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Le Roi devoit aller hier souper à Belleviie, mais il ne partU qu'à neuf heures du soir. Les nouvelles que M. le chancelier avoit reçues du Parlement et auxquelles on poavoît s'attendre» donnèrent Iîqu à un conseil de dépêches qui dura une heure et demie. On n'en sait point encore le résultat. On trouvera ci-après l'arrêté du Parlementd'hier. il est bien dangereux, et par conséquent bien triste, qu'un corps toujours assemblé, qui n'a d'autorité que celle que le Roi veut bien lui confier» et dont une des fonctions essentielles est de rendre justice aux particuliers, croie pouvoir renoncer quand il lui plait à cette fonction pour s'occuper entièrement des affaires de la Religion , sur lesquellèsils n'ont aucune juridiction ; qu'ils désobéissent formellement au Roi et prennent pour prétexte de cette désobéissance l'intérêt même de la Religion et de ÏÈi&i, qui n'est pas connu du Roi» disent-ils, parce qu^il a de mauvais conseib et que sa religion est surprise. On peut aller À tout avec de tels principes. ^
Arrêté du Parlement^ les chambrez assemblé, du S mai 1753.
La Cour, toutes les chambres assemblées, en délibérant sur le récit SutparM. le premier président, attendu que, dansllmpossibilitécù elle est de faire parvenir la vérité jusqu'au trône parles obstacles qu*opposent
r^preove pourvu qn'on bsBO venir denx pièces aaeieBnenMKt fondues et qui
ne soient que du poids convenu. Je crois que le diamètre est 8 livres de balles. Ils prétendent an^^^i que par la qualité qu'ils emploient, ils évitent un inconvénient très- ordinaire aux canons, (jui est l'excessive ouverture de la lumière, ce qui met les pièces hors de service ; on est obligé de mettre des lumières de cuivre pour éviter ciit inconvénient , et c'est une dépense de plus. Les denx An^ois sont produits par M. Itesrouville ; Ils Mutienoent qtt*avec moHié meias de poids, à qadqve calibre que ce soit, ils feront les mdmes effets aussi loin, aussi promptement et aussi longtemps, ils ont signé une soumission; on leur reproclie aujourd'hui de ne pas exécuter à la lettre les conditions expliquées dans la soumission ; mais ils disent que s'il y a fa«Jle dans l'explication, c'est [)arce (ju ils n'entendent pas bien le françois , mais qu'ils persistent à soutenir qu'ils ierunt autant avec leurs pièces, comme je View de le dire , qn*avec telles pièces ipie l'on voudra tirer des arsenaux , d*un poids double de leur pièce. {Noie du due de £ffyne*.)
les gens malintentionnés ( il y avoit eu des opinions pour les nonuner) en continuant de surprendre la religion du Roi contre le bien de son service, le maintien de Tordre et la tranquillité publique, elle n*a^ plus d'autre ressource que dans sa vigilance et dans son activité continuelles, a arrêté que, pour vaquer à- cette fonction importante et indis* pensable, les chambres demeuraront assemblées, tout autre service cessant, jusqu'à ce qu'A ait plu audit seigneur Roi d^écoiiter filTonh> blement , Jtàaù qu'il a bien voulu le promettre par sa réponse du 17 avril 1753, les remontrances qui dans tout leur contenu n'opt pour objet que le bien de la Religion et la tranquillité de ]*État.
En conséquence de Tarrèté du Parlement d'hier, M. le chancelier se rendit à BeUevae; M. le garde des sceaux Y alla aussi et y porta les sceaux. Il y fut expédié et scellé des lettres patentes portant première et dernière
jussion (ronrci;istrer les lettres patentes du 22 février dernier, (ies lettres de jussioD ont été envoyées aujourd'hui au Parlement.
