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Pension donnée à M""' f^o F.èilf. — P'iançailles et mariage tin prince de Condé. -— Réponse du Roi à la dépulalion du Parlement. — Le Roi visite la princesse de Condé. Ancien usage qui ne se pratique presque plus. — >
MfiiMOIRFlS DU DUC DE LUYJNI'IS.
Nouvnox canons. — Dent partfâ dan» Partillerie. — Le Parlement arrAte qu'il ^e^sera ses fonctions. — Lettres de jii'^'iiuii envoyée'^ au Parlement.
— Vol il riiôleldf Limoges. — E\il ( Ii:iinl»re8 des Knr|nôles eldes Rc- (jii(^tes. — Mort de l'avocat GiK^aii di' Ilt s crseaux. — Lo*i (Vnl-Sni>se>. — Exil de \» (grande chambre à l*ontoise. — Protestation de^ princes du sang coi^tre les qualité;) prises par le prince de Soubise. — Copie d'une lettre deca^ chetadrewée à Messieurs de la grande chambre. ~ MariagpdeM. de Gisors. Grâces du Roi. — Protestation des prinres do sang. — Mort de l*arclievéque de Sens. — La mère du premier pr(''sident. — Refus de sacrements à un prêtre.
— Statue de Louis XV par Boucliardon. — Arrêté de la {grande chambre.
— Libel-e contre le clerj^tL — Atlaire (hi maréchal de Ht'lle-lsle et de ses \assaux du ouité de Gisors. — La quadrature «lu cercle. — Les j;ens du Roi à Marly. — Mémoire d'un curé contre le Parlement — Mariage de M. de Gisors. Féte, cadeaux et dépenses. — Projet pour faire une place IHiblique à Paris. — Anecdote sur I enil de MM. de Belle- Isle. — Le duclié de Nevers. — Baptême d*une clodie; frais. ^Fréron.
Dumereredi% Ver$<Ulle$* — J'ai déjà parlé en plasieiirs occAsions de M** de Lède , dame d*hoDneiir de Madame
Infante; il y a déjà quel<jue temps qu^elle projette de se retirer à cause de sa mauvaise santé. Madame Infante a demandé au Roi de vouloir bien lui donner une pension, et S. M. vient de lui en accorder une de 10,000 livres. On pourroît croire que c'est à condition de rester avec Madame Infante, mais il n'est parlé d'aucune condition , et iM'"*^ de Lède continue à dire que sa santé est bien mauvaise.
J'ai marqué ce qui avoit été décidé au conseil au sujet du projet de M. le prince de Condé d'une substitution graduelle et perpétuelle sans avis de parents. Le Roi a levé les difficultés qu'il y avoit k cet arrangement. Il a accordé des lettres patentes qui autorisent M. le prince de Condé à fiiire cette substitution gradueHe et perpétuelle, ce qui ne peut se faire sans l'autorité du Koi ; mais elle sera nulle si elle n^est ratifiée en majorité, et par conséquent elles sont aussi de nulle valeur si M. le prince de Condé mouroit mineur sans enfants. Le Roi n'a pas voulu faire une nouvelle loi. Il déroge à ses ordonnances en permettant la substitution graduelle et perpétuelle, mais
d'ailleurs Ic^ loi pouç les minei^rs subsiste, et ceci n'aura
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d'existence réelleque par la migorité de M. le prince de Gondé.
i*ai parlé au 17 avril de la réponse da Roi à Messieurs
du parquet, le 15, sur leui*s représentations quMi étoit nécessaire quelesarticles des remontrances ne fussent [)(>int séparées des remontrances et qu'ils fussent présentés à S. M. par une grande députation du Parlement. C2ette réponse du Roi fut qu'il ne vouloit point les recevoir par une députation, mais qu'ils lui fussent remis par euxmêmes. Ils les apportèrent le 15; le Roi leur dit quMl feroit savoir ses intentions à sou Parlement. Malgré cette seconde réponse et sans attendre les ordres du Roi, ils revinrent dès le 16 demander au Roi le jour pour recevoir les remontrances. S. M. leur dit de venir recevoir ses ordres le 2 mai.
