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parle Roi. Le Roi prend le titre de très-haut, très-puissant et Irès-excellent prince. — M""" le Dauphin : très-haut, très-puissant et excellent. — Mesdames de France : trèshaateset très-puissantes. — Les princes du sang : très-haut et puissant (je ne répète point le mot de princes et princesses qui est à tons). — MM. de Rohan prennent le titre de haut et puissant prince. Les princes du sang voudroient
qu'il ne fût dit que : haut et puissant un tel, prince de ;
mais alors ce ne seroit plus un titre, ce seroit un nom.
Du dimanche 13, Versailles. — M"' de Haré a été présentée ai^jonrd'hui k la Reine ; elle est iille de M. de Flamanville; son mari est Pierreoourt. Elle fut présentée hier à la{>aupbine et à Mesdames, parce que la Reine Tavoit trouvé bon. La Heine. s'étoit enfermée hier 12 pour faire ses dévotions aujourd'hui à cause de la fèlo de Saint-Jean Népomucène, qui n^est cependant que le 16 du mois; mais la Reine a avancé ses dévotions à cause du voyage de Mariy. M"* de Raré a été présentée par M"*^ de Coigny (Neret).
Hier M"'' de Gamaches, tille de M. le maréchal de la Mothe, accoucha d'un garçon; elle n'avoit qu'une iille.
Du lundi 14, Versailles. — On apprit avant-hier que M. Farchevéque de Sens (Languet de Gergy) mourut vendredi dans son diocèse. Sa maladie n'a pas été longue, car il instmisoit encore ses prêtres, dans leur retraite , mercredi ou jeudi. C'est une vraie perte pour l'Kglise; jamais prélat ne fut plus occupé de ses devoirs vA ne les remplit avec plus d'édification. Tout son temps étoit employé aux soins de son diocèse, aux arrangements pour former des sujets capables de l'aider^ dans cette administration, à soulager* les pauvres, à instruire les peuples, et enfin à soutenir la religion par ses conseils et par ses savants écrits, qui seront à jamais des moriuments, dans l'Église, de sa capacité et de son zèle (1). Honorable
(I) On les a imprimés en latiu. (iVble du due de Litynet.)
4M MÉMOIRES DU DUC DE LUYI^ËS.
dans sa dépense quand il oonveiMHt de Téire^ il vivoit
dans les autres temps simplement et frugalement; et quoique obligé d'avoir une représentation convenal)le suivant sou état, il menoit une vie apostolique. On ne lui a trouvé à sa mort que livres 10 sols^ et il a ordoDoé qu'on les portât à l'hôpital. U'étoit un des trois conseillers d*État du conseil privé. M.l'abbé de Marbeuf ^quâ avoH l'expectative d'une de ces places, passe de droit A celle-ci.
Les conseillers honoraires du Parlement sont tous allés à Pontoise volontairement et sans lettres de cachet; les gens du Roi s'y sont rendus aussi sans lettres 4^ cachet^ mais ils ne peuvent être séparés du Parlement*
La mère de M. le premier président ayant su que la grande chambre avoit reçu ordre d'aller à Pontoise, vint trouver son hls; elle lui dit qu'elle savoit l'état de ses affaires ; que comme il seroit obligé de tenir table à Pontoise et d^y faire beaucoup de dépenses y elle vouloit le soulager autant qu'il étoit possible; que des lâ^iMH) livres dont elle jouissoit^ elle ne s'en réservoit que l^SOD livres et qu^elle se retlroit dan^une communauté et qu*éUe lui cédoit la jouissance du reste.
On trouvera ci-dessus^ dans un des derniers arrêtés du Parlement^ la dénonciation faite du refusées sacrements à un prêtre à 1 Hôtel-Dieu. Ge prêtre quand on lui pré^ senta la croix , la rejeta avec mépris. Il est A désirer que ce soit par l'effet de la maladie ; mais sôit cette raison ou par un sentiment impie qu'on ne peut présumer, on peut juger s'il étoit en état de recevoir ses sacrements.
On a vu dans la liste de Mari y avec étonnement que M. le chancelier et M. le garde des sceaux sont du voyage et y ont des logements. Cest le prémier exemple.
M. le duc et M"^ la duchesse d'Orléans, qui ont leur logement il Marly, n'y coucheront point; ils comptent seulement y aller taire leur cour et y donner ({uelquelois à souper. M'""^ de Poliguac, dame d'honneur de M*"' la duchesse d'Orléans » y a aussi un logement.
