L1VHE XV. — CORRESPONDANCE
arrière-garde, composée de cavalerie et de la première division; cette cavalerie se replia et laissa cette division trop engagée; mais elle forma ses carrés pour résister à l’ennemi. Un d’eux fut enfoncé, les autres résistèrent, et celui du 69' notamment tua deux cents chevaux à l’ennemi à coups de baïonnette; depuis ce temps il n’a fait aucune tentative contre nous.
« Le général Clausel a le commandement de l’armée, et prendra les mesures que les circonstances exigeront. Je vais me faire transporter a Burgos, où j'espère qu’avec du repos et des soins je pourrai me guérir des blessures graves que j’ai reçues, et qui m’affligent plus par l’influence funeste qu’elles ont eue sur les succès de l’armée que par les souffrances qu’elles me font éprouver.
« Je ne saurais trop faire l’éloge de la valeur avec laquelle les généraux et les colonels ont combattu, et du bon esprit qui les a animés dans cette circonstance difficile. Je dois faire mention particulière du général Bonnet, dont au surplus la réputation est faite depuis longtemps; je dois également nommer le général Taupin, qui commandait la sixième division. Le général Clausel, quoique blessé, n’a pas quitté le champ de bataille et a donné l'exemple d’une grande bravoure, et a payé de sa personne jusqu’à la fin. Le général d’artillerie Tirlet et le colonel Dijeon, commandant la réserve
d’artillerie, se sont particulièrement distingués.
« Dans cette journée, toute malheureuse qu'elle est, il y a eu une multitude de traits dignes d’être cités et qui honorent le nom français. Je m’occuperai à les faire recueillir, et je solliciterai de Sa Majesté des récompenses pour les braves qui s’en sont rendus dignes. Je ne dois pas différer de citer la belle conduite du sous-lieutenant Gullinial, du H 8* régiment, qui s’est élancé dans les rangs ennemis pour y enlever un drapeau dont il s’est emparé après avoir coupé le bras de celui qui le portait, et qu’il a rapporté dans nos rangs malgré les coups de baïonnette qu’il a reçus.
« Nous avons à regretter la perte du général de division Ferey, mort de ses blessures, du général Thomières, tué sur le champ de bataille, et du général Desgraviers. Les généraux Bonnet et Clausel, et le général de brigade Meurse ont été blessés. »
LE MINISTRE UE I.A GIEHIIE Al’ MARÉCHAL MAILVONT.
« I'..ti«, 1« 18 aoAl 1812.
« Monsieur le maréchal, M. Fabvier, votre aide de camp, arriva hier avec vos dépêches des 51 juillet et 0 août; je les attendais avec une vive impatience, les nouvelles anglaises, pleines d’exagération, ayant devancé les vôtres à Paris. C’est à l’Empereur qu'il appartient de juger tout ce qui est relatif à la fà-