Du lundi 7, YerMUU». — Âiqourd'hui les chambres se sont assemblées et voici quel a été l'arrêté :
Il a été arrêté sur les lettres de jussion du 5 naai portant injonction au Parlement d'enregistrer la déclaration du Roi touchant les sacreun'nts, à peine de désobéissance, qu'après avoir délibéré sur lesdites lettres patentes en forme de jussion dudit jour 5 de ce mois, et persistant dans son arrête du même jour, que la Cour ne peut sans raaaquer à sou devoir et a son serment obtempérer auxdites lettres.
7e n'ai point parlé du vol qui a été f&\i la nuit du
30 avril à l'hôtel de Limoges (1), où sont des chevaux de la petite écurie; on trouva le lendemain malin qu^on avoit coupé le crin de 39 chevaux à longue queue.
Jht mardi S, Versailla, —7 AI. le chancelier ayant repdu compte au Roi de l'arrêté oi-dessu8> S. H. manda aussitôt à Bellevue les commandants des deux compagnies des mousquetaires. M. de Montboîssier, commandant des mousquetaires noirs, s'y rendit^ et M. de Moutesquiou, qui
(1) CM bOtel se trouvait à rextrëmité de rereiiDe de Sceaux. Voy. Histitirê d$s ruêf dè Venantes, par M. Le Eor, 1857 , loiae II » page tS4.
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coiiimaiule les gris en l'absence de M. de Juniilliac qui est dans ses terres. Le Roi leur donna ses ordres dont on n'a été instruit qu'aujourd'hui*
Le Koi, par lettites de cachet, a exilé les cinq chambres des Enquêtes et les deux chambres des Requêtes du palais du parlement de Paris (1) . Le grand banc et la grande chambre ne l'ont point été. Les lieux d'exil sont : Poitiers,-Angoulème , Montbrison , Clermont-Ferrand, Vendôme , Chàlons-sur-Marne , Orléans , Rourges et Troyes.
M. de Senozan (2), gendre de M. le chancelier, en sa terre de Rony; le fils de H. Trudaine (3] en sa terre de Montigny ; M. de Grainville en sa terre de Gisors.
Outre cela, il y a quatre prisonniers d'État : M. de Frémont du Mazy, président de la 2" chambre des Enquêtes, aux lies Sainte-Marguerite; M. Gantier de Besigny, président de la 2' chambre des Requêtes du palais, au ehAteau de Ham, en Picardiè; M. de fièze de Lys, conseiller de la 2* des Enquêtes, & Pierre-Encixe [à Lyon ] ; M. Fabbé Chauvelin, conseiller clerc de la 3' des Enquêtes, au mont Saint-Michel. Celui-ci devoit aller aux lies Sainte- Marguerite; mais on fit la rctlexion que son frère, le chevalier Chauvelin^ depuis longtemps ministre du- Roi à Gênes, dont on est extrêmement content et que S. H. a nommé son ambassadeur à Turin, comme je Tai dit, étant en chemin pour venir recevoir les ordres du Roi, les deux frères se rcncontreroient vraisemblablement en route et qu'il convenoit d'éviter ce désagrément à M. le chevalier Chauvelin; c'est ce qui ht changer ce lieu d^exil et décida pour le mont Saint-Michel. La santé de M. Tabbé Chauvelin et la délicatesse de sa poitrine
(t) Ces septcbaiDbres du Parleineot comprenaieot 21 présidents et 180 cou seilters. *
(2) L*ttB des préaideote de la 4* chambre des Enquêtes.
(3) Cmueillerft la 2* chambre des Kequêtes.
(4) De LM|Éie de GiaiQftlIe » oomeiller à la 4* chambre des Enquêtes.
410 MkMOiUËS DU DUC Ut LUYAtS.
qu'on ne soapçonnoît pas à tous les diseomrs véhéments
qu'il a tenus, mais (jui ce|)endant est réelle, ont donné lieu à rindulL;ent'e que le Roi a bien voulu avoir de changer encore le liea d'exil et de renvoyer au chàtoio de Caen.