JTai appris aujourd'hui que la revue du Roi de sa maison étoit indiquée pour 1755. CV'Sl toujours rannée de l'habillement de la maison que le Roi la passe en revue. Les gardes du corps demandoient 1 habillement pour 1754 ; il étoit prêt d'être commandé; M. d'Argenson rendit compte au Roi de cette affaire; S. M. lui fit plusieurs observations sur les dépenses qui se trou voient nécessai* rement dépendre do celle de rhabillement , comme tabliers de timbales fournis par le grand écuyer, étendards, etc., aux gendarmes, cbevau-légers, mousquetaires, etc. M. d'Argenson en conséquence a fiait demander au major (1) de chacun de ces corps des états dont il a fait le rapport au Roi. Ces états se sont trouvés monter à une somme considérable. Le Roi s'est ensuite informé de ce que chaque garde du corps servoil de temps; ou lui a dit qu'ils neservoient que tous les quinze mois , ce qui ne fait qu'un an de service en cinq ans; en conséquence le Roi a décidé que l'habillement des gardes du corps pou-
(I) Ih no porfcnl fnio le nom (Viù^o major, le major des |:;\nlcs du corps étaiitle seul qui ait ce liUedans la utaison-Cavalenc.(A'o^edu <lucde Luynes.)
voit être diilEéré d'un an ; ainn rbabill^inent et la revue ne seront que pour 1755.
Le Roi a ordonné de quitter tousdeuilé, même ceux de
. respect, aujourd'hui et demain , à cause des fiançailles et du niai'iage de M. le prince de Condé.
Les fiançailles de M. le prince de Condé se sont faites cette après^dinéedans l'Œil-de-Bœuf. L'heure étoit pour sept heures, et le Aoi est entré dans rOËii-de-Bœuf à . riïeure précisa. 11 y avèU; une glande table vis-à-vis la dieminée, su^vailt Tusage, à droite de laquelle le Roi étoit du côté de la galerie , et après lui étoit M*^"^ le Dauphin et tous les princes, y compris M. de Penlhièvre. M. le prince de Dombes ni M. le comte d'£u n'y étoient pas*, apparemment à cause qu'ilsr-sont en- gtand deuil. La Reine étoit à gauche du c6té de la cour ; ensuite If la Dauphine, Madame Infante^ Madamé Âd^alde (Mesdames les trois cadettes sont malades), M*"^ la duchesse d'Orléans, etc. *
On a commencé la lecture du contrat^ c'est-à-dire des qualités. Cette lecture a été laite par M. le comte de Saint- Florentin, contre la table, entre le Roi et la Reine, et n'a duré qu'un moAnent; . ensuite la signature suivant Tordre ci-après : le Roi, la Reine, M'' le Dauphin, M** la Dauphine, Madame Infante, Madame Adélaïde, M. le duc d'Orléans, M'"*^ la duchesse d'Orléans, M. le prince de Condé, M. le comte de Charolois, M. le comte de Clermont, M*^ la princesse de Gonty, M. le prince de Gonty, M. le <^mte de la Marche, II"* de Hodène, M^ deCharôlois (1), M^^ de Sens^ M. leduc de Penthièvre, M^ de Sou-
(1) C'est nnl h propos que celte princesse est mise dans le rang de celles qui ont signé; elle eloit descendue chez Madame Inlaiite avant ie moment de la signature pour y voir le Roi (*), et Madenjoiselie (**}, qui a une mauvaise
(•) 1^ Roi n'alla point chez Mndame Infante. (iVofe du duc de l.uynes.)
{••) M»« deCharolals a étc .ipP' lLe d'abord Af»e ae gens, puls.Ui>«do Ckarolais. Eïic a porté le titre de Mademoiielle depuis nw Jusqu'en Juillet 1745. Ce Utr« pim alors A A'.... de Chartrês. Après In mort de cette priiwcMe. de CtiarolaU reprit eu iW te Utn 49 AT*» (lemnisiiif, cl le conMTV» Juaqo'eii flUf qu'il |MfM t Li>aise-Marie-Hi«rèie*llathiMe d'Orléans , née en iiM.
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bise (qui a lût la révéïeaoe à son père avant qae de sortir de sa place pour aller signer.- Elle ne fit point
d'autres révérences à M. de Soubise avant de dire oui, elle fit seuleuieatla révérence au Hoi et à la Reine )^ et M. de Soubise.
Après ces signatures, M. le cardinal de Soubise a fait la cérémonie des fiançailles» après laupielle le Roi est rentré cbes lui.
