LIVRE XV. — t8n-i«iî
camp, les chargea, les mit en déroule, lit quinze cents prisonniers, prit cinq drapeaux. Trois mille hommes se sauvèrent en jetant leurs armes.
Ces mouvements déterminèrent l’ennemi à brûler les magasins considérables qui existaient à Castel-Branco et à Celorico. Bref, je fis courir le bruit que je marchais sur Lisbonne; mais celte nouvelle était trop absurde pour inspirer la moindre inquiétude sur cette ville; car, si j’y étais entré, peutêtre en vérité eût-il été difficile d’en sortir. Le siège de Badajoz fut entrepris et continué pendant ces mouvements. Badajoz tomba, et l’année anglaise se mit en marche immédiatement après pour repasser le Tage; alors je rentrai en Espagne et revins sur la Tormès.
Les Anglais, connaissant mes forces, savaient bien qu’elles ne me permettaient d’entreprendre aucune opération sérieuse dans le cœur du Portugal. Sans moyens de transport, ayant des subsistances en très-petite quantité, comment l’armée aurait-elle vécu dans sa marche, en traversant un pays stérile, abandonné de ses habitants? Wellington ne pouvait s’y tromper. Enfin ce mouvement intempestif, exécuté dans la saison des pluies, était entravé par le débordement des rivières, et aucune végétation ne favorisait encore la nourriture du bétail. Aussi, hommes, chevaux et matériel souffrirent-ils beaucoup pendant cette courte campagne
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d'un mois environ. Nous rentrâmes à Salamanque le 25 avril.
Voici quelles furent les dispositions prises, au retour, pour rétablissement de l’armée, dans le double objet d’obtenir la plus grande concentration en conservant cependant les moyens de subsister :
La première division, dans la vallée du Tage;
La deuxième, à Avila;
La troisième, à Va lladolid et sur le Duero,
La quatrième, à Toro;
La cinquième, à Salamanque;
La sixième, à Médina delCampo;
La septième, à Zamora;
La huitième, aux Asturies;
La cavalerie légère, entre la Tormès et le Duero;
Les dragons, à Rio-Secco.
Par ces dispositions, l’armée pouvait vivre; et, sauf les huitième et première divisions, être rassemblée à Salamanque en cinq jours.
L’étendue du pays à occuper, le besoin d’avoir des lieux de dépôt, des postes fortifiés et de protection dans quelques villes, et des points de passage assurés sur les grandes rivières, rendaient indispensables la mise en état de défense et la construction d’un certain nombre de forts dans la Péninsule.
Voici quels étaient ceux dépendant de l’armée de Portugal, avec la force des garnisons jugées nécessaires: