‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 261 sur 268 · L1VKE XV. - CORRESPONDANCE. ICI · texte numérisé non relu

L1VKE XV. - CORRESPONDANCE. ICI

« 3° Tout ce qui concerne les mouvements de l'armée de Galice vient d’être expliqué plus haut, et n’a pas besoin de nouveaux détails.

« 4° La lettre du roi est formelle, elle me trace la marche que je dois suivre; il est de mon devoir de ne pas m’en écarter. La lettre du 30 juin du maréchal Jourdan, écrite au nom du roi, devient plus pressante; elle parait m’accuser de retard dans mes opérations, elle me presse d’agir; sans doute qu’il était de mon devoir de le faire. Les originaux de ces deux lettres sont entre mes mains, et les copies en sont ci-jointes. Les craintes du roi, exprimées dans la lettre du maréchal Jourdan, que le comte d’Erlon n’arrive pas en même temps que le général Ilill dans le bassin du Duero, étaient extrêmement fondées, et on ne peut douter que, ce cas arrivant, le comte d’Erlon, quelque diligence qu’il eût faite, ne fût arrivé quinze jours après le général Hill. En effet, les Anglais avaient fait rétablir en charpente, par un travail de six semaines et avec beaucoup de moyens, la coupure de quatre-vingtdix neuf pieds faite au pont d’Alcantara; cette communication entre les mains des Anglais donnait au général Hill le moyen de venir d Albuera sur la Tormès en huit ou neuf marches, et le pont, pouvant être détruit en un moment, était enlevé au comte d’Erlon qui n’avait pas les moyens de le rétablir. D’un autre côté, avant l’ouverture de la campagne,

le général Hill avait fait un coup de main sur le pont d’Almaraz, avait détruit les barques et tous les agrès : il ne restait donc au comte d’Erlon d’autre passage que le pont de l’Arzobispo, ou de venir par la Manche; mais la route qui conduit au pont de l’Arzobispo n’est pas praticable pour l’artillerie; il eût fallu la démonter, et ce travail eût demandé plusieurs jours. S’il eût pris la route de la Manche, ce retard eut été beaucoup plus long. Enfin, après avoir passé le Tage, il n’avait d’autre chemin à prendre, pour se rendre dans le bassin du Duero. que celui du Guadarrama, afin d’être plus facilement en liaison avec l’armée de Portugal, et ce détour lui eût fait perdre encore plusieurs marches. Ainsi, soit par les obstacles que le pays présentait, soit par les détours qu’il était nécessairement obligé de faire, il devait arriver longtemps après le général Hill; et cependant, que de chances encore, comme la.difficulté de subsister dans le désert qu’il avait à traverser, etc., qui pouvaient arrêter sa marche. Rien n’était donc plus convenable que de faire en toute bâte ce que le roi avait ordonné, c’est-à-dire d’agir avant que Hill n’eût rejoint Wellington.

« Troisième question. L’Empereur demande pourquoi je me suis permis de livrer bataille sans l’ordre de mon général en cher?

« La lettre du roi du 18 juin, celle du maréchal

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