LIVRE XV. — : s
jcstè a pu faire, c’est d’envoyer un renfort de troupes dans la province de Ségovie, et d’ordonner au général Estève, gouverneur de cette province, de secourir, au besoin, la garnison d’Âvila et de lui envoyer des vivres.
« Le maréchal de l’empire, chef de l’état-major de Sa Majesté Catholique,
« Signé : Jourdan.
* Mail rid. lu 50 juin 1812.»
Cette lettre du maréchal Jourdan, du 30 juin, me parvint le 12 juillet par duplicata.
Ainsi, l’armée du Centre refusait tout secours, ol- (iciellement.
L’armée du Nord refusait également, d’une manière moins positive, à la vérité; mais il n’y avait pas à en espérer davantage.
En ajournant l’offensive, ma position ne pouvait pas s’améliorer, puisqu’aucun secours ne devait venir me joindre; mais, au contraire, il était probable qu’elle allait empirer beaucoup. Le corps de llill pouvait, à chaque moment, joindre lord Wellington et augmenter sa force de douze mille hommes, et j’étais bien sur que, dans ce cas, le duc de Dalmatie n’enverrait pas à mon secours le cinquième corps comme cela était prescrit; et, quand il l’eût fait, ce secours n’aurait eu aucune efficacité, puisque llill serait arrivé en six ou sept jours
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par Alcantara, tandis qu'il en aurait fallu vingt au cinquième corps, en passant par la Manche, tout moyen de passer le Tage, dans cette partie de son cours, étant enlevé alors aux années françaises. D’un autre côté, l’armée de Galice et les milices portugaises pouvaient, à chaque instant, occuper un pays sans défense, et s’approcher assee pour me forcer à faire un détachement contre elles.
Enfin, la garnison d’Astorga n’avait de vivres que jusqu’au 1" août. Passé ce terme, elle devait se rendre. Il fallait donc ravitailler cette place, et, pour y parvenir, m’affaiblir devant l’armée anglaise, qui, pendant ce temj>s, m’aurait attaqué avec plus d avantage.
En ine décidant à prendre l'offensive sur l'armée anglaise, j'avais l’espoir de la battre, ou même sans la battre, de la forcer à se retirer en Portugal. Dans l’un et l’autre cas, je pouvais alors, sans inconvénient, faire un détachement momentanément Sîur Astorga.
Ainsi donc, après avoir analysé nia position et calculé les conséquences des conditions dans lesquelles j’étais placé, je me décidai à tenter le passage du Duero.
Mon projet avait toujours été de déboucher par Tordesillas, et de marcher par la ligne la plus courte sur Salamanque. Les localités sont favorables pour exécuter le passage, et, en suivant cette