‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 262 sur 268 · LIVRE XV. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. - CORRESPONDANCE

Jourdan du 50, prouvent que, loin de désobéir à mon général en chef, je n’ai fait qu’exécuter ses ordres.

« Quatrième question. Enfin, l’Empereur demande pourquoi je n’ai pas au moins retardé de deux jours de donner bataille pour avoir les secours que je savais en marche?

« La raison en est simple : je ne comptais pas donner bataille le 22 juillet; c’est l’ennemi qui a attaqué, et, sans ma blessure, il n’y en aurait pas eu : ceci demande plus de développement.

« Je n’ai été instruit de l’itinéraire des six cents chevaux et de l’artillerie de l’armée du Nord que le 21 dans la soirée. Dans ce moment, presque toute l’armée avait passé la Tormès. Si j’eusse reçu cette nouvelle cinq heures plus tôt, il n’y a aucun doute que je n’eusse suspendu ce mouvement et que je n’eusse attendu dans le camp d’Aldea-Itubea l’arrivée de ce renfort; niais, en ce moment, faire rétrograder toute l’armée eût été une chose mauvaise dans l'opinion et inutile, puisque je pouvais également prendre position sur la rive gauche de la Tormès, et d’autant mieux que ce pays est peu favorable à la cavalerie, dans laquelle j’étais inférieur, et ce mouvement rétrograde eût été contraire à la suite des opérations, puisqu’il me faisait abandonner l’avantage marqué que j’avais obtenu d’occuper sans combat le sommet du plateau qui sépare Alba de Tormès de Salamanque, plateau quejede-

if.t MÉMOIRES PU DUC DE RAUUSE.

vais supposer quime serait vigoureusement disputé, et où j’avais gagné l’ennemi de vitesse, plateau extrêmement important, puisque c’était par là seulement que je pouvais manœuvrer l'ennemi avec quelque apparence de succès, menacer sa communication avec Rodrigo et le forcer à sortir des positions qui entourent Salamanque; enfin arriver au but que je m’étais toujours proposé, de le combattre en marche. Je me décidai donc à prendre une bonne position défensive à la tête des bois de Calvarossa de Arriba et à attendre là l’arrivée du secours qui était près de moi. Le 22 au matin, je montai à cheval, avant le jour, pour voir encore la position et rectifier ce qu’elle aurait de fautif. 11 me parut indispensable d’occuper par une division la hauteur de Calvarossa de Arriba que je n’avais occupée le soir que par des postes, et je l’y plaçai. 11 me parut également nécessaire de faire occuper par un régiment un des Arapilès et de le faire soutenir intermédiairement à la forêt par le reste de la division, et je conservai les six autres divisions à la tête des bois en les concentrant sur deux lignes. Pendant la nuit, l’armée anglaise était venue prendre position à- peu de distance, et, après s’être formée, elle se plaça à portée de canon de nous. La position de l’armée anglaise était forte par les obstacles que le terrain présentait pour arriver jusqu’à elle; mais la position que 1 armée française occupait, indépen-

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