chevaux ù Paris pour les commissions. (I
(I) Les 3â7 rlMvanx de selle cl ces SS, rormant im iM de 4â^, soiil aux ordres de M. de nestier. {Ifote du duc de Isvgnes.}
M, de Memoni,
as (Heporê).
124 pour le manège.
Il deoaciMwetdeehaigeiiow fM>D usage.
M. de f^andeuil.
110 pour le manège.
a de canoBie.
US
Le vatUraU,
ehevaux.
La huveterie.
iry chevaux.
(TakU générât^.
Jhijeudiiïy, Versailles, — Samedi dernier, lOdece mois, jour du départ du Roi pour Crécy, M. réyèque de Metz ($aiiitpSimoii)> qui étoit ici, partit dans son carrosse pour s*en retourner à Paris. Il s'arrêta près de Viroflay pour un
besoin. Dans le temps qu'il vcnoit rejoindre son carrosse, il aperçut une troupe de paysans assemblés; il demanda ce que c'étoit, on lui dit que c^étoit le curé de Viroflay que l'ofi venoit d^assassiner, et que ron remportoit chez lui. Des femmes e£frayées et mal instruites lui dirent qu'il avoit cinq ou six coups de couteau. M. de Mets s'informa plus exactement, et ayant su que le curé A'étoit point mort, et qu'il n'y avoit aucun prêtre dans la paroisse, il alla dans la maison du curé ; il trouva qu'on venoit de le mettre dans son lit; la connoissauce lui étoit revenue, et il conta à M. de Metz son aventure. Ayant été chargé par M. l'archevêque de faire la distribution des saintes huiles à quelques curés du voisinage, il alloit les porter; il étoit seul à pied ; c'étoit sur les dix heures du matin. En montant dans un petit chemin, dans le bois de Fausse- Repose, il avoit reçu un coup de bâton sur la tète, qui Favoit fait tomber sans connoissauce ; il avoit été volé
JL'IJN 176Î4. 89
. par an homme habillé de louga; c^esi ioat ce qu'il en sait. C'est la seconde fois que oe curé est volé. Sa oure vaut environ 1>900 livres. Il s'appelle Dubut. 11 est fils
du concierge tapissier du nouveau chenil. M. de Metz le confessa. Le curé n'est point mort , niais il a toujours une douleur fixe dans la ttHe d'un ciMô ; c'est c<' (jui rend son état dangereux. Gomme cette aventure est arrivée dans un lieu peu éloigné où le S' DesmnrSi huissier de la Reine> a été volé, comme je l'ai marqué, on soupçonne que e'est un voleur de la même troupe. C'est tout ce qu'on en sait jusqu'à présent.
M. de Maillebois le lils a paru ici aujourd'hui pour la • pi"emière fois ; il a fait sa révérence au Koi, à la Reine, etc.
il y a eu ce matin comité chez M, le chanœiier, etconseil de dépêches nshes le Aoi après la messe.
M. .rarchevèque de Paris est ici» U a vu le Koi ce matin ; il doit le voir encore oe soir à six heures. 11 y a ici jurrand nombre d'évéques; je croyois que la recfuùte dont j'ai parlé avoit été signée par 26 ; les uns m'ont dit 19, les autres 22.
U y aeii ces jours-ci deux aventuresdansParis, l'une par rapportancuré de Montmartre» l'autre parrapportau curé deSainte-Harguenie. Le curé de Montmartre, le jour de la Féte*Dieu, porte le saint Sacrement, à la procession, jusque sur le reniparl ; c est l'extrémité de sa paroisse. L'année dernière, il y avoit un reposoir qui se trou voit sur le terrain de la paroisse voisine. Le curé voisin se plaignit; Taffairofut portée par-devant M. rarohevôque, qui fit venir les deux curés; U fut convenu que pour cette fois le reposoir resleroit dans le lieu où il étoit, mais que • dorénavant on ne le remettroit plus dans ce même endroit; en conséquence de celte décision, lorsqu'il fut question de partir de Montmartre avec la procession, le curé déclara aux margnilliers qu'il nMroit point au second reposoir, qui étoit celui dont il s'agissoit ; les marguilliers eurent heau lui représenter qu'on y avoit tou*
40 MÉMOIRES DU DUC DE LU ï IN ES.
jours été, il persista avec raison dans son sentiment et se mit en chemin. Étant arriTé an premier reposoir, il voulut retourner sur ses pas ; mais comme il étoit déjà entré * sous le dais, 'portant le saint Sacrement, et qu'il se trouvolt par conséquent enfermé par les barrières qui sont autour du dais, ceux qui le portoient le forcèrent malgré lui d'aller où ils vouloient. En chemin ils tinrent des propos les plus injurieux et allèrent jusija'à lui porter le poing sons le nez, quoiqu'il portftt le saint Sacrement, ce qui fait horreur à raconter. Enfin ils le poussèrent si rudement eu arrivant au reposoir, qu'il tomba sur les genoux.
L'aiïaire du cure de Sainte-Marguerite est d'une autre espèce. 11 se fait tous les ans une procession du saint Sacrement, le dimanche d'après l'octave, en mémoire de la guérison miraculeuse de la nommée Lafossé (1)^ miracle qui parolt avoir été universellement reconnu. Une dévotion mal entendue des habitants de cette paroisse, pourunefigure de la Vierge qui est au coin d'une rue, les engagea à demander au curé d'arrêter à un reposoir dans cet endroit ; le curé les refusa, et voulut avec raison suivre Tancien usage. Dans ce moment quelqu'un, ou par crédulité ou par intérêt, publia que la sainte Vierge avoit marque son mécontentement en changeant d'attitude et portant reiifant Jésus sur son autre bras. Il faut peu de chose pour mettre en mouvement une multitude qui croit sans examiner et qui s'imagine même avoir vu ce qui n'ja jamais été. Le bruit du prétendu miracle se répandit de tous côtés ; lelendemain il y avoit quatre ou cinq mille personnes vis-à-vis la figure de la sainte Vierge ; on y alluma Ijeaucoup de cierges. Cet enthousiasme dure encore 3 il a fait beaucoup de bien aux ciriers et épiciers
(I) C'étoil en 1725, '.>6 ou 27. La maladie étoit une perle de sang depuis pips de douze ou quinze ans. ( Noie du duc de luynes^ )
voisins, qui ont vendu une quantité immense de cierges et d'eau-de-vie.
