‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 46 sur 58 · MAI I · texte numérisé non relu

MAI I

rappris hier un mariage. M. de Chàteau-Meliand, tils de H^'du Plessis-ChàiiUon, épouse la fille de M. de Sainl-Goa«> test^ laquelle apréseatemeiitlO^OOOliTresderenle de son bien et outre cela 10,000 livres de rente assurées ; outre celles-lA elle jouira dès à présent delà pension de 10,000 livres que le Hoi a la bonté d'accorder en pareil cas. M. de Saint-CoDtest est veuf. Sa femme, morte il y aseptou huit ans^ pendant qu'il étoit intendant en Bourgogne, étoit Desvieuxy fille d'un fermier général. M"** de Saint-Gonfest avoit trois sœurs; une qui avoit épousé M. de Montholon, une autre M. du Mazy, qui vient d'être exilé, et une autre qui avoit épousé M. de Fleury, le fils de Tancien procureur général, frère de celui-ci. Elles sont toutes mortes de la poitrine* M. Desvieuz avoit un fils qui est vivant ; il a épousé la fille dé M. delà Ghabrerie, fermier général. M. de Saint-Gontest n*a qu'un garçon êt une fille.

Du vendredi 19, Dampierre. — J'appris hier que la déclaration que l'on aitendoit a été envoyée à Pontoise. On trouvera ci-après l'arrêté de la grande chambre sur cette déclaration.

De Pontoise, le 17 mai 1755.

MM. les gcHs du Roi sont entrés ee matin à neuf heures à raudience de la grande chambre pour apporter la déclaration du Roi du 1 1 du présent mois ; ils ont pris des conclusions par lesquelles ils ont requis renregistrement de ladite déclaration, et cependant que le Roi sera très-humblement supplié de faire attention aux conséquences et aux inconvénients de ladite déclaration, laquelle sera envoyée dans les bailliages et sénéchaussées du ressort.

Arrête que la déclaration sera enregistrée pour être exécutée conformément aux arrêtés des â, 7 et 9 du présent mois.

Du mardi22y Dampierre. — Il est prouvé par les actes qui sont au dépôt de la chambre des comptes^ en françois ou en latin, que depuis 1290 le mot de don gratuit est marqué À tout ce qui a été fourni par le Qergé pour les besoins de l'État. Cependant comme on imprime toutes sortes de libelles, il en parolt un depuis quelques jours

4^ MÉMOIRI:^ DU DUC DE LUYDiliLS.

oà il esl dit que le Clergé doit contribuer et être imposé

comme les autres sajete, et qae pendant vingt anncos qu a duré rijîiposition du dixiùrae, ils dévoient fournir 40 millions [)ar année, par conséquent qu'ils dévoient 800 mil- Uons; et cela fondé sur ce que^ suivant les déclarations données en 1586^ ik avbient 12 millions de Mens fonds, et que, m Tangineniationdes revenus, fls atoi^t bien actaeDement 519 millions, dont dfant le cinquième pour lescharirt's, réparations, ornements, etc., ilse trou voit plus que les iO millions de dixièine à fournir.

On a appris la mort de M"* de Roussillon Chatte, dame d'honneor de M"^ la princesse de Gondé; elle n'a jamais euqœ le titre de eetté «barge. Sasanténelui a pas permis on seul joor de Pexereer.

Je viens d'apprendre que dans le conseil de dépêches tenu aujourd'hui àMarly, l'aftaire de M. le maréchal de Belle-lsle contre les vassaux du comté de Gisors opposants à Tenr^^strëment des lettres du duché-pairie an parlement de ftoaen a é^ j/iit par'M..». Il a été jngé

qu'on nommeroit des commissaires pour décider ces contestations; c'est ce que M. le maréchal de Belle-Isle demandoit. Ainsi le parlement de Rouen ne peut plus s'en mêler. L^enre^istremeut ne sera pourtant pas fait encore au,parlement de Rouen ; il faut attendre que les commissaires .aient jugé les contestations avec les différents vassaux; mais l'affaire est en règle; il làlloit nécessairement qu'elle itttju^ée an consent d&s dépêches. Un détail de procédures et de titres à examiner étoit difficile à porter à ce conseil, où il n'y a que MM. d'Ormesson et de Brou qui soient dans l'habitude de pareil examen. C'est ce qui a déterminé M. de Beile-Isle à demander des commissairesy lesquels, après leur travail entreront au conseil de dépèches avec le rapporteur lorsqu'il sera question de juger l'affaire.

Il paroil un imprimé intitulé : Prospectus, sous le nom de M. le chevalier de Causan, qui croit avoir trouvé la

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