Du samedi 5, Versailles. — J^ai parlé ci-dessus des fiançailles de M. le prince de Condé ; j'ai marqué que la robe de M"^'de Soubise fut portée dans l'Œil-de-Bœuf par M"' de Tournonsasœuryquin'aquç neuf ans ; on Ta toujours appelée M"^ de Toumon, mais el}e a prie le nom de Soubise àroeeanon.da miuna^e de sa sœulr* £lle a éité présentée sons le nom de Soubise , et il n'est point question de Tournon dans le contrat de mariage. Le mariage fut fuit avant-hier -X la chapelle à une heure après midi ; ce fut M. le cardinal de Soubise qui fit la cérémonie , assisté de M. Jomard, curé de Notre-Dame^ en étole suivant Tusage. Dem anmèniers du .Boi tinrent seuls le poêle ; M. le cardinal de Soubise dit la messe. la Daupbine^ qui s'étoit trouvée la veille aux fiançailles en grand habit, en prenant la précaution d'aller s'asseoir pendant le temps des signatures, ne descendit point avant-hier à la chapelle; elle entendit la messe de dedans la petite niche à gauche, dans la grande tribune. Madame Louise étoit aussi dans Faiftre nic|ie.yis-à-vi& JKfesdames Viotoire et Sophie sont toiijoqrs incommodées* M. le prince de Dombes et M. le comte d^Eu n^ontété ni aux fiançailles ni au mariage, apparemment parce qu'ils sont en grand deuil ; il n'y avoit de légiti^lé que M. le dup de PepthièYre. 11 est réglé , ' comme je Tai ditailleurs^ qu'aux^ mariages, les légitimés sont en seconde ligne. Cette seoondA ligne doit'natorelle-
ganté depuis longtemps, se trouva ai mal qu'elle ne put être à la aignatiire. {Mole du fitfc de Luynes. )
482 MÉMOIRES DU DUC DE LUYX^ËS.
ment commencer comme la première. II. le duc d'Orléans qui commence la première ligne des princes du sang est
le plus près du Hoi et le plus éloigné de l'autel, et M. le couite de la Marche est le plus près de l'autel; par conséquent M. le duc de Penthièvre auroit dû commencer la seconde ligne an bout d'en haut, c'est-à-dire le plus éloigné de Faniel et le plus près dn Roi ; au lieu de cela il Ta commencéeau bancd'en bas, le plus près de Tautelet le plus éloigné du Roi . M. le prince de Condé étoit vêtu en petit manteau, comme rhaljillcnimt des chevaliers de l'Ordre le jour de leur réception ; l'étoftV du manteau étoit or et noir, c'est l'étiquette. L'habit de M*"' deSoubise étoit d'une étoffe aussi or et noir; il n'yavoitquecesdeux étoffes dans Paris et M. le prince de Condé avoit cédé la plus belle à M"* de Sonbise. M-, le prince de Condé alla prendre M^*^ de Soul)iseà rappartement de M. le prince de Soubise, et en lui donnant la uiain alla avec elle chez la Reine, de là chez le Uoi, devant lequel ils marchèrent l'un et l'autre, passant par la porte de glace pour aller à Téglise; ils entrèrent par la porte ordinaire de la chapelle et allèrent se placer & droite et A gauche, sur des carreaux^ sur la première marche du sanctuaire.
On avoit fait une observation qui peut avoir quelque apparence de fondement, mais qui n'en a réellement aucun. Âu mariage de M. le duc de Penthièvre^ 11*°^ de Penthièvre, alors princesse de Hodène, entra dans l'OEil-de- Bœuf pour les fiançailles par la chambre du Roi et par les derrières de l'appartement, et à la chapelle elle entra par la sacristie. On croyoit que M"'' de Soubise devoit suivre cet exemple; mais la princesse de Modène n'avoit 'point été présentée et M"'' de Soubise Tavoit été avant son mariage. Le prie-Dieu dn Roi à la chapelle étoit fort reculé du c6té de la porte, à peu près dans la même place (ju'auxcérémoines de l'Ordre, ce qui donnoit beaucoup d'espace pour les dauies. En arrière du prie-Dieu ctoient di.\ hommes titrés, ducs et grands d'Espagne, dont la liste
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a été présentée au Roi par M. de Richelieu^ premier gentilhomme de la chambre du Roi en année. Ils avoient
chacun un carreau qu'ils avoient fait porter par un valet de chambre; on trouvera leurs noms ci à côté (1).
