III
2i2 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
seiiU- un pareil spectacle, excepté un seul régiment à Lutzen, comme je le raconterai en son temps; et encore était-ce un régiment de nouvelle formation qui venait de me rejoindre, et dans l’obscurité de la nuit.
L’Empereur me donna ordre de déployer mes troupes et de les faire camper en carré autour de sa tente. Ainsi gardé, il pouvait reposer avec sécurité.
Telle est la célèbre bataille de Wagram, la plus grande bataille des temps modernes en nombre d’hommes combattants, réunis ensemble sur le môme terrain à la vue de l’observateur. Il y avait trois cent mille hommes dans les deux armées, et, de l’extrémité d’une aile à l’extrémité de rautre, deux lieues et demie de distance environ. On peut se figurer la beauté et la majesté de ce spectacle. Nous avions sept cents pièces de canon attelées, et l’ennemi en avait cinq cents. Ainsi' douze cents bouches à feu se sont fait entendre en même temps dans cette espèce de champ clos. Nous avons consommé, pendant la bataille, quatre-vingt-quatre mille coups de canon et eu vingt-sept mille hommes hors de combat.
Assurément la bataille a été gagnée, et l’ennemi lie l'a pas contesté. Nous l’avons forcé à se retirer; scs attaques ont été infructueuses; nous nous sommes emparée de tout le terrain sur lequel il a com-