J'oubliois de dire qoe le 7 les oommandaDts des mousquetaires ayant reçu les ordres do Roi, firent défendre
dans les liôt»*ls (h s mousquetaires à qui que ce soit de sortir. Ces ordres, dont on ♦Mit connoissance dès le 7, donnèrent le soupçon de ce qui est arrivé. Messieurs des chambres s'y attendoient, et plusienrs n^étoîent pas ooucbés quand ils reçurent Tordre. La règle en pareil cas, et qui a été pratiquée dans celni-oi, est que les mousqae- Uiires, dont on choisit les plus anciens et les plus sages, jiortcnt les lettres de cachet et les mettent en propre à ceux à qui elles sontadressées ; et lorsqu'ils sont absents , ils font avertir cbes eux ou dans le voisinage qu'on leur mande de revenir, afin qu'ils puissent leur remettre à leur retour la lettre de cachet (1). A l'égard des prisonniers il y avoit un carrosse. Un brigadier ou sous-briga^ dier d« s mousquetaires se met à côté du prisonnier et deux mousquetaires sur le devant, et il est ainsi conduit jusqu'au lieu de sa prison. Pour les frais du voyage, c'est le Uentenant de police qui remet l'argent à ToÛicier des mousquetaires. Ce fut à une heure après minuit que les
(l) Les lettres de caclit't portuieot ordre de partir dans 24 heiires pour les lieux d'exil indiqués. Cette règle du départ dans le temps fixé par Ofdce do Roi est si exacte , qne lorsqnll j a qoetqoesciffceottaocea parUculièiet qpi eogagenk à faite iim excepCfea, eetle eseeptfooBe le Mt pet ea ménmt de
partir après la réception de la lettre dp cachet , mais le Roi trouve bon que Ton diffère de remettre la lettre à celui qu'il venl traiter favorablement. C'est ain«i qu'on en a agi avec M. [ Le Prêtre] de L«^7onnet, coni^eillpr de la première des KtxjuCtes, qui alloit peu à sa cliambre depuis que les esprits sont aussi écliaufft's, et qui avoit même dit son sentiment assez nettement pour n'avoir pas été approavé ptr lei confièras ; il atoik ém tâlàïnê eMeatteMct à lerari- Mr:on toi a donné hulk Joun , e*eil dire fnVn ne lai rcorit taleUreqa^ boot de boit joviB. (IdàU duéneOê iMffWêt, étm do it joia 1713.)
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mousquetaires montèrent à cheval pour aller porter les lettres de cachet.
On a appris aussi la mort de M. Guëau de Reverseaux, fameux avocat plaidant et consultant ; il étoit iort janséniste, comme presque tous les autres avocats ; cependant il a lait au lit de la mort la déclaration dont on trouvera copie ci après ; en conséquence^ il a reçu ses sacrements. Les gens du parti ont' déclaré que cette déclaration étoit fausse ; il n'est pas étonnant qu ils aient cherché à le faire croire.
M. Guéaude Revereeaux s'est confessé au P. Félix, Petit- Père, et après sa confession il lui a dit : a Mon père, malgré les contestations présentes, donnes voire billet;
je m'appelle Jacques-Ëtienne Guéau • de Reverseaux ; écrivez-le sur ma table; donnez-le pour le porter à la paroisse; dans l'état où je suis, on pense différemment; • l'Église a sa juridiction; d'ailleurs le Hoi a cassé Tarrét du Parlement. »
Il y a sept ou huit jours que Farrangement pour les Cent-Suisses est fini. C'est au sujet du changement de )*uniforme des Cent-Suisses de la garde et de la création d^une seconde place d'aide-major dans cette compagnie. On sait que cette troupe a double ofticier, un lieutenant £rançois et un suisse, un enseigne françoiset un suisse, etc. 11 n'y avoit jamais eu de major; mais les différents détails que donnent la continuité et la multiplicité des services des GenlrSuisses, tant à la Cour que dans les voyages, détermina M. le comte d'Estrées, alors M. de Gourtenvaux, lorsqu'il commandoit cette troupe pendant la jeunesse de son neveu, de proposer qu'on y mit un major. L'arrangement fut fait; mais on a remarqué que quelques soins et quelque attention que pût avoir le miyor (qui ne prend que la qualité d'aide-major il étoit impossible que ses affaires et sa santé lui permissent de suffire à tout; que par conséquent il étoit souvent remplacé par des offîders de la compagnie qui^ regardant
