‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 69 sur 268 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

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colle de l’ennemi, publiée officiellement, se trouva être à peu près de la même force. L’armée fit sa retraite sur le Duero, et, le 23, partit d’Alba-Tormès, en prenant la route de Pcnaranda. L’ennemi suivit et attaqua l’arrière-garde, composée de la première division. La cavalerie qui la soutenait l’ayant abandonnée, cette division forma ses carrés et résista aux différentes charges qui furent faites, à l’exception du carré du (P léger, qui fut enfoncé et éprouva d’assez grandes perles. L’ennemi ramassa aussi quelques soldats éparpillés, occupés à chercher des vivres.

On a vu les motifs décisifs qui m’avaient déterminé à prendre l’offensive et à passer le Duero. Je n’avais à compter sur aucun secours, et j’en avais reçu l’assurance de toute part. Cependant Joseph avait changé d’avis sans m’en prévenir et avait réuni huit mille hommes d’infanterie, trois mille chevaux, environ douze mille combattants, pour venir me joindre. Si j’eusse été informé de ces nouvelles dispositions, j’aurais modifié les miennes. On a supposé que, instruit de sa marche, c’est avec connaissance de cause que j’ai précipité mon mouvement, afin de ne pas me trouver sous ses ordres le jour de la bataille. C’est étrangement méconnaître mon caractère, et, je le dis avec confiance et orgueil, mon amour du bien public et le sentiment de mes devoirs.

Je n’ai absolument rien su; j’ai complètement ignoré sa marche, et j’ai gémi de l’aveuglement de Joseph, qui refusait son concours à mon opération, sur le succès de laquelle son salut était fondé. Si j’avais eu ce secours, c’étaient de grandes chances de succès de plus; et, si j’avais été victorieux, qnoique Joseph fut présent, je ne pense pas que ma gloire eut été moindre.

Le 23, à midi, étant en marche, je reçus une lettre du maréchal Jourdan, qui m’annonçait le mouvement de l’armée du Centre; et, ce jour-là même, Joseph, avec ses troupes, se trouvait à Arrevalo.

D’un autre côté; Caffarelli, qui m’avait bercé d’espérances trompeuses, avait fini par m’envoyer le 1 er régiment de hussards et le 51' de chasseurs, formant six cents chevaux, et huit pièces de canon. Cette faible brigade rejoignit le même jour (23) l’armée, et servit à renforcer l’arrière-garde.

Nous passâmes le Duero à Aranda. Valladolid fut évacuée; et l’armée, ayant pris position à quelques lieues en avant de Burgos, resta d’abord en observation.

Wellington agit contre l’armée du Centre, entra à Madrid, ensuite revint sur celle de Portugal, et commença le siège du château de Burgos. 11 échoua dans le siège; ses attaques furent mal conduites, et , le général Dubrelon,- en défendant le château, montra delà vigueur et du talent.

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