La Reine^ qui est enrhumée, n'a pas soupé aujourd'hui au grand couvert, et par cette ndson il a été dans Tanti-
cliambre du Roi.
Du vendredi Versailles. — La Reine a pris médecine aujourd'hui et a dîné à trois heures et demie. Il y a une différence ces jours de médecine; c'est qu'il n'y a que les entrées qui font leur cour à la Reine pendant son dîner, au lien que les autres jours tout le monde entre.
Les affaires les plus sérieuses trouvent toujours des • gens qui s'en divertissent. Celles du Parlement ont donné occasion à renouveler une chanson qui avoit été faite, il y a plus de vingt ans, sur les avocats ; on a changé quelques termes pour l'appliquer au Parlement.
J'ai parlé ci-dessus de l'aventure du curé de Viroflay; elle n'est pas la seule dans ce genre, au moins peut-on en soupçonner deux autres. M. le duc de Duras a pris pour son ambassade un officier d'office ; cet officier demanda permission d'aller travailler à Crécy au dernier voyage du Roi; il partit de Paris dans la galiotte, descendit à Sèvres et prit son chemin pour venir à Versailles par Hontreuil, parce que c'est le plus court. H avoit donné rendez-vous à un de ses amis à Versailles pour continuer ensemble le voyage; on ne sait ce qu'il est devenu; son ami l'a attendu inutilement, on n'en a eu aucune nouvelle.
Une affaire plus extraordinaire et plus difficile à concevoir est ce qui vient d'arriver à un nommé Gauthier. J'ai parlédans mon journal de ITil» dessalines deRoaûères
qui sont entre Nancy et Saint-Nicolas. L'établissement de c^s salines est un objet très-considérable, mais il n'est pas aussi utile qu'on pourroit le désirer. La qualité de l'eau salée n'est qu'environ d'un degré, c'est-à-dire que 100 livres d'eau travaillée et épurée suivant le détail que j'ai écrit ne prpduisent qu'unelivrçdeseli Ces salines sont af«
fermées par les fermiers généraux à des sous-fermiers à qui ils donnent 29 livres par maid de sel. La consommatioii daa bob pour ces salines est. immense; on estime qa'jéUe monte à 50,000 cordes par an. Il y a peu de bois
dans cette partie de la Lorraine , et l'on craint avec raison qu'il ne vienne à manquer; c'est ce (|ui a déterminé les fermiers généraux à demander qu'il fût défendu aux particuliers de vendre leurs bois à d'autres qu'à eux; cette défense qui a été accordée liait grand tort aux pro* priétaires. Outre ces inconvénients, il y a une source d*eau douce près de erile d*eau salée , et Ton craint tonjonrs avec raison qu'elles ne communiqueiil. Eiiiiii les sousfermiers se trouvant eax-m<^mes de radministralion du bcùl, ils ont demandé aux fermiers généraux une augmentation de âO sols par muid, et 250,000 livres de dédommagement.
Le S' Gauthier,, instruit de tout ce détail, a formé un nouveau système : il est ingénieur; son père étoit médecin; c'est lui qui a trouvé le secret de rendre l'eau de la mer potable. Gauthier est un homme de trente-huit ans, dont la conduite est sage et les mœurs sans reproche ; il n'est adonné ni aux {Sternes, ni au jeu,, ni au vin ; il aime le travail et passe huit ou dix heures dans son cabinet; il ne sort que pour aller ohes M. le maréchal de Belle-Isle et chez M. Dupin, fermier général, qui est plus qu'un autre au fait des salines de Lorraine. L'un et l'autre estiment le S' Gauthier. Gauthier a observé qu'à une lieue de Marsal il y a une source salée; que la qualité de Tean y est de onae degrés, c'est-à-dire, comme je Tai expliqué, que 100 livres de cette eau font 11 livres de sel. 11 est vrai que Péloignement de cette source jusqu'à Rozières est de i20,000 toises. Outre la dépense nécessaire pour conduire Teau jusqu'à Uozières, il y en auroit encore une à faire pour élever cette eau ; tous ces inconvénients ont été prévus par le S' Gauthier ; il a formé son plan en conséquenoe , dans lequel il compte une dé-
JUIN ITmi. 4S
pense d'environ 200,000 écus; il a donné ce [nojet à examiner à M. le maréchal deBelle-Isle et à M. Dupin. M. de Belle-lsle après l'avoir examiné Ta cMnmuniqiié à M. le garde des. sceaux, et lui a proposé de charger six ou sept personnes différentes d'examiner séparément et oontradictoircment avec ledit S' Gauthier les différentes opérations dont il s'agissoit et les moyens d'y réussir, d'y envoyer même uu.de MM. de l'Académie des sciences. L'un des examinateurs nommés a été M. de Cormontaigne^ inr génieor établi en Lorraine, dont les talents sont connus, surtout dans cette partie.
