‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 67 sur 268 · LIVRE XV. — isii · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — isii

division d’aller prendre position à l'extrémité droite du plateau dont le feu se liait parfaitement avec celui de l’Arapilès; à la septième division, de se placer en seconde ligne pour la soutenir; if la seconde division, de se tenir en réserve derrière celle-ci; à la sixième, d’occuper le plateau de la tète du bois, où se trouvait encore un grand nombre de pièces de canon. Je donnai l’ordre au général Bonnet de faire occuper par le 122* un mamelon intermédiaire entre le grand plateau et le mamelon d’Arapilès, qui défendait le débouché du village; enfin, j'ordonnai au général Boyer, commandant les dragons, de laisser un régiment pour éclairer la droite du général Fov, et de porter les trois autres régiments en avant du bois, sur le flanc de la deuxième division. La plupart de ces mouvements s’exécutèrent avec assez d'irrégularité. La cinquième division, après avoir pris le poste indiqué, s’étendit par sa gauche sans motif et sans raison. La septième division, qui avait ordre de la soutenir et de se placer en seconde ligne, se plaça à sa hauteur. Enfin la deuxième division se trouvait encore en arrière.

Je m’aperçus de toutes ces fautes, et, pour y remédier aussi vile que possible, je donnai l’ordre aux troisième et quatrième divisions de se rapprocher de ma gauche en suivant la lisière du bois, afin de pouvoir en disposer au besoin.

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En ce moment, le général Maucune me fit prévenir que l’ennemi se retirait. 11 demandait à l’attaquer. Je voyais mieux que lui ce qui se passait, et je pouvais juger que, le mouvement de l’ennemi étant seulement préparatoire, nous n’étions point encore arrivés au moment d’attaquer avec avanlage. Aussi lui fis-je dire de se tenir tranquille. Mais le général Maucune, homme de peu de capacité, quoique très-brave soldat, ne pouvait se contenir quand il était en présence dcl’ennemi. C’était le même général, qui, au passage du Duero, cinq jours auparavant, aurait si fort compromis l’armée par sa désobéissance si l’ennemi eut été en position, comme on pouvait le supposer. La fatalité voulut que, contre la résolution prise de ne jamais le placer en tête de colonne, il se trouva, par hasard, par l’arrangement naturel des troupes, dans cette position. Le général Maucune lit bien plus : il descendit du plateau et alla se rapprocher de l’ennemi, sans ordre. Je m’en aperçus et lui envoyai l'ordre d'y remonter. Mc fiant peu à sa docilité, je me déterminai à m'y rendre moi-même, et, après avoir jeté un dernier coup d’ceil, du haut de l’Arapilès, sur l’ensemble des mouvements de l’armée anglaise, je venais de replier ma lunette et me mettais en marche pour joindre mon cheval, quand un seul coup de canon, tiré de l’armée anglaise, de la batterie de deux pièces que l’ennemi avait pla-

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