443 AIÉMOIRES DU DUC DE LUTNES.
cet ouvrage coiniiie étranger en quelque manière à leur place, non-seulement (Hoient moins dans l'habitude de le faire, mais le faisoient avec moins de satisfaction. M. de la Cbàtaigneraye ^ enseigne suisse de cette troupe, a proposé un uouvbI arrangement par lequel le Roi pourroît établir un deuxième aide-major, non-seulement sans aucuns frais nouveaux, mais môme avec quelque avantage pour les intérêts de S. M. Les Cent-Suisses ont deux habillements, l'habillement des grandes cérémonies avec les manches et culottes plissées, la fraise, etc., et l'habit de livrée. L^habit délivrée se donne tous les ans; Fhabit de cérémonie, qui ne se met que les dimanches et les grandes fêtes, ne se renouvelle que tous les douze ou quinze ans; c'est le grand écuyer qui est chargé d'ordonner ces habillements comme faisant partie de Thabillement du Roi. On ne touche point à l'habillement dé cérémonie : mais au lieu de l'habit de livrée, on donne aux Gent-Suisses des habits bleus, entièrement pareils à ceux des gardes du corps, excepté que les galons de ceux-ci sont en argent et que ceux des Cent-Suisses seront en or, mais qu'ils n'en auront point sur les tailles. Au lieu de hallebarde, qui est la seule arme dont ils se servent, ils auront des fusils. Cet habihement ne sera renouvelé que tous les deux ou trois ans ; ce sera toujours le grand écuyer qui le fera fournir. Taid^à marqué que pendant les campagnes du Roi on avoît donné aux Cent-Suisses des habits bleus avec des calons d'or et des bonnets; ils ressembloient beaucoup à des grenadiers. Il a été calculé pour la dépense qu'en comptant les frais pour rhabit de livrée qu'on donne tous les ans, les aecompagnements nécessaires, et œ qu'il en coûtera pour le. nouvel habillement, qui ne sera donné que tous les trois ans, il y a un bénéfice d'environ 9,000 livres qui revenoient au profit du Roi; c'est sur ces 9,000 livres qu'il sera pris 1,000 écus pour les appointements du nouvel aide-mâgor; il sera le premier et aura le titre
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d*aide-majqr de cour. Cesi M. de SainUFlorentin qui a pris Tordre du Roi sur cette affaire.
Du m$reredi 9,'VenaiUe$, — La grande chambre 8*est •assemblée aujourd'hui et a arrêté qu'en peirinstant dans
ses arrêtés des 5 et 1, elle continueroit de vaquer à Tinstruction , suite et jugement des proc(''s commencés ; eo conséquence^ a ordonné décret de prise de corps et information sur les mêmes matières» On en trouvera le détail dans la Relation.
Du jeudi 10, Fmatl/ei. — LeRoiy instruit de oe qui se passa au Parlement hier et aujourd'hui, où il y a eu encore un décret de prise de corps, a juué à propos de traiter la grande chambre comme les autres chHial)resdu Parlement^ excepté qu'elle est exilée en entier à Pontoise. Hier les mêmes commandants des mousquetaires vinrent recevoir les ordres de S. M.