roubliois de marquer les conditi^ms de la proposition. Au lieu de 50,000 cordes de bois, la consommation n'ira qu'iV 5,000 par an. Il ne demande point qu'il y ait actuellement aucune augmentation sur le prix du muid de sel; il sera toujours payé 29 sols par les fermiers généraux. A Tégard des dépenses qu'il est indispensable de fûre , lui et sa compagnie en feront les avances ; et il ne demande pour intérêt etdédommag^ement que de jonir des salines, pendant un nombre d'années dont on conviendra, au même prix du bail présent. L'examen de ce projet a été fait avec toute Texactitude possible. Tous les examinateurs Font approuvé, excepté celui qui a été nommé de l'Académie des sciences. 11 étoit question de laire voir que les sentiments réunis de tous dévoient l'emporter sur celui d'un seul; les choses étant en cetétat^ Gauthier a disparu tout d'un coup. Il a quelques dettes en Lorraine, mais toutes dettes acquittées, il a encore 200,000 livres de bien. U avoit un carrosse , un secrétaire et quelques domestiques. 11 y a environ huit ou dix jours, c* étoit peu- • dant le premier voyage de Grécy, il alla se promener aux Toileries avec son neveu, qui est aussi ingénieur et qui loge avec lui dans le faul)ourg Saint-Germain; ils se sépar^renf aux Tuileries; il s'en alla chez M. Dupin, dans la rue Pià-trière, et pria son neveu de lui envoyer son carrosse dans cette maison; Gauthier ne put voir M. Du-
pÎD, parce qu'il est malade; il resta peu dans la maison ; son carrosse n*éioit point arrivé, il faisoik beau : il prit le parti de s'en retoamer à pied ; le carrosse arriva peu de temps après ; il y avoit ordre de le renvoyer; il revint
en effet sans trouver son maître; ses gens Tattendirent inutilement toute la nuit , et on ne sait où il est.
M. de Belle-lsle, en arrivant de Crécy, accoutumé à voir tous les soirs le S' Gauthier, fut fortétonné de ne point entendre parler de lui. Cette même soirée ou le lendemain, un homme en redingotte vint à la porte de N. de Belle-Isle et y remit au suisse un billet, sans attendre , disant cju'il n'y avoit point de réponse. L'adresse de ce ]>illet est d'une mauvaise écriture ; il y a : A Monsieur de Helle-Isle, sans aucun titre. Le billet est écrit d'une grande écriture qui parolt être contrefaite; il ne contient que ces mots : «c Votre homme a la vie sauvée; pourvu qu*il tienne sa parole, elle lui sera conservée. » M. de Belle-Isle a instruit M. Berrier de cette aventure. M. Berrier i'ignoroit. Il lui a envoyé le l)illet anonyme; on a déjà fait beaucoup de recherches sans pouvoir rien découvrir (1).
(1) Le jour que M. Gauthier fut penlu en sortant de cliez M. Dupin, il trouv;» iiii homme de sa contjoissance qui lui avoil propose plusieurs entreprises qu'il n'avoit pas acceptées, parce qu'il n^avoit pas de tonds pour eo répondre. Cethoiniiie loi dit que comme U n'y avoit qoe oe motif qnl l'evoit arrêté, U avoit trois on quatre liomnes cbex loi des plos riches de Paris qoll lui nomma et dont il ne connoissolt pas la figura; qu'ils étoient chez lui et qu'ils offroicnt d'ôlre sa caution; que s'il voutoity entrer il leur parleroit un moment; il y consentit. On le fit monter à un troisième <*tage, et après s'être assis, l'un mit a sa droite, l'autre à sa gauche, un derrière, et le quatrième devant; ils le saisirent et le lièrent très-(ortenient; après quoi ils délil)érèrent * devant lui de ce qu'ils en feraient, s'ils le toeroient. Il leur dit : « Dans l'étitota je sois, Messiears, vous êtes les mettras ; mais ces crimes-là aerastent jamais impunis ; j'ai des amis et des protecteurs, sortont H. le maiéchal de Bflle-Iste, qui est vif et actif, et qui n'oubliera rien pour savoir ce que je suis devenu. Si c'est les projets que j'ai fait» qui vous déplaisent, je ne puis dans ma situation que vous donner ma parole d'honneur d'y renoncer, et si j'y uiauque, vous serex tui^ours à portée de vous saisir de moi comme vous venet de faira. » Après avoir délibéré mr cela, ils oonienlirant à le laisser «lier, mais en e%i|seant par sfrimml et \m i^arote d^honneur qo'il seroil vu
JUIN I7»a. 45
Le mariage deM. deLislebonne a%'ecM*'* de laFeuillade
se fit le mardi chez M'"*" de laFeuilkiclc, ci le lendemain la noce fui chez M. le duc d'Harcourt, où il y eut musique et un très-graudet très- bon souper. Ils étoient vingtdeux à table, et outre cela M. de Lambert et M"* de Beuvron, qui ne soupèrent point. C'est M. Févèque de Garcas» sonne qui a fait lé mariage.
Le Coypel mourut à Paris, le 14, âgé de cinquantehuit ans. Il étoit premier peintre du Koi dej)uis la mort de Lemoine, directeur et recteur de T Académie royale de peinture et de sculpture. Quoiqu^il fût regardé comme fort habile, on désapprouvoit beaucoup son coloris. Coypel étoit fort honnête homme ; il avoit d'autres talents que la peinture ; il faisoit des vers ; il a composé plusieurs pièces de théâtre, dont quelques-unes sont sans fard et sans amour, qui cependant ont réussi. 11 étoit malade; CD lui avoit ordonné du carabé, on se trompa dans la dose; celle que Ton envoya de chez l'apothicaire parut
an !«ans parottre. Il ne refusa aucun des engagements qu'on lui deniandoit , et et ilH le laUsèreut aller. 11 tut au bout du faubourg Saint- Antoine daos une pctiteaoiiorgp oji.tt elmigei d'habits et m d^iaa le mieox qu'il put De CenoiM ea temps il prenoit l'air dtos les lieox écartés; il Tîi an homme qoi le snivoil, qui entra dans son auberge et qui hii dit : « Bonjour, Monsieur Gantliier; je suis bien aise de vous voir. » CcIa le persuada quM étoit suivi |)ar les gens qui l'avoirnl arrêté. Quand riionime fut sorti il alla cliez uu menuisier se proposer pour apprenti, et fui accepte. II y vit un vicaire de Sainte-Mai gucrile, qui lui parut un bunnéte liuuune auquel il pouvoit prendre cooliance; il lui confia son histoire en le priant d'aller trouver M. le maréchal de Belle-Isie et de loi demander d'obtenir un ordre pour qnll fÙt mis à la Bastille pour être en sûreié pendant qn'on suivroit sonaflairey ce que M. le onaréchal de Belle-Isie a oblenu aisément; mais auparavant II mena le vicaire chez M. Herrier, et sur les indications qu'il a donni5es on a arrôlé l'hornine qui avoit arrêté le S*^ Gauthier au sortir de ciie/M. Dupiii. On dit (pie «"est un très-mauvais sujet, innis heaufrère d'un homme qui a quelque place ici; et c'est pour cela qu'un ne le Vfut pas nommer. Le S' Gauthier est à la Bastille. Il y a des détails incroyables dans aon aventore, mais on ne les dit ppint. (Not$ du dwo de ^nynei, datée do 9 juillet 1752.)
On est sur les vo:es pour découvrir les auteurs de l'aventure du S' Gauthier; mais sa réputation e t bien rétablie et le scellé est levé chCK sa femme à Nancy, (rnote, datée du 21 juillet l7à2, Compiègoc.;
si cunsuyralile qiron ne lui en doiiiui que le tiers ; je crois que c'étoil une once au lieu d'uu gros; ce tiers d'once a su£ii pour le tuer.
MM. les gens du Roi vinrent hier ici tous quatre ; ils y étoient déjà venus avant le premier voyage de Grécy, et le Roi leur avoit ord(»iné de lui rapporter les procédures faites contre les curés de loigny et d'Abbeville, même contre M. l'évèque (V Amiens, h. l'occasion des refus de sacrements. Us vinrent rendre compte hier au Kui «le Texécution de ses ordres^ et le Roi leur dit en ces termes qu'il défendoit à son pariement de suivre- ces affaires : a J'ai examiné en mon conseil les informations que vous m'avcE remises de la part de mon parlement. Tous lui direz que mon intention est qu'il soit sursis à la procédure de l'affaire. O^c, pénétré plus que jamais de l'importance de la matière, je ferai en sorte de maiAteuir la paix et la tranquillité. »
M. rarchevéque de Paris vint ici hier; il vit le Roi à son lever ; il eut outre cela une audience de S. M. Taprôsdinée.
M. le cardinal de la Roche ioucauld eut aussi une audience du Roi.
M. le comte de Sponheim (le duc dés Deux-Ponts) a eu aujourd'hui audience particulière; il part pour retourner chez lui ; il compte revenir ici cet hiver.
La première assemblée de la commission doit être demain samedi.
Du dimmiche 18. — Le renouvellement chez Mesdames les deux aînées^ pour ce qui regarde la chambre, et qui est par conséquent ordonné par la dame d'honneur ^ doit se faire incessamment. Il a été question de savoir à qui de M"*" la maréchale de Duras ou de M*' de Beauyillien? appartient le retour du dernier renouvellement. M""' de Beauvilliers est venue consulter M""' de Luvnes. M""" de Luynes lui .« dit qu'au premier renouvellement qui fut lait depuis qu'elle est dame d'houneur de la Heine,
elle écrivit à M"* la maréchale de Bouttlers pour lui demander quelles étoient ses intentions; que M"**^ de Bouf- 11ers lui fit réponse qu'elle ne vouloit ui ne prétendoii rien; elle ajouta môme à M*"' de Luynes quelques observations sur ce qu'elle avoit coutume de donner aux femmes de chambre de la Reine, sur ce qui lui revenoit. On en trouvera le détail dans mes Mémoires. M"" de Luynes a conseillé à M"* de Beauvilliers de parler de ce renouvellement à M. de Saint-Florentin. Elle a suivi ce conseil; M. de Saint-Florentin a dit qu'il étoit nécessaire qu'il en rendit compte au Roi. M"* la maréchale de Duras n'a pas jugé à propos qu'il fiasse cette démarche, et Ta prié de nommer quelqu'un pour décider cette afiaire, 11 a choisi M. Hesnard, qui a décidé que tout devoit revenir à H"* de DuraSj parce que c'est elle qui a fait fournir ce renouvellement; il se fait tous les trois ans. Il y a dix-huit mois que M""" de Beauvilliers est dame d'honneur de Mesdames.
Du mardi 20, Versailles. — U y a eu aujourd'hui une députation du Clergé au Roi^ c'esi-Ârdire des évèquesqui sont à Paris (ilssont vingt-deux) et qui ont signé la requête à S. M. dont j'ai parlé. Le jour que le Roi voudrait reeevoir cette députation a été demandé par les agents du Clerf- é (M. l'abbé Coriolis et M. l'abbé de Castries), et ils .s'adressèrent À M. de Saint-Florentin, qui a le département du Clergé ; il en rendit compte au Roi. S. M. approuva cette députation j et jugea à propos qu'elle ne fût composée que de trois évéques. Sur cette réponse, rassemblée a représenté au Roi quMls ne trouvoient point dans leurs registres de d«''pulation qui lût de moins d(" quatre , deux archevéques'et deux év(H|ues. M. l'ancien évrque de Mirepoix en parla au Uoi. Le Hoi a eu égard à cette représentation. Les députés ont été choisis par rang d'an cieuneté : M. Farchevèque d'Aix (Branoas), M. l'archevêque de Sens (€ergy), mon frère, évèque de Rayeux, et M. Tévèque de Langres (Montmorin).
