LIVRE XV. — CORRESPONDANCE
pour aller au secours de Rodrigo, je n’ai pas laissé plus de mille hommes dans la vallée du Tage.
« Il parait que Sa Majesté croit que lord Wellington a des magasins à peu de distance, sur la frontière du Nord. Ses magasins sont à Abrantèset en Estramadure; ses hôpitaux sont à Lisbonne, à Castel-Rranco et Abrantès. Ainsi rien ne l’intéresse sur la Coa.
« Votre Altesse dit que la véritable route de Lisbonne est par le Nord. Je crois que ceux qui connaissent bien le pays sont convaincus du contraire. Quant à moi, il me parait que, toutes les fois que le principal corps d’armée passera par cette direction, on aura toutes sortes de malheurs à redouter, et que celle qu’on devrait choisir est celle de l’Alentejo. J’en ai déduit les motifs dans un mémoire que j'ai eu l'honneur de vous adresser il y a trois mois.
« Votre Altesse parle d’occuper les débouchés d’Almeida et de Rodrigo : le pays qui sépare l’Aguada et la Tormès est une immense plaine qui est praticable dans tous les sens; ainsi j’ignore ce qu'on entend par ces débouchés.
« L’Empereur me blâme d’être rentré dans la vallée du Tage après avoir rejeté lord Wellington de l’autre côté de la Coa; mais c’était l’ordre impératif de l’Empereur, qui ne m’avait assigné d’autre territoire que la vallée du Tage. Rodrigo avait été