LIVRE XV. - 1 8 1 1 - ! 8 1 i
Salamanque, mille hommes
Alba-sur-Tormès, cinquante hommes;
Avila, cinq cents hommes;
Zamora, cinq cents hommes;
Toro, cent cinquante hommes;
Léon, cinq cents hommes;
Benavente, cent cinquante hommes;
Àstorga, quinze cents hommes;
Palencia, cinq cents hommes;
Ponte-Longusto, soixante hommes.
Total : quatre mille neuf cent dix hommes.
Ainsi, il fallait défalquer de la force disponible de l’armée de Portugal, pour les garnisons, quatre mille neuf cent dix hommes;
La huitième division, destinée à garder toujours les Asturies, d’après les dispositions impératives de l’Empereur, huit mille hommes,
Et la communication indispensable avecBurgos, deux mille hommes.
Total, quatorze mille neuf cent dix hommes.
Quinze mille hommes de l’infanterie de l’armée devaient donc être enlevés de son effectif, pour connaître la force réelle à présenter en ligne. En opposition à cet état de choses l’armée anglaise n’avait pas l’emploi d’un seul soldat hors du camp. Des Espagnols et des milices portugaises, chargés de
1 Ce fort reçut une extension qui le fit devenir une petite place.
tout le service extérieur et des garnisons, fournissaient encore, au besoin, des forces auxiliaires à l’armée active.
A mon arrivée à Salamanque, je reçus le rapport qu’un corps anglais assez nombreux s’était porté sur Jaraicejo. Ce corps menaçait les établissements sur le Tage d’Almaraz et Lugar-Nuevo, et les postes de Miravete, qui les dominent et en ferment l’accès. Il était important pour l’ennemi de les prendre et de les détruire. Ces postes, établissant la liaison et assurant la communication entre les armées du Midi et du Nord, donnaient, suivant les circonstances, les moyens de combiner les mouvements nécessaires à la défense, soit de l’Andalousie, soit de la Castille.
Le poste de Lugar-Nuevo, c’est-à-dire la tète de pont de la rive gauche, se composait d’un bon fort revêtu, et d’un réduit ou donjon également revêtu. D’après tous les calculs, un siège régulier devait être nécessaire pour s’en emparer. Une garnison suffisante, composée, il est vrai, d’assez mauvaises troupes, l’occupait; mais un brave officier piémonlais, le major Aubert, en avait le commandement. Enfin, avant de commencer le siège, il fallait s’emparer des postes avancés de Miravete, fermant le Puerto, par lequel seul l’ennemi pouvait arriver et descendre avec du canon. Ces considérations et ces faits fondaient ma sécurité.