Dans le premier projet de cette députation, on croyoit
48 M£MOiaiùS OU DUC DL LUYISES. ^
que ce seroii M. l'archevêque de Paris qui en seroît le
chef ; mais comme dans les deux lettres qu'il s'agissoit de remettre au lioi il y en a une par laquelle le Clergé demande réparation à S. M. de l'insulte faite personnellement à M. rarchevè(|ue par le Parlement^ on a jugé à propos que M. Tarchevécjue ne parût point dans la députatioo. Ensuite on avoit jeté les yeux sur M. Févèque de M&con (Valras) ; apparemment que c'étoit dans le cas qa*il n'y auroit point d'archevêques ; enfin ayant obtenu la permission du Uoi, on a jeté les yeux sur les quatre cidessus uoiiunés par rang d'ancienneté. Les agents sont venus trouver M. de Saint-Florentin^ et ont dit qu'ils alloient demander Theure à M. le duc de Fleury^ premier gentilhomme de la chambre en année. Le Roi a donné à deux heures.et demie , au sortir du conseil des finances. Les conseillers de ce conseil sont tous restés dans le cabinet après la fin du conseil. Les quatre prélats sont entrés dans le cabinet, conduits par M. le duc de Fleury etM. de Saint-Florentin^ et précédés par les agents. M. Tarchevéque d'Aix a fait un petit discours au Roi, fort court et du ton ordinaire de conversation, et non de harangue» à la fin duquel il a ajouté à peu près en ces termes : « Sire, les prélats qui se trouvent à Paris pour différentes affaires osent représenter à Voire Majesté la douleur où ils sont de voir plusieurs de leurs confrères dans l'épiscopat privés par les ordres de Votre Majesté de la consolation de venir quelquefois lui renouveler les assurances de leurs tendres et respectueux hommages. » Les prélats assemblés à Paris ont cru qu^ayant rarement des occasions de parler au Koi, ils ne dévoient point laisser échapper celle-ci de dire un mot sur les évéques qui paroissent avoir encouru la disgrâce de S. M. Si je ne rapporte pas exactement ces dernières paroles de M. rarchevéque d'Aix» je croisquvil y a peu de différence; il me les a répétées lui-même trois fois. Après le discours, H. l'archevêque d'Aix a remis au Roi les deux lettres. J'ai déjà marqué le sujet d'une de
JUIN ITMI. 49
•■ts lettres; un ne dit le contenu d'aucune ; mais il y a lieu de croire que Tautre est au sujet du refus des sacre* meuts et pour demander que le Roi veuille bien casser rarrètdu Parlement. Les évéques unanimement observent le plus grand secret (1). Le Roi a répondu qu'il veilleroiiàla conservation de la religion et de la tranquillité publique. M. de Saint-Florentin a paru un peu peiné de ce que Messieurs du Clergé ne s'étoient pas adressés -X lui pour le quatrième député; ils lui ont dit que la décision étant pressée^ et craignant que M. de Saint-Florentin ne fût point à Versailles^ ils s^étoîent adressés ù M. Tévéque de Hirepoix.
Il y a eu aujourd'hui deux audiences particulières ; Pune est au petit prince d'Anhalt-Zerbst pour prendre congé, et l'autre ;Y M. de Kaunitz, qui est venu au nom de l'Empereur et de Tlmpératrice prier le Roi et la Reine de vouloir bien tenir Tenfant dont Tlmpératrice est préfp d'accoucher.
M. de Goôsbriant mourut avant-hier à Paris. Il étoit âgé de cinquante-sept ans; il y avoit longtemps (pi'il étoit malade. Il avoit eu du vivant de M. son père la survivance du gouvernement du château du Taureau, en Bretagne. Ce gouvernement^ qui vaut au moins 6,000 livres^ rapportoit peu de chose du temps de M, de Goesbriantle père, parce qu'il étoit chargé de l'entretien d'une ancienne compagnie franche créée depuis environ cent cinquante ans, et qui avoit le rang du régiment de Picardie. Celte compagnie qui avoit un uniforme gris-blanc, boutons de cuivre, doubles poches en long, des boutonnières en patte d'oie, un large bord d'or au chapeau et des cocardes couleur de feu, étoit de quarante hommes en temps de paix et de cinquante-cinq en temps de guerre ; elle avoit pour capitaine le gouverneur, un lieutenant et uu sous-lieutenant; elle a 4té supprimée depuis sept ou
(I) Voff. i l*Ap|iew)iee à l'année 1753 les pièces a** ii et 13.
T. xil. 4
huit ans, e1 on y aenvovf^ une compagnie d'invalides qui n'est point à la charge du gouverneur. Grand nombre de militaires demandent ce gouvernement.
Le Roi revint hier, après souper, de Ghoisy, avec M. le Dauphin et Mesdames. M. le Dauphin y avoit été dîner avec Madame Adélaïde. Mesdames les trois cadettes y allèrent aussi, mais dans leur carrosse^, parce qu'étantcinq, les dames d'honneur n'auroient pas pu monter dans le carrosse.
M** laDauphine n'a pas été à Ghoisy ; on a jugé à propos qu^ellene montât point en carrosse.
Du stamedi Vêr$mlles, — M"^ de Chaulnes a obtenu
depuis peu la résignation du prieuré de Lyons près d'Amiens de M. l'abbé Ozanani. à fpii M. le biiilli de Mesmes 1 avoit résig né. C'est pour M. l'abbé de Boîsemont, grand ' vicaire de Rouen, fameux prédicateur. Ce prieuré vaut 15 ou 18,000 livres de. rente. Le résignateur se réserve une pension de 6,000 livres. C'est l'abbé de Gluny (M. le cardinal de la Rochefoueanld) qui nomme à ce prieuré ; il a donné son consentement. Il n'y a que quatre ou cinq religieux dans ( otte maison ; ce sont des Bernardins.
