclésiastiques, méOM à i'épiseopit. ■

Comment pourroit-oo jurer d'être sounûs au souyevein penlifé et devenir tout à la fois membre d'une Église indépendante?

Onciierclie, Monsieur, à rendre l'autorité du Pape odieuse, comme si elle donnoit atteinte à nos libertés j c'est ce que remarquèrent Icsévéques de Frauce assemblée en m% par IMre de Lonie XIV , de gleiiensè-niteoire. On voit dans lepréiadodeBiiaatrefaniénkartieleteeit paroles remafi|iialiie» : «Dteirce sous prétexte de défendre nos libertés ne craignent pas de d<niner atteinle à la primauté de saint Pierre et des pontifes romains ses successeurs institués par Jésus •Christ, et à l'obéissance que tous les chrétiens leur doivent, et de diminuer la inaje.'ité du saint siège apostolique, respectable à toutes les Dations où la vraie foi est enseignée et oùi'uniléile l'Église se conserve. »

On va pins loin puisqu'on, vendrait la rendre, celte antoriié, susiieele aaa bons Françol», comme al elle éinranloit raulerité royale ; amis celui qid doit être tout à la fois sojet fidèle et véritablement catholique ne 8*y laisse pas tromper; il tient fermement que nulle autorité ne peut dispenser un sujet d*étre soumis à son souverain, et croit en môme temps, comme de foi, que pour ce qui concerne le spirituel il doit obéissance au Pape, sachant bien que leurs pouvoirs n'ont pas le même objet. - > , . ,

Il ne s'agit pas non plus.de savoir si le Pape est infailKbleea non dans sce déeisiona aolenneilw, tà û le.eaaeile iénéral Inieet supérieur. Lee nmimes dn royaume anbsislent à cet égard, sans que pour cela en eeit dispensé d'être soumis au Pape.

Est-il donc nécessaire qu'une autorité soit infaillible et qu'il n'y en ait point au-dessus pour qu'elle ait droit d'exiger l'obéissance ? Ne suffit-il pas que l'autorité soit légitime, qu'elle commande des choses qui sont de son ressort, et qu'elle ne sorte pas des bornes que Dieu lui a prescrites, pour qu'où soit tenu en conscience de s'y soumettre. On sera tant à la fois bon François et bon cathoHqne en obéisnnt au Roi et à* ceux à qui il donne son autorité dans ce ui eoneeme le temporel, et quant an spiritae^ an paatM» légltfaMi, rar*

SM

versalion que j'eus avant hier, je n'en puis plus douter, et je vous proteste que j*cu ai le plus sensible chagrin, car le réquisitoire est véritablement sehismatîîiiie. J'étois dans la ville, il me semble qu'il étoit naturel que vous ne fissiez rien sans m*en dire un mot. Je ne puis vous dissimuler que si cela n*est réparé, je ne pourrai souffrir

loot à notre taint-père le Pape, qni est non-ceolement leur chef visible, malt encore leur aopérienr de droit divio.

De tout cela il sVnf^iiil, Monsieur, que nous devons regarder ces mois d^indépendanl et île sciiismatique comme synonymes on fait de roli^iion ; cl Ton ne doit nullement se contenter de la rorrection de M. d'Ormcsson, avocat général, la(jnelle se borne a traiter de peu crade l'expression diidit S"^ l'it r ron, et qui voulant comme fixer ce que l'un doit au souverain pontife, ne parle que de « respect et d^hommage ». Car premièrement, le mot hommage eal trop vague sll n*est,eipliqoé , signifiant à l*<gard du aaint-alége Irop ou trop peu pour na François catliolique; et quant au respect, on le doit i un grand nombre de personnes sans la moindre dépendance. II ne surfit pas non pins de ret;arder le saint-siépe comme le centre de l'unité, si l'on ne donro en iiii^ine temps à entendre que l'union des chrétiens avec l'Église de lîoine u'e&t pas simplement fraternelle, mais véritablement « iiliale m, et par consé* quent accompagnée d'une sincère obâssanoe.

En un mot. Monsieur, qu^on se tourne eomme on voudra, dès lors que, s'agissant des prérogatives du successeur de sidnt Pierre, je ne verrai pas ce que porte la profession de îf reçue de toute l'Église comme un svmbole, je ne serai pas content, parce que nul catholique ne doit l'être; et c'est là autant au moins que dans la thèse des Carmes, que l'on doit se plaindre de la réticence.

Voilà, Monsieur, ce qui m'oblige d'avoir l'honneur <le vous écrire. L'éclat <|iie le Parlement vient de faire, oeux qui ont voulu me nuire, soit en falsifiant ma lettre aux PP. Jacol^ns, soit en la rendant publique, so't en la déférant au Parlement, m*ont fait sans le voutoir un vrai plaisir, par Poceasioa qu'ils m*ont fournie d'instruire les peuples que Dieu m'a confiés, d'une vérité que les conjonctures doivent nous rendre d'autant plus précieuse que les antirix)!--lilulionnaires disposent le simf)le à la méconnoltre et peut-être à la nier ouvertement. Cependant elle est si essentielle cette vérité, qu'on ne peut l'attaquer «ans ébranler les fondements méom de PÊg^iie. Selon cette parole si expresse de Jésus-Christ : « Tu es Pierre, et c*e8t sur cette pierre que je hft* tirai monlÊgHse. »

Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien rendre publics mes sentimentsteh» que vous venez de les lire, et d'assurer le Parlement que j« suis prêt, comme un autre T-liomas Morus, de donner mon sani; en t<'tiu)i^na^e.

J'ai riionnetir d'être, avec respect, Monsieur, votre très-humble et trèsobéissanl serviteur,

IiOois-Fn.-GA|t.,év. d'APÙeos.

4 Amiens, ce s avril IT38.

MARS i7aiS.

que mes ecclésiastiques étudient chez vous, et uième j'irai plus loin, rîe m*aUendez pas ce soir pour la bénédiction, je suis trop atlligé de cette nouvelle. Je suis cependant, iVIon Révérend Père , votre trèshumble serviteur,

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