LIVRE XV
dajoz; et, cette tâche remplie, j’allai prendre, dans les premiers jours de juillet, une position centrale, pour être à môme de défendre à la fois les provinces du midi et celles du nord de l’Espagne.
J’établis mon quartier général à Navalmoral, mauvais petit village de la vallée du Tage, à rembranchement des routes qui de Placentia et de Truxillo vont à Madrid.
Je fis fortifier par une double tète de pont le passage du Tage à Almaraz. La tète de pont de la rive gauche, plus grande que l’autre, embrassait une assez grande hauteur, sur laquelle était un réduit. Tout fut revêtu en maçonnerie, fraisé et palissadé. On entrait dans le réduit seulement par un pontlevis. Comme le plateau de TEstramadurc, à ce point, est très-élevé, et qu’il faut gravir au milieu des rochers pendant fort longtemps pour y parvenir, je fis faire deux ouvrages en maçonnerie pour défendre le col de Miravete, par où il faut déboucher. Un premier, très-voisin du col, battait par son artillerie le seul passage praticable pour les voitures; un autre, composé seulement d’une tour placée sur un pic, couvrait contre l’action des hauteurs voisines les batteries inférieures. Ces deux postes fermés, approvisionnés de vivres et d’eau, pouvaient être conservés, quoique enveloppés par l’ennemi. Leur objet principal était de servir de poste avancé à la tète de pont et de l’empè-