J'ai appris depuis (|uelques jours que M. le comte de Brionne achète le duché d'Ëlbeuf. M. de Brionne étant appelé au dudié étoit toujours en droit de le racheter à la mort de M. d'Elbeuf; ce qui Va, déterminé à- faire cet arrangement dès à présent, c'est qu'il a su que M. d'Ëlbeuf laisoit des démembrements de ce duché, ayant déjà vendu le château à un particulier de Rouen et quelques autres domaines. Il auroit pu trouver quelque opposition dans ses arrangements de la part de M"' d'Ëlbeuf (du Plessis-Bellière) ; mais elle s'est prêtée avec noblesse et générosité à tout ce qui a convenu à M. de Brionne. Ce ducbé vaut 4.5,000 livres de rente. M. de Brionne en laisse la jouissance À M. d Elbeut sa vie durant; il lui donne 58,000 livres d'argent comptant et 7,000 livres de pension viagère. Il se charge encore de quelques autres
JUIN im. SI
rentes et pensions assignées sur le duché, etapr^s la mort de M. d'Ëlbeut il payera 650^000 livres de ses dettes.
J'ai reçu les nouvelles ci-après de ce qui s'est passé au Parlement le mardi 20 de oe mois. Les chambres se sonf assemblées, et ont renvoyé au 30 de ce mois tout ce çpii avoit été remis au 16 et au 20 de ce mois , parce que les officiers de province chargés de rexécution des arrêts du Parlement n'avoient pu les exécuter pour le temps que le Parlement avoit indiqué.
On a déclaré nul un procès-verbal de perquisition du curé de Ghanozes, parce que le décret en vertu duquel se faisoit ladite perquisition, et qui étoit du 0 de ce mois, avoit été daté du 2 dans ledit procès- verbal.
On a en outre ordonné que la contumace commencée contre le curé de Saint-ThibauU de Joigny seroii continuée. Et il a été ordonné un sursis quant ù présent à Tégard de l'affaire d'ÂbbeviUe, dans laquelle l'évèque d'A* miens paroissoit impliqué. Le curé de Looze a commencé ce matin son interrogatoire ; c'est H. Tabbé du Troussât d'Héricourt qui l'interroge. Mon fils manda de Trianon à M"" de Luynes, le 21, qu'on y parloit publiquement de la permission donnée par le Roi à M. de Maurepas de sortir de Bourges et de venir au Piessis auprès deDammar tin, à huit ou ôa. lieuesde Paris ; cette maison està M"" de - Pontchartrain, sa l)elle-mère.
M"* de Maurepas, qui étoit venue àParis aux concbes de M"* d'Agénois, en repartit le 29 pour allerà Clichy près Paris, chez de Pontchartrain (Verderonne), sa bellemère, qui occupe une maison qu'on lui a prêtée. M. de Maurepas y arriva la nuit de ce même jour^ sans s'être arrêté dans Paris, et alla le 30 au Piessis; il a été obligé de passer par Paris, en revenant de Bourges, mais il y a passé la nuit, et n'a point voulu qu'aucun de ses amis se trouvât sur son chemin de Clichy au Piessis sous quelque prétexte que ce pût être.
Le Roi revint hier de Trianon. Aujourd hui, jour d«;
la Suiiit-Jeuii, il u eiileudu les v<'[)res; seulement il part demain pour Bellevue^ jeudi pour la MeuUe, et samedi pour Gompiègue. .
La Reine alla mercredi dernier dîner à Puteaux, dans la maison que M. le duc de Penthièvre a achetée de M. le duç de Gramont. KUc est sur le bord de la rivière; le jardin est assez grand et parfaitement bien planté , inùnie assez orné; il y a sur la droite un petit bois couvert, fort joli, enfermé de treillage, et qui forme deux jardins particuliers. Il y a encore un troisième jardin particulier sur le même côté de la maison. Au bout du jardin , en terrasse^ est un potager de quatre arpents , entouré de murailles et de grilles, et dont le terrain est un peu plus lias (jue le jardin. La maison est assez belle pour ce qu'elle contient; elle est double; an vestibule sur le double, un salon. A gauche de ces deux pièces , une grande galerie qui donne sur la terrasse, et qui est belle et agréable ; à droite du vestibule, une grande salle à manger, sur le double de laquelle est uii usî-ez bel appartement, (l'es! tout ce qu'il y a en bas. Cet appartement est celui de M™' de Penthièvre; cependant M""" la comtesse de Toulouse loge aussi en bas, mais son logement n^estocmiposé que de deux pièces, qui sont naturellement les garde* robes du grand appartement. M. de Penthièvre loge dans des entre-sols au-dessus de ce petit appartement de M"*" la comtesse de Toulouse. 11 v a sur le retour un Toit bel escalier ; en baut, un corridor.
La Heine, après le dîner, se promena quelque temps « ensuite joua à cavagnole. A six heures, elle alla faire une plus grande promenade. Elle eut curiosité d'aller voir la maison de M. disenghien ÀSuresne. Les jardins se touchent, ils Mest)nt séparés que par des ruelles. Cette maison de M. d'Isenghien est celle qui a été à M. Silvaiii, ensuite à M . deChaulnes, après à M'"*' de Sessac, qui la vendit À M. de Vougny; elle a été achetée depuis par M. d'Isençhien. Le potager de M. d^lsenghien est séparé du jar-
din par une ruelle^et il est séparé par une autre ruelle du jardin d'une, maison anciennement appartenant à M"** de Flanianvilie, que feu M. de Cbanlnes acheta^ et depuis feu de Daogeau. H . de Ghaulnes irouloit avoir cette ruelle ; • il fit des démarches de politesse auprès de M. le maréehdl de Gramont (cette ruelle s'étendant jusqu'au jardin de M. de Gramont); elles ne réussirent point. Il y eut uu procès, et procès assez vif et long^ et M. de Ghaulnes ne put obtenir la ruelle qu'il dësiroit.
