‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 14 sur 268 · L I V R K XV · texte numérisé non relu

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droite à Alto, et le quartier général à Alenquer. L’effectif ne s’élevait plus qu’à quarante mille hommes d’infanterie et huit mille chevaux.

Pendant ces mouvements, le maréchal duc de Dalmatie, qui n’avait plus d’Anglais devant lui (Wellington avait rappelé le général Hill), reçut ordre de prendre l’offensive avec vivacité et de faire diversion pour empêcher les Espagnols, commandés par général la Romana, de suivre le même mouvement; mais il n’en tint compte pour le moment. Le corps de la Romana se rendit à Lisbonne.

Le général Caffarelli vint à Vitoria prendre le commandement des forces de Navarre et de Biscaye. Le général Drouet, avec le neuvième corps, composé de régiments de marche appartenant à ceux de l’armée de Portugal et du midi de l’Espagne, et fort de dix-huit mille hommes environ, vint s’établir à Salamanque, Rodrigo et Almeida, et plus tard il se plaça en échelons entre la frontière et l’armée, et rouvrit la communication avec l’armée de Portugal, qui était interceptée par dix mille hommes de milice réunis à Coïmbre, et occupant cette ville et les bords du Mondego.

Masséna trouva les lignes de Torres-Vedras terminées, garnies d’une immense artillerie et de troupes très-nombreuses. Toute l’armée portugaise y était réfugiée avec l’armée anglaise, et les for-

ces étaient encore augmentées des milices de Lisbonne.

Masséna crut impossible d’v entrer de vive force. Il se contenta de les observer de très près. Peutêtre que, sans l’échaufiburée de Busaco, il aurait pu tenter la fortune; mais l’ardeur des troupes était calmée et la confiance détruite, circonstances opposées au succès d’une pareille entreprise.

Dans cette situation, Masséna avait plusieurs partis à prendre :

1“ Attaquer les lignes;

2° Se retirer sur la frontière du Portugal et s’établir sur Almeida et Rodrigo;

3” Se porter à Oporto et s’établir sur la rive droite du Duero;

4° Passer le Tage, se porter dans l’Àlentejo et occuper l’embouchure du Tage en face de Lisbonne.

On a vu que le premier parti ne présentait aucune chance.de succès. Par le second, il abandonnait son opération; mais il conservait intacte son armée, couvrait l’Espagne, et attendait, sans fatigues, des circonstances plus favorables pour agir contre les Anglais; la confiance qu’ils auraient prise aurait pu les faire naître. Par le troisième, il conservait une sorte d’offensive, vivait aux dépens de l’ennemi, profitait des ressources que présentait l’importante ville d’Oporto, organisait quelque chose de régulier, tenait ses troupes dans le repos.

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