‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 252 sur 268 · VUE XV. - COURE SPÜN DANCE. H · texte numérisé non relu

VUE XV. - COURE SPÜN DANCE. H

« Le 21, ayant été informé que l’ennemi n’occupait pas Alba de Tormès, j’v fis jeter une garnison. Le même jour, je passai la rivière sur deux colonnes, prenant ma direction par la lisière des bois et établissant mon camp entre Alba de Tormès et Salamanque. Mon objet était, en prenant cette position, de continuer le mouvement par ma gauche, afin de déposter l’ennemi des environs de Salamanque pour le combattre avec plus d’avantage. Je comptais prendre une bonne position défensive où l’ennemi ne pût rien entreprendre contre moi, et enfin venir assez près de lui pour pouvoir profiler des premières fautes qu’il ferait et l’attaquer avec vigueur. Le 22 au matin, je me portai sur les hauteurs de Calvarossa de Ârriba pour reconnaître l’ennemi. J’y trouvai une division qui venait d’y arriver; d’autres étaient en marche pour s’y rendre. Quelque tiraillement s’engagea pour occuper des postes d'observation dont nous restâmes respectivement les maîtres. Tout annonçait que l’ennemi avait l’intention d'occuper la position de Tejarès, qui était à une lieue en arrière de celle dans laquelle il se trouvait dans ce moment, distante d’une lieue et demie en avant de Salamanque. Cependant il rassembla beaucoup de forces sur ce point, et, comme son mouvement sur Tejarès pouvait être difficile si toute l’armée française était en présence, je crus utile de l’appeler, afin de pouvoir faire ce que les circon-

4$-.» MÉMOIRES DU DUC DE ItAG USE.

stances commanderaient. Il v avait entre nous et

les Anglais deux mamelons isolés appelés les Arapilès. Je donnai l’ordre au général Bonnet de faire occuper celui qui appartenait à la position que nous devions prendre; ses troupes le firent avec promptitude et dextérité. L’ennemi fit occuper le sien: mais il était dominé par le nôtre à la distance de deux cent cinquante toises. Je destinai, dans le cas où il y aurait un mouvement général par la gauche et où il y aurait une bataille, ce mamelon à être le pivot et le point d'appui de droite de toute l’armée. La première division eut ordre d’occuper et de défendre le plateau de Calvarossa, qui est précédé et gardé par un ravin large et profond. La troisième division était en deuxième ligne, destinée à la soutenir, et les deuxième, quatrième, cinquième et sixième se trouvaient à la tète des bois en masse derrière la position d’Arapilès, pouvant se porter également de tous les côtés, tandis que la septième division occupait la tête gauche du bois, qui formait un mamelon extrêmement Apre et d'un diflicile accès, et que je faisais garnir de vingt pièces de canon. La cavalerie légère fut chargée d’éclairer la gauche et de se placer en avant de la septième division. Les dragons- restèrent en seconde ligne à la droite de l’armée. Telles étaient les dispositions faites vers le milieu de la journée.

« L’ennemi avait ses troupes parallèlement à

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