La maison de Puteanx^ suivant le plan qu'avoit fait M. de Gramont, n'est que le tiers de ce qu'il vouloit faire. M. de Penthièvre m'en a montré le plan. Il de voit y avoir une îivant-cour avec un bâtiment de chaque côté , une ailepareilleàcellequi existe aujourd'hui et un grand corps de logis pour communiquer de l'un à l'autre; ce corps de logis auroit été fort différent de celui que M. de Gramont avoit bâti en attendant, et dans lequel est la porte d'entrée.
Il devoit y avoir aujourd'hui deux présentations : M""' de Belestat (Chàteaurenaud) ; elle se trouva mal hier; elle a été saignée du pied. La seconde est M'"^ de Lislebonne (La Feuillade) ; elle a été présentée par M*^ de Beuvron (Rouillé), sa belle-sœur ; elle est fort grande , et d'une figure agréable. M. de la Feuillade, père de M"* de Lislebonne, mort la nuit du 9 au 10 juin 1735, à Cavallara près Guastalla, âgé de vingt-sept ou vingt-huit ans, étoit l'héritier du maréchal de la Feuillade, qui avoit épousé M"*' de Chamillart, dont il n'eut point d'enfants. Le père du maréchal de la Feuillade s'appeloitaussi le maréchal de la Feuillade. llétoit fort attaché àM"« Prudhomme, fille de beaucoup d'esprit^ que l'on croyoitmème qu'il avoit épousée secrètement; quoi qu'il en fût, elle voulut qu'il épousât l'héritière de la maison de Roauuez, qui lui apporta de grands biens.
U y a déjà longtemps qu'il est décidé que M. de Paulmy ira faire une tournée dans le Dauphiné, la Provence, les
54 MÉMOiKËS DU DUC LUYMËS.
CMes, le LAngoedoc^ le RouBsillon, les Pyrénées ^ la Guyenne et la Gascogne. Il doit y voir les places et plusieurs régiments. Il part avec M. de Voyer, M. de Maillebois^ son beau-irèrej et M. de Moufceil. Il devoit partir le 10 dejuin, commencer par Lyon, GrenoblOi et revenir par, Tottlonse. Il devoit être le 13 juin à Lyon et être revenu le 13 août; Son voyage a été retardé d*un mois. Quelque ingénieur, pour faire sa cour à M. d'Argenson , a donné à M. de Paulmy une espèce de carte portative où son instruction est marquée, et sur partie de cette carte un petit tableau où sont marqués ses jours de marche et de séjour, et tout autour des médaillons où on a marqué tontes les cartes dont il a besoin pour ce voyage.
Du dimanehe 35, VenailUi. — Le Rm a travaillé aujourd^hai avec H. l'ancien évéque de Mirepoix et a nommé à plusieurs bénéfices vacants, entre autres au prieuré de Saint-ïhomas d'Épernon (1), diocèse de CharU-es. Ce prieuré a été donné à M. Tabbé de Caraman (2); il vaut i,300 livres de rente. Il est assujetti à des usages assez singuliers ; il tire son principal revenu de la terre de Montorgueil. Cette terre appartient à H. le duo de Penthièvre. Le prieur (3) est tenu d'aller tous les ans se présenter à Montorgueil, où il y a deux pierres, à quelque distance L'une de l'autre. Le receveur est en bottes fortes avec des
(1) 11^ autrefois possédé par des-BMiioUiM, et alofs é^éloit ua fettgieox qui rendoit la foi et bominase sirivaDl qu'elle ra ètfe expUquéer {Note du due dê Luffnei, )
(?) Le premier prieur cotnmandataire a été M. de Valras, évèque de Màcon. Il donna sa démission, et M. le comte de Clerrnont, comme abb«> de Marmoutiers, nomma l'abbé d'Esclignac ; il s'en (icmit en épousanl Ml^^ de SebbevilJe, et le Koi ayant réuni Marmoutiers a rarchevtkhé de Tours, en se réservant les nomlnatioiis dMtJoQittoit celte abbaye, a nommé l'abbé de Carâman , chanoine de Noire-Dame. Ce prienid a la BoaiîaalHNi à neuf corea et droit de chasse sur quatre paroisaes dont il eat haut justicier. (Note du duc de iMijnes.)
' 3) Ou son receveur pour lui, lo lundi des ffttes de Pâques, entre neuf et dix tieures du matin, après ia luesse. (i\ote du due de Lupnei.)
