‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 12 sur 267 · U VUE X. — 180B · texte numérisé non relu

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de la présence des Russes; à minuit, j’étais en marche pour m’y rendre avec les troupes placées sous ma main, et, le lendemain, j appris la reddition à Macarsca. Orfengo jouissait d’une bonne réputation, de l’avancement lui était promis; j’avais donc tout lieu de compter sur lui. Je le fis arrêter et traduire devant un conseil de guerre, qui le condamna à quatre ans de prison. Confié à la gendarmerie pour être transporté en France, il s’évada à son passage à Trieste, et passa au service de Russie. Je souhaite, pour la gloire de l’armée russe, qu’elle ne fasse pas souvent de pareilles acquisitions.

Immédiatement après la prise de Corzola, l’amiral embarqua ses troupes et vint mouiller dans nos canaux intérieurs, en face de Spalatro. L’Ile de Brazza était trop étendue pour pouvoir être défendue; aucun fort n’y avait été construit; en conséquence, j’en retirai la faible garnison, et j’abandonnai file à l’ennemi. Lésina se trouvait menacée, mais là une bonne défense était préparée; l’ennemi ne fit aucune tentative pour s’en emparer, il se contenta de gêner nos communications maritimes pendant quelque temps. Bientôt après, l’amiral retourna avec son escadre dans la rade de Cattaro, et rappela à lui la portion qu’il avait laissée devant nous. Alors je fis véoccuper file de Brazza.

Dans le courant de janvier, une lettre du géné-

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rai Sébasliaiii nraimonça la déclaration de guerre des Turcs contre les Russes: c’était un événement immense pour moi, il changeait toute ma position. Je n’avais plus à redouter l’arrivée du corps russe de dix mille hommes qui m’avait été annoncé. Tout semblait, au contraire, me promettre d’autres chances. Sélim, connaissant la faiblesse des armées tJirques, leur infériorilé vis-à-vis des armées européennes, demanda un corps auxiliaire français pour être réuni à l’armée du grand vizir. Ce corps devait être de vingt-cinq mille hommes, et la mission qu’il avait à remplir ne pouvait regarder que mes troupes et moi.

Un corps de vingt-cinq mille hommes de bonnes troupes, mené sagement et réuni à l’armée turque, aurait donné à celte armée une tout autre importance; c’eût été une belle marche, digne d’être vantée, que celle d’une armée partant de la Dalmatie pour aller faire sa jonction avec la grande armée, en passant par la Valachie. Sébastian! m’en prévint: il désirait beaucoup l'exécution de ce projet, il le pressa tant qu’il put, et me provoqua à commencer ce mouvement, si mes instructions rn’y autorisaient; mais il n’en était rien.

L’Empereur consentait à cette coopération et en appréciait tout l’avantage; cependant il voulait auparavant qu’un traité de subsides et d’opération fût signé. On réunit à Bassanoles troupes nécessai-

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