LIVRE XV. — I8H-I8I
1 Empereur, je recevais aussi l’ordre impératif de réoccuper les Asturies. Je ne pouvais le faire avec sûreté qu’eu y employant une de mes plus fortes divisions, et je fus même obligé de la porter à huit mille hommes. Ainsi la force dont je pouvais disposer contre les Anglais fut diminuée d’autant, et réduite à trente et un mille hommes d’infanterie et deux mille cinq cents de cavalerie, dépourvus de vivres, de transports et de grosse artillerie. Au moment même où je retirais les troupes de la vallée du Tage, et quand elles se mettaient successivement en mouvement, le duc de Wellington, bien informé, retirait les troupes anglaises et portugaises qui étaient encore devant moi. Les dernières, la cinquième division, partit le 12 mars; elles furent remplacées à Ilodrigo et sur la frontière par des troupes espagnoles et des milices portugaises.
La première division, placée dans la vallée du Tage, devait se mettre en marche après l’arrivée des troupes de l’armée du Centre; mais, ces troupes ne l’ayant pas relevé, elle fut obligée d’y rester. Alors, pour la faire concourir à la diversion qui m’était ordonnée, je la portai sur Placencia avec ordre de faire une démonstration sur le col de Peralès en même temps que je passerais l’Aguada, comme si elle devait se joindre à l’armée. A la fin de mars, je quittai les bords de la Tonnés avec cinq divisions formant vingt-cinq mille hommes d’in fan-
terie, cl nia cavalerie légère, forte de quinze cents chevaux, be 51, j’arrivai surl’Aguada.
Aucun Anglais, excepté de la cavalerie hanovrienne, n’était à portée. Je passai la rivière, et j’investis Hodrigo. Une sommation faite pour la forme, une menace d'escalade sans résultats, et quelques obus jetés la nuit, furent 1a seule opération possible contre cette ville. Je laissai un corps d’observation devant cette place et devant Almcida pour les bloquer, et des forces suffisantes pour garder mes ponts. Je marchai sur Fuenteguinaldo. Je portai la plus grande partie de l’armée sur Alfaiatès, Sabugal et Fundao, aux sources du Zezere, à Penamacor et Idanha-Nova, poussant des reconnaissances et des partis sur Caslel-Branco.
Instruits que les milices portugaises, sous les ordres de Sylveyra et fortes de vingt-trois bataillons, s’étaient portées sur Guarda, je marchai contre elles avec la cinquième division et une brigade de la quatrième. Elles se retirèrent à mon approche et descendirent le Mondego. Je les fis poursuivre par le 15* de chasseurs et deux cents hommes d’élite, composant mon escorte. Une grande pluie ayant rendu les armes à feu inutiles, cette cavalerie, sous les ordres du colonel Denis ’, mon aide de
* Depuis, général Denis de Damrémont, gouverneur général de l’Algérie, tué d'uu boulet de canon sous les murs de Constantine quelques heures avant la prise de celte ville.
(.Vole de l'Éditeur.)