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éperons; il faut qu'il soit monté sur uii cheval pie, au col duquel est atiadhée une nappe qne le receveur tient devant loi y dans laquelle il tient dans ses bras un gàleau qui doit peser 3S on 33 livres. Il est composé de 6 douzaines
d'œufs , la fleur d'un minot de farine et io livres de beurre. Le cheval doit avoir les quatre pieds blancs, sellé d^uoe selle à piquer; du côté droit une bouteille ^ ou flacon carré, garni d^osier^ tenant trois chopines^ rempli de vin et bouché avec de la filasse, pendu à l'arçon de la selle. Le receveur doit avoir des g;ants blanc», une couronne sur la tète et une sur son gâteau, et une espèce de guirlande en bandoulière ; ces trois ornements composés de fleurs et l'eu il les de pervenche , qui est une espèce de lierre. 11 a à sa droite et à sa gauche un homme à pied, de chaque c6té ; Tun est un sellier et l'autre un maréchal. Dans cet équipage, il avance à la première pierre dont j?ai parlé, et là il crie à haute voix : « Monseigneur de Montorgueil est- il ici?i» On ne lui répond rien ; il avance trois pas et répète la même demande ; on ne répond rien; enfin il avance trois autres pas, et se trouve à la deuxième pierre, et demande une troisième fois. On lui répond : «i Non, mais c'est l'officier. » La justice de Rambouillet, qui est celle de Montorgueil, se trouve en corps auprès de la seconde pierre; le procureur iiscal qui comparoit au nom du seigneur est à gauche, un sellier et un maréchal avec leurs tabliers f-t leurs outils, de même que ceux qui accompagnent le receveur. D'abord ces deux ouvriers avec le procureur fiscal examinent lo cheval, jusqu'à ses fers, la selle, la bouteilleet ioutréquipage; s'il mànquoit un clou seulement, le cheval et l'équipage seroient confisqués, et le receveur condamné à une amende arbitraire. Le cas arriva il va environ soixante ans, et le cheval tout équipé lut vendu 15 livres 10 sols. Il y a ordinairement deux ou trois cents personnes assemblées par curiosité pour voir cette cérémonie. Lorsque le procureur fiscal a répondu, comme je l'ai dit,
&ê MÉMOIRES DU DUC DË LUYNES.
il dit au receveur d'avancer Irois pas. Alors le receveur dit à haute voix : « Je viens fondé de la procura tioQ
de (et il dit les titres et noms de baptême du prieur)^
prieur de Saiot-Thomafi d'Ëpernon, prêter la foi et hommage qu'irdoit à pareil jour, lieu etheure^ etenTéquîp-àge où je SUIS; et j'en demande acte. » Le procureur fiscal proteste que le prieur doit être en personne (cela pourroit bien 61 re vrai ; mais il faudroit que le seigneur y fût aussi en personne ; on n'en parle point). Le receveur proteste aussi de son côté» et il est dressé acte des deux protestations. Alors tout étant en r^le, le receveur remet le gâteau aux officiers; il est porté au gouvernement à Rambouillet^ où on en fait la distribution. La bouteille de vin est pour le garde-chasse de la faisanderie de Rambouillet, qui se trouve là, et qui après avoir bu le vin revend la bouteille 24 sols au receveur pour une autre année. Ces usages ont au moins deux cents ans d'ancienneté, et je sais tout le détail du receveur du prieuré.
J*ai appris en même temps une autre anecdote, qui n'est pas moins singulière. Un couvent de Bénédictins aux environs de la Roche-Guyon a droit de prendre son chauffage dans la forêt la plus proche de ce château. Les religieux font venir ce bois par bateaux sur la rivière, et en passant devant le château de la Roche-Guyon, le ba* teau s'arrête, et pour tout droit un religieux de ce cmivent est obligé de tourner autour du bateau jouant du flageolet. Les religieux ont grand soin que toute leur provision soit ensemble dans ce moment en différents bateaux, car le jeu de flageolet suffît pour tous, au lieu quMl faudroit recommencer s'ils venoient en détail. Ils ont demandé à H. de la Rochefoucauld, seigneur de la Roche- Guyon, de les dispenser de cette cérémonie ; il leur a dit qu'il y consentoit, pourvu <|ii'ils payassent les droits; ils ont mieux aimé continuer à jouer du flageolet .
L'abbé du Barail, aumônier du Roi et neveu de M. le cardinal Tencin, a un frère à qui le Roi vient de donner
l'ëvéché de Castres vacant par la mort de M. de Saint- Jal.
Du lundi 26. — J*ai déjà marqué plusieurs faits concernant les entreprises du Parlement sur la juridiction épiscopale. On peut bien s'attendre qu*il y en aura encore beaucoup d'autres ; mais le parlement de Paris n'est
pas le seul qui fasse ces entreprises. Il en arriva une à Aix il y a quelque temps. L*archevèque est fort zélé pour la bonne doctrine^ et par conséquent fort mal avec le Parlement. Un curé de la ville d'Aix, de sentiments sus* pects^ avoit été appelé auprès d'un malade ?ïonnu pour janséniste; le maùde mourut et fut enterré. Quelques joura après, on voulut lui faire un service ; le curé avertitles prêtres qui dévoient y assister; ces prêtres, bons catholiques, refusèrent de s*y trouver, ce qui pourroit bien être regardé^comme un zèle indiscret; mais ce qui Test encore davantage, c'est que Tafifaire portée au parlement d'Aix , il intervint arrêt qui ordonna aux grands vicaires d*Aix, en l'absence de l'archevêque, de faire trouver le nombre suffisant de prêtres pour le jour que ce service de voit être fait.
Du mardi 27, VersaiUes, — M. de Zurlauben^ lieutenant général^ a fait son remerciment pour une pension de 1^000 écbs que le Aoi lui a donnée.
Du vendredi ZO, VenaUlei. — Nous vîmes hier ici le Parlement qui vint pour prendre congé du Roi-; tout se passa assez froidement. Le Clergé étoit venu aussi pour prendre congé; ils se trouvèrent les uns et les autres au lever du Roi. Le Roi parla aux évéques à sou prie-Dieu, et ne dit rien au premier président ni à aucun de iiessieurs du Parlement. La députation du Parlement étoit composée de MM. le premier président, les présidents Molé, de Moi vaux, de Maupeou, de Rosambo et deNovion ; M. le lieutenant civil y étoit aussi. Ce qui fut excellent , ce fut le moment où l'arclievêque et le Parlement se trouvèrent dans le grand cabinet avant la chambre de la
Heine ; chacun de Messieurs du Parlement en particulier avoit quelque renierclment personnel et quelque prière à faire à M. l'archevêque , de sorte qu'ils rentourèrent tous aveo politesse et Tair de la plus grande union. Aussi disoiV-il en plaisantant que tout étoit fini.