‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 12 sur 268 · LIVRE XV. — 18 U- 18 U · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — 18 U- 18 U

sur l’ennemi sans rencontrer ni escarpement, ni obstacle.

L’Empereur avait ordonné d’attaquer franchement les Anglais, et de profiter de la supériorité numérique de l’armée française pour les détruire; mais il n’avait sans doute pas ordonné de les attaquer dans une position qui, par sa force, rétablissait et au delà l’équilibre entre les deux armées, et donnait même une supériorité évidente à l’ennemi. Ce fut cependant cette position, telle qu’elle se présentait au premier aperçu, que Masséna se décida à attaquer le 27 septembre, sans l’avoir reconnue, sans l’avoir étudiée, et sans s’être informé des moyens d’éviter les grandes difficultés qu’elle présentait. '

Le général Regnier fut chargé, avec le deuxième corps d’armée qu’il commandait, de l’attaque de gauche, attaque principale et précisément dans le lieu le plus escarpé et le plus fort. La division Merle, formée en colonnes serrées par division, et précédée d’une nuée de tirailleurs, gravit cette montagne : son point de départ était à djroite de la Venta de San Antonio; le 51' léger, faisant partie de la deuxième division, commandée par le général Heudclet, la flanquait à gauche : il était soutenu par une brigade de la deuxième division, commandée par le général Foy. Le sixième corps, placé à droite du deuxième, devait soutenir son attaque,

et y concourir aussitôt que le deuxième serait arrivé sur la hauteur, et le huitième corps était eu réserve. L’artillerie des deuxième et sixième corps, placée sur le revers des montagnes opposées, battait le flanc de la montagne de Busaco, et devait protéger la retraite des troupes françaises si elles étaient repoussées. Ainsi l’armée française, trèsforte en cavalerie, allait combattre sur un champ de bataille où pas un seul cheval ne pouvait se trouver. Elle était très-forte en artillerie, et son artillerie ne pourrait plus servir, quand nos troupes, arrivées sur le plateau, rencontreraient les masses de l'ennemi toutes formées, fraîches, et disposées pour combattre.

Les troupes du deuxième corps s’ébranlèrent, repoussèrent les tirailleurs ennemis qu’elles trouvèrent au milieu de la montagne, et, après une marche dont les difficultés ne peuvent s'exprimer, au mi- lieu des rochers et des arbustes qu’il fallait traverser, et un combat de plus d’une heure au pas de charge, elles arrivèrent sur la sommité. Là, elles trouvèrent l’ennemi tout formé. Un premier effort culbuta sa première ligne. Les troupes son t grandies, à leurs propres yeux, de tous les obstacles qu’elles ont vaincus. Mais il y a des limites qu’on 11e peut dépasser, et on les rencontra ici. La deuxième ligne anglaise avança, soutenue de toute l’artillerie, et les troupes françaises furent écrasées; généraux.

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