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M'** de Gharolois n'ira point à Marly à causé de sa santé elle n'y a point de logement;,elleptendra.dn lait pen-
çlant ce temps à Luciennes chez M"* la princesse de Conty.
Oii s'attend à tous moiiients à voir paroUre les remontrances du Parlement imprimées. On avoit déjà travaillé à cette impression et elle avoit ^t4 isetardée dans Tespérance que le fko\ voa^roit bi^n leçetoir lesdites remontrances. Dans la s^ti|ation pi^ésent», diest vraisemblable que le public ne sera pas longtemps sans lés voir ; en ,at' tendant, on voit actuellement ce qui est dit à la fin de ces remontrances ; cette iin même a déj4 paru dans les gazettes ; o|i li^ trouvera ci-après.
Si les personnes qui abusent de la confianee de V. 11. prétendeiil nous réduire à la seule alternative ou de mançier à notre devoir, ou d*eDcourir votre disgrâce, nous déclarons que notre zèle est sans iMmueftr et que nous nous sentons assexde courage pour être la vietime denotie fidémé. . ^ '
Du mercredi 16, Dam^pierre. *— Nous vînmes ici avanthier^ M"* de Luynes et. moi» après* le .départ de la Reine pour Harly. S. M. dîna àVecsailles, comme ÂTordinaire,
et ne partit qu'à cinq lieures. Elle avoit dans son carrbisse : Madame Louise, M'"" de Chevrcuse , M"'" la maréchale de Duras , M"" de Uouzpls qt M""" de Sceaux. Mesdames étoient allées la veiUe coucher à la Meutte. Le Roi lit lundi la revue des gar4^' françaises et suisses dans- la plaine des Sablons; Meçd^mes y étaient. Le Roi avant la revue alla voir ara Roule Je modèle en- petit, en plâtre, tait par Buucliardon , fameux sculpteur, de la statue équestre de S. M. qui doit être en fonte et posée au milieu delà nouvelle place près du Pont-Tournant. Le bâtiment que l'on a lait pour établir râtelier de Boucbardon est gardé par les gardes de la yille. Ges^ardse slmaginoienf que le Roi entrant dans cet litelier, ils dévoient avoir rhonneur de garder le Roi préférablement aux gardes du corps ; les gardes du corps soutinreniieur droit de
4ê9 llÊMOiatS DU DUC DE LU VUES.
ne quitter jam.iis la personne du Koi ; cela forma une contestation. M. le duc de tie>vres soutint [>endanl quelque temps la prétention des gardes de la Ville, naais à la fin il eéda, et i'aliaire fat décidée eo faveur des gardes da ecwpi*
Od a remarqué avec raison^ comme chose noaTelle i ce voya§^e-ci de Marly, quelf. lecbaneelieret M. le garde
des sceaux sont sur la liste et v ont chacun un logement. M. le due d Orléans, qui ne joue plus, comme je Tai déjà dit y et M"' la duchesse d'OriéaDs ont dit qu'ils n^y coucheront point y mais qu'ils y donneroient quelquefois à souper; cependant ils y ont leurs logements et même IT^dePolignae^ dame d^honneor de H** la duchesse de Chartres.
On me mande de Mail y aujourd'hui que les gens du Roi y sont venus ce matin, maisque Ton ne sait encore ce qui s*est passé. Ils étoieot déjà venus à Versailles depuis Tenl du Parlement. On prétend qu'ils n'avoieot pu voir ni M. le diancelier ni M. d'Argenson. Ce fait est &uz; ils y virentrun elTautre. Mais ce n^estpas la seule nouvelle fausse que Ton ait débitée dans les circonstances présentes. Il a passé pour constant que le 9 de ce mois, après l'exil des chambres, M. le premier président avoit prononcé à la grande chambre un discours dont on a donné plusieurs copies dans Paris et qui paroissoitbien peu convenable dans la bouche d^un magistrat aussi prudent et aussi éclairé. Je sais positivement d'hier que ce discours est absolument supposé ; c'est ce qui m'empècbe de le rapporter ici.
Du vendredi iS^ Dwn^piêrre, — La Reine vint avant-hier à Versailles, mais seulement Paprès-dlnée; elle n endit ' l'office aux Récollets. Le panégyrique de saint Jean Né-
pomucène fut prononcé parle P. Floriot, jésuite, qui [)arle bien, mais qui a fort peu de voix. La Reine n'avoit dans son carrosse que M*"^ de Chevreuse, M*"^' d'Antin^ de Montauban et de FlavaconrL