‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 121 sur 267 · LIVRE XII. — ISO · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — ISO

constance. On concevra mes motifs, et ils paraîtront excusables. Je n’avais réellement devant moi que des forces inférieures, et il y a une sorte de pudeur à ne pas demander des secours quand on n’en a pas besoin; il y a même une espèce de ridicule à agir autrement ; je venais de rejoindre la grande armée, et je tenais à honneur de ne pas me montrer faible el craintif.

Je ne parle pas de la conséquence qu’aurait eue pour moi l’arrivée de Davoust, qui, par son grade, m’aurait commandé; jamais pareille pensée n’est venue à mon esprit, et jamais une question d’amourpropre n’est entrée en balance, à mes yeux, avec les intérêts dont on m’avait chargé. J’ai toujours eu trop de conscience, j’ai toujours été trop avare du sang de mes soldats pour avoir fait jamais pareil calcul : je crus devoir attendre, pour réclamer le secours qu’on m’offrait, jusqu’au moment où le besoin m’en paraîtrait évident.

D’un autre côté, Davoust, placé à regret en seconde ligne, fut enchanté de ma réponse; il se crut autorisé à quitter la route que j’avais suivie et à marcher sur Nikolsbourg, où, par. une singulière manœuvre, après avoir fait un crochet que rien n’explique, et passé la Taya, le prince de Rosenberg s’était reporté.

Toutefois, quel que fût le coupable, de l’Empereur, de Davoust ou de moi, je restai complètement isolé.

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Le 10, à la pointe du jour, je passai la Taya, et je marchai sur Znaïm en remontant la rive gauche. Montbrun, avec toute sa cavalerie, formait mon avant-garde. Arrivé à trois quarts de lieue de Znaïm, il rencontra quelques tirailleurs d’infanterie qui occupaient des vignes que nous avions à traverser, et il me demanda deux bataillons d’infanterie pour les en chasser. Je jugeai la chose plus sérieuse, et je marchai moi-même avec une division. En approchant de la hauteur en face de Znaïm, qui, de ce. côté, cache la ville et forme, avec la montagne sur le revers de laquelle elle est bâtie, le bassin de Znaïm, je vis des troupes d’infanterie arriver à la course pour l’occuper et la défendre : il pouvait y avoir de cinq à six mille hommes.

Chaque moment de retard devait ajouter à la difficulté; je fis atta(|uer cette position par la division Clausel, soutenue à gauche et en échelons parla division bavaroise, gardant en réserve la division Claparède (le général Claparède avait remplacé le général Môntrichard). Le 8' d’infanterie légère et le 25' de ligne furent seuls engagés; ils suffirent pour emporter la position, en chasser l’ennemi et lui enlever deux drapeaux du régiment de l’archiduc Charles. La hauteur que nous attaquions communiquait avec une plaine découverte qui se prolongeait en arrière de Znaïm, et, à cinq cents

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