‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 117 sur 267 · LIVRE XII. - 1S · texte numérisé non relu

LIVRE XII. - 1S

L’Empereur vint se reposer dans la position du centre, que j’occupais, et y fit élever sa tente. Mes troupes étaient formées en colonnes et les armes en faisceaux. Tout à coup la plaine entière se trouve couverte de fuyards : plus de dix mille hommes, chacun marchant pour son compte, se précipitent dans la direction du Danube; des hussards, des cuirassiers, des soldats du train avec leurs attelages, etc., présentant ainsi le plus horrible spectacle. Mon corps d’armée court aux armes; nous attendons ce qui va arriver de cette bagarre, et nous nous disposons à bien recevoir l’ennemi. J’eus lieu d’être content de l’attitude do mes troupes, et je jouis de leur indignation au spectacle qu’elles avaient sous les yeux. Cette foule insensée s’écoula, s’arrêta derrière nous, et rennemi ne parut pas. Des coureurs du corps de l’archiduc Jean avaient jeté une terreur panique parmi des soldats en maraude et d’autres occupés à abreuver lescbevaiix.

Les terreurs paniques sont un triste symptôme de l'état moral d'une armée. 11 en est arrivé quelquefois dans les armées françaises; mais ce n’est jamais dans leur bon temps. L’armée d’Austerlitz et colle d’Iéna n’en ont pas offert d’exemple.

Les paniques sont toujours la preuve d’un grand relâchement dans la discipline, d’un défaut de con- (iance et d’une altération dans les vertus militaires. Jamais les troupes que j’ai commandées n’ont pré-

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