LIVRE XV
le maréchal Ney, qui arrêta avec vigueur plusieurs fois l’ennemi au moment où il pressait trop vivement son arrière-garde.
Il y avait un tel désaccord dans les opérations d'Espagne, que c’était précisément le moment où Mnsséna était en pleine retraite que le maréchal Soult avait choisi pour entrer en campagne et faire le siège de Badajoz.
Masséna arriva le 31 à Àlfaiatès. Son artillerie ne se composait plus que de dix pièces de canon. Les équipages militaires étaient détruits; sa cavalerie démontée, ou composée de chevaux exténués. Il dut repasser la Coa, et venir prendre des cantonnements en Espagne. Fendant celte retraite, Wellington avait détaché le général Hill sur la rive gauche duTagc. Ce qui lui restait de troupes était plus que suffisant pour combattre et Vaincre les débris que Masséna avait ramenés. Il passa la Coa, investit Almeida et vint prendre position sur le ruisseau qui coule à Fuentes-de-Onore. Bessières, commandant dans le nord de l’Espagne, envoya à Masséna des subsistances, et vint à son secours avec de l’artillerie et de la cavalerie de la garde impériale. On attaqua, le 4 et le ü mai, les Anglais dans leur position de Fuentes-de-Onore; et, quoique le début de l’attaque eût promis des succès ue la cavalerie, eût culbuté la droite des Anglais, comme rien ne fut exécuté d ensemble, le résultat du combat fut
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contre nous. Le général Brenier, qui commandait à Almeida, n’espérant plus être secouru, exécuta, par suite des instructions qu’il avait reçues, une des plus vigoureuses résolutions qui furent jama is prises, et un grand bonheur en accompagna l’exécution.
Il lit une large brèche à la place au moyen d’une mine, détruisit en grande partie l’artillerie; et, profitant de l’espace que lui ménageait un investissement mal fait, il traversa l’armée ennemie, et rejoignit l’armée française sur l’Aguada, en passant par San-Felices.
Deux jours après l’affaire de Fucntes-de-Onore, l’armée étant sous Rodrigo, Masséna me remit le commandement. On vient de voir par combien de vicissitudes, de chances bonnes et mauvaises, on en était arrivé à la plus déplorable situation. Le pays était ruiné et par la guerre et par le pillage exercé par les chefs comme par les soldats. Des griefs privés sans nombre étaient ajoutés aux malheurs des temps et aux torts politiques qu’on avait à nous reprocher. Les Espagnols défendaient leur souverain, leurs lois, leur honneur, leur propriété, et vengeaient leurs injures et leur ruine. La terre, les rochers, l’air, tout nous était hostile. D'un autre coté, l’armée française, accoutumée pendant si longtemps à la victoire, à la gloire, à l’éclat, à l’abondance des moyens, était bien déchue aux yeux du peuple et à ses propres yeux. Ses revers accumulés,