Après la messe, le Roi retourna chez lui. M. le prince de Gondé avoit alors repris son rang. Tout le monde rentra dans le cabinet du Roi, d'où la Reine rentra chez elle par lagaleriCy suiviede H*, le prince et de M"^ la princesse de Gondé. ns descendirent ensuite chez eux où ils donnèrent un grand dîner à tous les princes et princesses et à tonte la iainille de Holian-Soubise et de Bouillon. Le jour des fiançailles^ M. le cardinal de Soubis^ avoit donné un grand souper à M. le prince de Gondé.
Il n'y eut rien Paprès-dlnée jusqu'à six heures; c'étoit rheure donnée pour le g rand appartement. Voici quel en étoit l'arrangement. DVbord on avoit mis la table de lansquenet dans la pièce du trône ; dans celle d'après, j^rand nombre de tables de jeux; dans la suivante^ la table <le cavagnole pourlaReine^ et dans celle d'après, une seconde table de cavagnole qui ne servit ni devant ni après le souper. Cet arrangement subsista pour la table de lans* quenet avant le souper, mais elle fut placée après le souper dans la pièce aux deux tribunes (avant le souper, la table du cavagnole de la Reine fut mise dans la [)i'eniièfe pièce après celle du trône, et après souper dans celle même du trône). Les joueurs du lansquenet étoient à peu près les mêmes que j'ai marqués en parlant des derniers appartements, excepté M"* la Dauphine, qui ne parut point dans Vappartement, ni au souper ( elle ne fut qu'au coucher de la mariée), Mesdames les trois cadettes et M. le duc d'Orléans qui nej'oue plus. Le souper fut dans l'antichambre de la Keine à une table en fer à cheval, placée au milieu
(1) MM, de Crussol , de Monlraorency , d'Aiguillon, de Biron, de ISiver- Boii, d'Rslissac , de Ueauvau, de Belle-lsle, de Cbauiue^ et de Clievieuse. {Note du duc de Luynes.)
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de cette antichambre. Il y avoit à cette table : le Koi^ la Reine» àla droite duRoiBF le Dauphin, Madame Adélaïde, M-* la princesse de Gondé, M"» de Modèneet M"« de Sens; à gauche de la Reine, Madame Infante, H"' la duchesse
crOrlé.ins, M™'' la princesse de Gonty et M"'' de Gharolois. M. de Brézé prétend qu'un pareil souper n'est ni festin, ni à plus forte raison banquet royal, mais seulement grand couvert avec la iàmille royale; j^aurois cru que . ç'auroitété festin royal, mais il doit en être plus insti^nit que moi. Le souper dura Jusqu'à onze heuresou environ. Le Roi rentra chez la Reine à la conversation, et delà chez lui, où il resta fort peu de temps; il descendit ensuite chez M. le prince de Condé, et la Heine descendit en même temps chez la mariée. Le Roi avoit bien voulu permettre à M. d'Anlesy, gouverneur àfi M. le ppnce de Coudé, de lui présenter la chemise que le Roi donna au marié. H. d'Anlezy qui avoit la fièvre s'étoit couché ; il se releva pour cette cérémonie. Par la même raison, la dame d'honneur, quiestM^MeRoussillon-Chatte, dev oit présenter la chemise à la Reine, mais elleétoit malade, et la chemise fut présentée par M"'"" de Reuty, Tune des dames de M"** la princesse de Condé (l'autre est M""' de Jarzé).
Hier, le Roi, avant que d'aller à la chasse du vol, reçut la députation du Parlement qu^il avoit demandée (1); elle n'étoit composée que de M. le premier président et de MiM. les présidents Mole et de llosambo. Le Roi leur dit : <( J'ai examiné avec attention dans mon conseil Tarrèté du 26 janvier dernier qui fixe les objets de vos jcemontrances, et j*ai reconnu que dans les différents objets que vous vous proposez d'y traiter, il y en a plusieurs au sujet desquels je me suis déjà expliqué, d'autres sur lesquels
(I) r.t s (zens du Roi ne se rendirent à Versailles que le 3 de mai, et le Roi leur vouloit que le lendemain il vint une députatiou de sun Parle-
meut, luaiii coiui>0!iée iieulenient de M. le premier président et de deux prcsi« dents à mortier. (Noie du due de Lupiet.)