‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 33 sur 268 · LIVRE XV. - i8i i · texte numérisé non relu

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ficile gênait les mouvements de notre cavalerie. Cette infanterie se dirigeait à tire-d’aile surFuenteguinaldo, où l’on voyait d’autres corps se rendre pour occuper des retranchements construits d’avance.

Si j’avais eu en ce moment huit ou dix mille hommes d'infanterie sous la main, c’en était fait de l’armée anglaise. Elle n'était pas rassemblée, et Fuenteguinaldo, point de sa réunion, serait tombé en notre pouvoir. Je demandai au général Uorsenne de faire arriver la division Thiébaud en toute hâte; mais l’ordre, envoyé lentement, fut exécuté plus lentement encore, et cette division, qui aurait pu nous joindre deux heures avant la nuit, n’arriva qu’à nuit close. Elle aurait suffi pour enlever, dans le premier moment de confusion, le village où se trouvait le nœud des routes menant aux divers cantonnements de l’armée anglaise, et cette faible troupe môme, arrivée avant la nuit, rendait sa position critique et sa réunion difficile. La division légère, commandée par le général Crawfort, placée sur la rive droite de l’Aguada, rassemblée à Martiago, isolée, tournée, enveloppée par l’armée française, eût été perdue, et il est impossible de calculer quelles eussent été les conséquences d’un pareil succès.

A l’instant où je fis demander la division Thiébaud, j’envoyai l’ordre à toute l’armée d’arriver à

fiti MÉMOIRES DU DUC DK RAGUSE.

marclic forcée, afin de me mettre à même de faire plus tard ce que les circonstances comporteraient.

L’année du Nord en fil autant, et, dans le courant de

la journée du lendemain, je me trouvai à la tète de près de quarante mille hommes, à une portée de canon de l’armée anglaise; mais celle-ci n’avait pas perdu un moment pour se réunir, sinon en totalité, au moins en très-grande partie, et occupait des positions retranchées. J’étais bien tenté de profiter de la réunion des deux armées pour obtenir un succès sur l’armée anglaise, et je passai la journée à étudier sa position. Les attaques improvisées pendant les campagnes précédentes avaient assez mal réussi pour empêcher d’agir inconsidérément; mais une opposition formelle à une bataille de la part du général Dorsenne, qui n’était sous mes ordres qu’accidentellemcnt et par sa volonté, rendait encore l’entreprise plus délicate : entreprise au surplus sans objet, car nous n’étions pas en mesure de profiter d’un succès et de suivre en Portugal l'armée anglaise battue; aussi dus-je enfin renoncer à l’idée de combattre.

I/arméc du Nord se mit en marche avant le jour pour se rapprocher de Rodrigo, et je commençais à suivre le mouvement, quand j’appris que l’armée anglaise, dès le milieu de la nuit, avait décampé et opérait sa retraite par trois routes. J’arrêtai mes troupes et je me décidai à employer la journée à la

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