LIVRE XV. — isu-iRii. fi
cavalerie el une division d'infanterie, à Moras- Verdès pour couvrir le convoi contre une division anglaise placée dans la Sierra de Gata, sur la rive droite de l’Aguada, et que, s'il le fallait, l’armée appuierait ce mouvement aussitôt que la communication avec Rodrigo serait établie.
Ce mouvement s’exécuta le 25; la communication fut ouverte avec Rodrigo, el le convoi, qui portait des vivres pour huit mois à la garnison de Rodrigo, entra dans la place.
Ce ravitaillement, opéré en présence de l’armée anglaise, ne répondait guère aux espérances des Espagnols, aux promesses qui leur avaient été faites de l’empêcher et d’assurer par un blocus la chute de cette place.
Nous savions l’armée anglaise dans le voisinage; mais rien n’indiquait sa position précise. Il était important de s’assurer si elle avait fait des approvisionnements pour le siège de Rodrigo. Je me décidai à exécuter deux fortes reconnaissances dans les deux directions de Fuenteguinaldo et d’Espeja. Je proposai au général Dorsenne d’envoyer le général Vathier avec sa cavalerie sur Espcja, tandis que je me porterais avec la mienne dans la direction de Fuenteguinaldo. Toute mon infanterie était restée en arrière et en échelons. Une seule division de l’armée du Nord, très-faible, forte de quatre mille hommes environ, commandée par le
général Thiébaud, était entrée dans Rodrigo avec le convoi, et je demandai au général Dorsenne de lui donner l’ordre de me soutenir.
Arrivés en face d'El-Bodon, nous vîmes sur la hauteur des troupes anglaises se former. L’infanterie se composait seulement de deux brigades, et la cavalerie de sept à huit cents chevaux. Les deux brigades, fort distantes entre elles, ne pouvaient se prèer aucun appui. Comme la position des Anglais était très-dominante, je ne pouvais juger quelles orccs ils avaient en arrière, et il était possible que ces premières troupes fussent soutenues par d’autres à peu de distance. Ne voulant pas risquer un engagement sérieux en la faisant attaquer par la seule division d’infanterie qui fût à portée, je pris le parti de n’employer à cette attaque que de la cavalerie et de l’artillerie. Si l’ennemi était en force, elle en serait quitte pour se retirer, et il ne pouvait en résulter aucun inconvénient grave.
Le général Montbrun enleva cette position avec intrépidité, prit quatre pièces de canon à l’ennemi, et mit en fuite la cavalerie. L’infanterie anglaise reçut la cavalerie sans se déconcerter, fit un‘ mouvement de quelques toises en avant, reprit ses pièces, et se mit en retraite. Je la fis poursuivre par la cavalerie et par l’artillerie. Elle marcha à grands pas, mais sans se désunir, et deux fois repoussa des charges. Il est vrai qu’un pays assez dif-