J'ai parlé de la protestation faite par les princes et princesses du sang à Toccasion des qualités prises par M. le prince de Soubise dans le contrat de mariage de M. le prince de Condé. Cette protestation fut portée par M. le prince de Gonty à M. de Saint-Florentin. M, de Soubise y étoit dans ce moment et voulut sortir; M. le prince de Gonty le pria de rester et lui dit que c'étoit de lui qu'il vouloit parler ; il ajouta qu'il connoissoit la grandeur de sa naissance et ses illustres alliances, et qu'il avoit pour lui toute Testime et considération qui lui étoient justement dus; qu'il sa voit bien que le Roi pouvoit donner dans son royaume tels rangs qu'il jugeoit à propos, mais non pas faire des princes puisqu'il n'y avoit que IMeu seul qui le pût faire, et que c'étoit précisément de quoi iWenoit se plaindre. Le Roi a donné trois mois à M. de Soubise pour répondre î\ cette protestation. On me dit avant-hier que M. le comte de Charo*» loisf a donné un mémoire en forme de protestation qui répand à celle des princes du sang. Feu M. le cardinal de Rohan prétendoit que la maison de Rohan a d'anciens
actes qui constatent son droit pour le titre de prince du saog; que le père de H. le duc de Kohao (celui qui fui ehargé de Texpédiiion de la ValteliDe) ayant épousé la sœur de Jeanne d^Albret, reine de Navarre, on trouve dans ce contrat de mariage et dans tous les suivants le titre de prince.
Je ne sais s'il y aura une décision ni quelle elle sera, ce qui est certain c'est que ie Roi a paru^ le jour du mariage et dans toutes les occasions^ donner à M. de Soubise toutes sortes de marques de bonté particulière; en effet, personne ne fait sa cour avec plus d'assiduité et de respect.
J'ai parlé des révérences de M. le prince de Condéavec M. le prince de Soubise. Ils avoient déjà eu une occasion de faire des révérences ensemble; c'étoit à la mort de la princesse de Hesse. M. le comte de Charolois ne jugea pas à propos alors que M. le prince de Gondé les fit avec M. le prince de Soubise; la circonstance du mariage lui a paru sans doute une juste raison de changer de sentiment. Cette observation a été faite, mais elle n'est pas juste ; je Fai su depuis ; il se peut faire que M. de Charolois ait pensé ainsi dans le temps , mais M. le prince de Condé avoit^la petite vérole dans ie temps de la mort de la princesse de Hesse , et ne fit ses révérences que longtemps après M. de Soubise.
Le jour des fiançailles, M'"'' la maréchale de Duras, prévoyant qu'il pourroit y avoir quelques difficultés par rapport à Mesdames les trois cadettes pour la visite à M""" la princesse de Condé le lendemain du mariage , crut devoir demander les ordres du Roi. 11 n*est pas douteux que c'est l'usage que le Roi, la Reine et toute la famille royale fassent cet honneur^ la princesse du sang le lendemain du mariage, mais la princesse du sang a auparavant été chez la famille royale. M™* la princesse de Condé, en effet, fut le jour du mariage chez M*"*" la Daupbine , Madame Inlante et Madame Adélaïde, et suivit les deux dernières chez la Reine; mais elle n'avoit point été
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chez Mesdames les Irois cadettes qui étant incommodées n'assistèrent point à la cérémonie ; c'étoit donc une question. M. de Brézé fut consulté et fut d'avis d'en parler à M"' de Tallaid ; M"" de Tallard dit qoe sans difficulté elle y mèneroii U, le dac de Bourgogne et Madame; cet exemple dédda^ et Madame Louise^ qoi étoit la seule des trois en état de sortir, alla ebesM^la princesse de Condé.
J'ai dit que les princes du sang et les princesses du se trouvèrent chez M'"'" la princesse de Condé pour recevoir le Roi, la fteine, etc. L'usage est que les princes et les princesses, soient avertis par un gentilhomme de Fhenre de la visite. M. le prince de Gonty demanda à M. le comte de Gharolois à peu près à quelle heure ce seroit ; M. de Gharolois loi ayant dit deux heures après midi; M. le prince de Conty le pria de lui envoyer dire encore plus positivement le lendemain matin. M. de Cliarolois, apparemment un peu piqué de la protestation ^ répondit qu'il avoit dit 1 heure, qu'il n'avoit rien à ajouter, que ceux qui ne voudroient pas s'y trouver seroient les maîtres. On ne put rien obtenir de M. de Gharolois sur cet article; il ne voulut pas même consentir que M. le prince de Condé y envoyât. Ce fut cependant le ^arti qu'on prit le lendemain.
