LIVRE XV. — I8ii-I8ri
Le 21 , infonné que l’ennemi n’occupait pas Alba- Tormès, je jetai un détachement dans le château. Ce même jour, je passai la rivière sur deux colonnes, prenant ma direction sur la lisière des bois et établissant mon camp entre Alba-Tormès et Salamanque. Le 22 au matin, je me portai sur les hauteurs de Calva rossa de Arriba, pour reconnaître l’ennemi. Une division venait d’arriver en face; d’autres étaient en marche pour s’y rendre. Un combat de tirailleurs s’engagea pour disputer quelques postes d’observation, dont nous restâmes respectivement les maîtres. Tout annonçait dans l’ennemi l’intention d’occuper la position de Tejarès, située à une lieue en arrière. Il se trouvait alors à une lieue et demie en avant de Salamanque. Cependant il rassembla successivement beaucoup de forces sur ce point; et, comme son mouvement sur Tejarès pouvait devenir difficile si toute l’armée française était en présence, je crus devoir la réunir et la concentrer devant lui, pour être à même de faire ce que les circonstances commanderaient et permettraient. Il v avait, entre nous et les Anglais, deux mamelons isolés appelés les Arapilès. Je donnai l’ordre au général Bonnet de faire occuper celui qui appartenait à la position que nous devions prendre, et ses troupes s’y établirent avec promptitude et dextérité. L’ennemi fit occuper le sien; mais le nôtre le dominait à la distance de deux cent cinquante toises.
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Je le destinai, dans le cas où il y aurait un mouvement général par la gauche, à être le pivot sur lequel je tournerais et qui deviendrait ainsi le point d’appui de droite de toute l’armée. La première division eut ordre d’occuper et de défendre le plateau de Calvarossa de Arriba, précédé et défendu par un ravin large et profond. La troisième en seconde ligne était destinée à la soutenir. Les deuxième, quatrième, cinquième et sixième divisions se trouvaient à la tète des bois, en masse, derrière la position des Arapilès, pouvant se porter également de tous les côtés, tandis que la septième division occupait, à la gauche du bois, un mamelon extrêmement âpre, d’un difficile accès, et que je fis garnir de vingt pièces de canon.
La cavalerie légère fut chargée d’éclairer la gauche et de se placer en avant de la septième division. Les dragons restèrent en seconde ligne à la droite de l’armée. Telles étaient les dispositions faites à dix heures du matin.
L’ennemi avait ses troupes parallèlement à moi, prolongeant sa droite et se liant à la montagne de Tejarès, qui paraissait toujours être son point de retraite.
A onze heures du matin, j’entendis un roulement de tambour général dans l’armée anglaise; les troupes prirent les armes, et plusieurs corps se mirent rapidement en mouvement pour se rappro-