LIVRE XV. — CORRESPONDANCE
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
< Paris, le 10 juillet 1811.
« L’Empereur, monsieur le duc de Raguse, me charge de vous parler de vos relations avec le roi.
« Les provinces de Tolède, d’Avila et de Talavera étant distraites de l'armée du Centre, pour vous servir à en tirer les contributions et les autres ressources nécessaires aux besoins de votre armée,
vous devez vous entendre avec le roi et lui adresser l’état des contributions et des objets de toute espèce que vous emploierez pour votre armée. Vous lui en ferez connaître l’emploi et vous m’enverrez les mêmes comptes.
« Les agents du roi doivent continuer leurs fonctions, la justice doit être rendue au nom de Sa Ma-
jesté Catholique; les agents de l’administration et les membres du clergé seront nommés par elle. Vous devez rendre compte au roi des opérations administratives, y mettre le plus grand ordre, de manière à ce que les agents espagnols aient la conviction qu’il n’y a rien de soustrait dans les deniers publics. Correspondez avec le roi sur les événements militaire? afin qu’au besoin il puisse vous soutenir avec ce qu’il aura de disponible. De son côté, Sa Majesté Catholique vous fera connaître ce qui pourra vous intéresser.
lySl MÉMOIRES DU DUC DE'RAGUSE.
« L’Empereur, monsieur le duc, désire que le roi aille passer la revue de votre armée; cela l’intéressera davantage pour subvenir à vos besoins. Sa Majesté Catholique aura les honneurs du commandement, mais c’est vous, monsieur le maréchal, qui commandez et qui répondez à l’Empereur des événements. Vous sentirez assez tous les avantages que vous retirerez de ce que le roi soit bien accueilli à votie armée; cela fera un bon effet moral parmi les Espagnols et portera Sa Majesté à vous seconder de tous ses moyens pour contribuer à vos succès. ».
l.E MAJOR GÉNÉRAI, AU MARÉCHAL MARMO.NT.
« 10 juillet 1811.
« L Empereur, monsieur le duc, après avoir lu vos dernières dépêches, me charge de vous faire connaître qu’une division ne suffit pas à Truxillo, qu il faut deux divisions, votre cavalerie et quinze pièces de canon. \ous donnerez le commandement de ce corps, soit au général llegnier, soit au général Monlbrun. Vous devez tirer des vivres de Merida et Medellin, et ne pas laisser l’ennemi s’y établir. Aous vous tiendrez en correspondance immédiate avec Rodrigo et le cinquième corps d’armée. Le reste de votre armée doit se placer à Almaraz. Talavera, Placencia et sur les rives du Tage. pourse reposer et être en position de se réunir prom|»-