Mesdames les trois cadettes n'ayant pas été à la signatore du contrat le jour des fiançailles^ il fallut leur porter le contrat chez elles. Ge devoir fut rempli par M. de Saint- Florentin, accompagné de H. de Saint-Gontest seulement, sans qu'il y eût personne des deux&milles; le fait est certain , mais je n'en sais pas la raison.
Du vendredi 11, Versailles. — M. le chevalier de Fiamarens , neveu de celui que nous conuoissons , a prêté serment aujourd'hui dans le cabinet du Roi pour la charge de grand louvetier dont il obtint la survivance il y a quelque temps, comme je dois l'avoir marqué. G'est le troisième fils du frère de M. de Flamarens. -
Cette nuit les mousquetaires ont exécuté les ordres du
Roi ; OD trouvera ci-aprèii copie d'une des lettres de ca^ chet.
Copie de la kUre tiu Roi,
Monsieur, nyant pour de bonnes considérations résolu de transporter ma cour de Parlement de Paris eu la ville de Poutoise, je vous fais cette lettre pour nous enjoindreet ordonner de vousy transporter toutes affaires ccssaiitt s, dans deux fois 21 lieures, pour y rendre la justice à votre ordinaire en vertu de la déclaration qui y sera unvoyée ; vous fimaot cependant défense de vous assembler nulle part aîlleufs sous peine de désobéimiMe et de privatioB de vos eharges. Et la présente ii*étant pour autre fîu^ je prie Dieu qu'il vous ait, Uonsiear, en sa sainte garde.
k TemOles, lelO mai 1788. ♦ Signé Louis, et phu bas Ployer (fArgetùon,
M. et M"^ la maréchalede Belle-lsle sont venus iciai^gourd'bui avec fif. et H"* de Nivernois demander Fagrémoit du Roi pour le mariage dé H. de Gisors avec la fille aînée
de M. de Nivernois; elle est dans sa treizième année et M. de Gisors a vingt et un ans faits du 27 mars. A l'occasion de ce mariage j le Koi donne à M. de Gisors la survivance du gouvernement de Metz, qui vaut, je crois, 28,000 livres de rente; et il parolt que S. M. est très-disposée à donner son consentement à une pareille grâce pour la lieutenanoe générale de la fjorraine, qui est actuellement à la nomination du roi de Pologne. L'une et l'autre de ces grâces est très-grande , surtout celle du gouvernement; elle n'est pourtant pas sans exemple. M. le maréchal de Bouftlersi gouverneur de Flandre , avoit deux iils; il obtint la survivance du gouvernement pour rainé ; celui-ci étant mort, il Tobtiot pour le second, qui n'avoit que sept ans (c'est celui qui est mort à Gènes). M. le maréchal de la Ferté est encore un exemple plus frappant ; il étoit gouverneur de Metz ; il obtint la survivance de ce gouvernement pour le duc de la Ferté , son lils , encore fort enfant, et qui en a joui quarante ans. Cependant la cic* constance de raugmenlation aux fortifications de Metz
est ooe preuve de Pimportance de cette place et la rend plus considérable que jamais. Le Koi a parlé sur celte grâce avec toute la J)outé possible à M. le maréchal de Belle-Isle, lui disant qu'elle étoit contre toute règle à cause de TÀge de M. de Gisors, mais que son attachement & sa pmonne et au bien de son service, et les preuves qu'il lui avoit données de son zèle , le déterminoient à passer par-rdessus toutes considérations. Il y a déjà plusieurs jours que M. de Belle-lsle avoit rendu compte au Roi de toute l'affaire ; S. M. avoit bien voulu lui donner une audience assez longue et entrer avec lui dans tous les détails qui pourroient intéresser im aqiiyetle traiter avec la bonté etraffabilité d'un