‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 23 sur 268 · LIVRE XV. — 18 H-I 81 S 4r · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — 18 H-I 81 S 4r

mouvement parallèle aussitôt qu’elles seraient informées du mien, ne pouvaient pas arriver à temps pour mette obstacle à ma jonction avec l’armée du Midi. 1 ..es bateaux, vivres et munitions attendus de Madrid n’arrivèrent qu’en partie et peu exactement, ce qui retarda notre passage d’un jour. Cependant, le 17, la jonction était faite. Mon avant-garde arrivait à Merida, et, le 18, j’y entrais de ma personne avec toute mon armée.

Là, je trouvai Soult, qui, peu accoutumé à cette conduite de bon camarade, malheureusement si rare en Espagne, était dans l’ivresse de la joie et de la reconnaissance. On verra plus tard comment, peu de jours après, il tenta de me la prouver. Nous nous concertâmes pour attaquer l'ennemi s’il restait devant Badajoz; mais, ayant trop peu de monde [tour oser tenter de résister, il leva le siège, et nous finies notre entrée dans cette place le 20 juin. Les moments pressaient; trois brèches étant praticables, le général Philippon, son gouverneur, n’avait plus que peu de jours à se défendre. Cette armée de Portugal, un mois auparavant si désorganisée, si découragée, si peu capable d’agir, avait retrouve déjà sa vigueur, son élan et sa confiance. Si elle eut eu à combattre, je ne doute pas qu’elle n’eùt fait des prodiges.

Cette levée du siège de Badajoz, obtenue dans des circonstances difliciles, et lorsque l’Empereur était

si loi» de croire à la possibilité, pour l’armée de Portugal, de se mouvoir et d’agir, fut un grand service rendu. La rapidité extrême avec laquelle ce mouvement fut opéré en fit disparaître tout le danger. Le maréchal Soult et moi, nous convînmes de faire l’un et l’autre, avec notre cavalerie, des reconnaissances sur l’armée anglaise. Il se porta sur Elvas, et moi sur Campo-Maior. Nous ramenâmes quelques prisonniers. L’infanterie se retira à notre approche. Trois divisions anglaises seules étaient eu présence; mais j’acquis la certitude que toute la partie de l’année restée dans la Beira, sous le commandement de lord Spencer, arrivait en toute hâte pour passer sur la rive gauche, et se réunir aux troupes qui s’y trouvaient déjà.

Cette disposition de l’ennemi me décida à rester sur la Guadiana tout le temps nécessaire pour assurer l’approvisionnement de Badajoz, et en réparer les brèches. Mes troupes furent réparties sur les deux côtés de la rivière, et mon quartier général établi à Merida. J’imposai à chacun des régiments de mon année l’obligation de récolter et de transporter à Badajoz une quantité de blé déterminée, ce qui, réuni aux autres moyens employés par l'administration, compléta dans un temps assez court ('approvisionnement de cette place.

J'avais, sur le caractère du maréchal Soult, la conviction commune et conforme à sa réputation;

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