‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 148 sur 268 · LIVRE XV. - CORRESPONDANCE. 275 LE ROI JOSEPH Al' MARÉCHAL MARMO.NT · texte numérisé non relu

LIVRE XV. - CORRESPONDANCE. 275 LE ROI JOSEPH Al' MARÉCHAL MARMO.NT

« Madrid, le 15 décembre 181 1 .

« Monsieur le maréchal, j’ai reçu vos lettres du 10 et du 11. Plus j’ai réfléchi aux propositions qu’elles contiennent, et plus je m’affermis dans l’opinion qu’il m’est impossible d’y adhérer!

« J’ai des ordres positifs de l’Empeceur sur la part de coopération que doit prendre l’armée du Centre aux mouvements généraux ordonnés par Sa Majesté Impériale en faveur de l’armée qui assiège Valence; je ne puis donc pas m’écarter de ce qui m’est ordonné pour l’armée du Centre. Je sais que le général en chef de l’armée du Nord, que M. le duc de Dalmatie, ont des ordres directs de Paris, dont ceux que je pourrais leur donner ne pourront pas les faire écarter. Comment croire, en effet, que, tandis que l’armée du Midi a l’ordre de l’Empereur de faire un mouvement sur sa gauche, vers le royaume de Murcie, elle puisse se prêter à la demande que je lui ferais de faire un mouvement vers la droite? Comment espérer que dans le Nord on pourra faire le mouvement que vous désirez vers Salamanque, tandis que vingt-quatre mille hommes de cette armée se portent vers Valence, et qu’on m’assure que le général en chef lui-même s’est porté sur un point plus central?

« Je ne pense pas, monsieur le duc, qu’il faille faire, pour l’armée qui assiège Valence, d’autre diversion que celle ordonnée par l’Empereur. La tâche principale et glorieuse du général en chef de l’armée de Portugal me parait déterminée jusqu’à ce qu'il prenne l’offensive, et la rentrée des Anglais dans leurs lignes aujourd’hui ne doit pas plus vous rassurer sur leurs operations futures que les mouvements qu’ils ont faits en deçà de l’Aguada n’ont dû vous intimider il y a quelques jours, et ceux qu’ils pourraient faire encore ne doivent pas, je pense, vous empêcher d’envoyer sur Valence les huit mille hommes désignés par la lettre du prince de Neufchàtel.

« Quoique je vous aie écrit précédemment que le général d’Armagnac paraissait devoir commander ce nouveau mouvement sur Valence, ayant dirigé déjà celui qui vient d’avoir lieu, et connaissant le pays, cependant il est possible de tout combiner et de donner au général Montbrun le commandement des troupes de l’armée de Portugal et de celle du Centre, dirigées sur Valence, en laissant le général d 'Armagnac gouverneur de la province de Cuença dans cette province avec deux mille hommes de l’armée du Centre, et le général Treilhard gouverneur de la province de la Manche dans la province de la Manche, commandant les quinze cents hommes de l'armée du Centre et les quinze cents hom-

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