‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 43 sur 58 · MAI 1768. 4U · texte numérisé non relu

MAI 1768. 4U

je vous ai donné mes ordres, d'autres enlin dont la discussioiA lie pourroit qu'apporter de nouveaux obstacles aux vues que j'ai toujours eues pour le rétablissement de la paix et de la tranquillité. Ces motifeine détorminèat à ne point recevoir vos remontrances et à vous ordonner d'enreg istrer sans différer mes lettres patentes du 22 février dernier. )) M. le premier président ayant fait le rapport de celte réponse le 5^ les cbambres en conséquence firent Tarrèté qui est rapporté p. 437 .

Du dmmiehê 6, VenailUs. — Avant -hier le Roi alla à deux heures voir M"* la princesse de Gondé^ qui étoit sur son Ut en grand habit. C'est un ancien usage qui se pratiquoit chez tous les particuliers, mais qui ne se ]>ratique presque plus parce que la mode est aujourd'hui de retrancher tout cérémonial, même le plus honorable^ en iaveur de la commodité. Tous les pnnces et princesses se trouvèrent, chez M'"* la princesse de Gondé pour recevoir le Bol et la Reine, qui y alla immédiatement après le Roi. La visite ne fut pas longue; elle fut suivie de celle de M^*^ le Dauphin, de Madame Infante et de Madame Adélaïde. Tout étoit iini à trois heures, et après cela M"' la princesse de Coudé ne reçut point de visites. Beaucoup de gen6> hommes et femmes, y allèrent avant le Roi. Le Roi aUaà la chasse du vol et ce ne fut qu'an retour^ entre sept et huit heures du soir, qu'il reçut chez lui la visite de respect et de remerciment de M"'*^ la princesse de Condé avec les autres princesses. Elles allèrent ensuite chez la Reine, qui quitta son jeu pour les recevoir dans sa chambre; la visite se passa debout. Elles allèrent ensuite chez lé Dauphin, etc. Il y eut le soir grand couvert, comme à l'ordinaire. On avoit remis la table auprès de la cheminée et onavoitôté les deux gradins de l'antichambre delà Reine, dont l'un étoit depuis la cheminée jusqu'à la porte du cabinet, et Tautre, de même grandeur seulement, étoit vis-à-vis contre le mur qui sépare la salle des gardes; ce gradin ne remplissant que la moitié de cet espace

iremixM'hoit pas le service de la table en fer à cheval.

Hier le Roi alla à la chasse, au retour de laquelle il devoit voir ici une épreuve de canons; il s'agit de nouvelles pièces, de mafière différente de celle qu'on emploie ordinairemeot ; elles pèsent an tiers moins que les n6tre8, et on prétend qu^elles portent aussi loin et aussi juste et tirent aussi vite et aussi longtemps. Pour faire la comparaison juste avec nos pièces, on a donné à ceux (jui proposent ce nouveau projet (1) tous les ouvriers nécessaires pour fondre devant eux, à i'Ârsenal, deux pièces de 8 livres de balles, et MM. de Tartillerie ont hài fondre en même temps deux autres pièces de même calibre d'un tiers plus pesantes que les deux premières. Ces quatre pièces dévoient être tirées hier, les unes et les autres le plus promptementetle plus longtemps; pour voir celles qui dureroient le plus, ce que Ton appelle à toute outrance , c'est-à-dire jusqu'à ce qu'elles crevassent, pour voir lesquelles sou* tiendroient mieux l'épreuve et le plus longtemps; mais ceux qui ont proposé le projet ont dit que soit parla fonte, soit par le poids, on n'avoit pas suivi ce qui éloit rég-Ié , et qu'on n'avoit été occupé qu'à faire manquer leur épreuve. On peut être en doute si cette plainte est fondée; ce qui est de certain, c'est qu'ils n'ont pas voulu faire hier cette expérience (2).

(1) L'un est le S"^ Moore, geotilliomme irlandois, et Taalre le S*^ Slark. {Note du duc de Lu y nés.)

(2) Tl est bon d'ob^ervel qu'il y a toujours deux partis opposés dans l'artillerie. L'artillerie est conaposée de deux espèces de corps différents ; l'un est ce qu'on appelle le corps de l'artillerie, qui comprend len compagnies de mi' nettrs» aifienn, oovriers, etc. ; l'antre est le régiment Royal-ArtHleriè. Dans le régimentIlo]raÛArtillerie,c*estleRoi qui met son atlaclie aux commissloas des officiers, parce qu'il en est le colonel; dans le corps de rartillerie, c'est M. le comte d'Cu. Ces deux partis ne s'accordent itre^qne jamais ; ce qui ost approuvé par l'un est presque toujours désapprouve par l'autre. Ici c'est le corps de Tartillerie qui s'est opposé a l'épreuve. Les deux An^lois qui ont propo.sé rexpérienee ont sontenn que dans les àmx nouvelles pièces que Pon avoit fondues poor Caire assaut avec les leurs, on avoit employé plus de osa* tièie que Ton aaroit dû suivant les oonvenlkms, et ils offrent encore de Wre

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