maître qui saitrendre justice au vrai zèle et au fidèle attachement. La lieutenance de Lorraine vaut 'I^yOOO livres de rente. M. de Nivernois a troi^ enfants, un garçon qui a sept ans, qui est fort délicat, et 4eux ^es ; il ne donne, je crois, actuellement que 12,000 * livres de rente à sa âlle, mais elle a de grandes espérances, aussi bien que son frère et sa sœur, par les successions de H"* de Pontchartrain , de H. de Verderonne ' qui n'a point d'enfants, de M. de Maurepas et même du marquis de Pontcliartrain qui n'est point marié. 11 y a a|i8si.de l'autre côté la succession de M. de Nevers. Ce ma- . riage parolt se faire avec Tempressement le plus flatteur de .part et. d'autre, et il doit se £aire durant le çourant du mois. M"'' de Nivernois est trop jeune pour que les mariés vivent ensemble ; l'arrangement est que M. de Gisors ira au mois de septembre à Home avec M. de Nivernois, en passant auparavant par différentes cours d'Italie; après avoir va litige, il ira en Allemagne. Tous ces voyages dureront un an.
J'ai parlé .de 1^ protestation des princes du sang. J'ai vu cette protestation ; elle est fort courte; elle est au nom de M. le duc et de M"** la duchesse d'Orléans, M. le comte de Clermont, M"*' la princesse de Conty, M. le prince de Coiity, M., le comte de la Marche, M'"" de Charolois et M"'' de
44è MÉMOIRES DU DUC DE LUTNES.
Sens, qui demandent permission im Roi de protester devant lui contre les titres pris par M. le prince de Soubise. 11 o*y a ancun détail. A la protestatloo est jointe la reconnoissance de M. le comte de Saint-Florentin pour servir de preuVe que la protestation lui a été remise ; cette protestation y est répétée. Cette démarche des princes du sang n u été faite que parce que M. le duc d'Orléans la désiroit, et a été accompagnée de toutes les marques de politesses et de considération de la part de M. le prince de Gonty pour M. le prince de Soubise. Sans la raison de se joindre à M. le duc d'Orléans, ce qu'ils n*ont pu lui refuser, la maison de Condé et de Conty auroient vraisemblablement balancé à protester, d'autant plus qu'ils conviennent qu'on leur a présenté deux actes dans lesquels leurs auteurs ont traité vis-à-vis MM. de Rohan , qui ont pris le titre de prince dans ces actes, et qu^ils n'ont pas imaginé de leur disputer ce titre. Il y a plus; l'usage dans le chapitre de Strasbourg, est que tous gentilshommes, quelque illustres qu'ils soient, sont obligés de * faire les preuves suivant les statuts du chapitre ; il n'y a que les princes qui soient exempts de cette loi; ils sont seulement obligés de i^apporter un certificat signé de deux princes et de deux hommes de la noblesse. Lorsque M. l'archevôque de Reims d'aujourd'hui (Kohan-Guémené) fut reçu chanoine de Strasbourg, il rapporta suivant 4a règle un certiticat. Ce certificat <Hoit signé de deux princes de la maison de Condé et de Conty; je crois que c'étoit feu M. le Duc et feu M. le prince de Conty. MM. de Aohan font remonter leur titre de prince jusqu'au temps de Henri lU ; ils prétendent que M. le duc de Rohan> père de celui qui fut employé dans la Yalteline, prenoit ce titre dans son contrat de mariage avec la sœur de Jeanne d'Albret , reine de Navarre. D'ailleurs les princes du sang ne peuvent pas alléguer que MM. de Kohan aient pris dans le contrat de mariage de M. le prince de Condé les mêmes titres qu'eux. Voici la différence des titres^ à commencer