‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 11 sur 268 · LIVRE XV. — 1811— i8is · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — 1811— i8is

mille neuf cent quarante-deux chevaux et mille dix-neuf voitures de toute espèce.

Les instructions données à Masséna furent de menacer le Portugal et de préparer son iuvasion en s’emparant de Rodrigo, Astorga et Almeida; de tenir en échec l’armée anglaise sur la Coa, et de la suivre dans le cas où elle passerait sur la rive gauche du Tage et irait se joindre à la deuxième division, détachée sous Elvas. Pour remplir la première partie de ces instructions, Masséna lit assiéger Astorga par le huitième corps. Cette place se rendit. Les Espagnols insurgés furent rejetés en Galice, et ce débouché se trouva observé et gardé. Le sixième corps fit le siège de Rodrigo. Cette place capitula le 10 juillet, après vingt-cinq jours de tranchée ouverte et seize jours de feu. L’armée anglaise, qui était en présence, campée sur la Coa, n’osa pas tenter de la secourir. \près avoir réparé Rodrigo et disposé l’équipage d’artillerie pour un nouveau siège,

» l’armée française se porta sur Almeida. Les Anglais prirent position en arrière, et la tranchée s’ouvrit contre cette place. Après deux jours de feu, l’explosion du magasin à poudre ayant désorganisé sa défense, elle capitula. L’armée française en prit possession le 27 août. L’armée anglaise, qui, pendant le siège, était restée à portée, fit, après la reddition, sa retraite sur Celorico.

Le même jour, 15 septembre, le sixième corps

se mettait en mouvement pour se porter également sur Celorico, et, le 10, le huitième corps, suivi de la cavalerie de réserve, passait la Coa pour se porter surPinell et suivre le mouvement général. Pendant ce temps, le deuxième corps, fort de quinze mille hommes, s’était réuni à l’armée. L’ennemi, à l’approche de l’armée française, fit sa retraite sans combattre; il se dirigea sur Viseu et Coïmbre. Sur cette route, lorsqu’on a traversé la montagne d’Alcoba, on trouve, à quelques lieues de distance, le chemin barré par la montagne de Busaco, montagne ardue, escarpée par sa droite et d'une grande hauteur, et contre-fort de la montagne d’Alcoba. Le 16 septembre, on y rencontra l’armée anglaise. Cette position menaçante étant mal reconnue, on ignora les circonstances qui en diminuaient la force. Or cet escarpement de la partie méridionale de la montagne au-dessus duquel la droite de l’armée anglaise était postée se continue un certain temps sur son front, puis il diminue et finit par disparaître, la gauche de la montagne se liant par d’autres contre-forts avec l’Alcoba, et le vallon s’élevant insensiblement et aboutissant à un plateau, qui se trouve de niveau avec la montagne même de Busaco, sur laquelle l’armée anglaise était postée. Cette position n’avait donc qu’une force apparente, puisque le plus léger mouvement de flanc, fait à «droite, tournait toutes les difficultés et faisait arriver

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