‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 123 sur 267 · LIVRE XII. — 18U · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — 18U

ol relranchcr deu.v fermes à ma droite, qui aj)puyaienl ma cavalerie; occuper, par de l’infaiiterie légère, la lisière du bois placé à la droite de ma cavalerie; couronner tout le plateau par mon artillerie, dont le feu atteignait à la grande roule; enfin occuper en force le village de Tisevich. Ce village était placé en flèche au-dessous de ma position, eu avant de mon front, qu’il prenait de revers sur tout son développement. 11 avait en outre action sur le pont, par lequel l’armée autrichienne défilait. Masséna, à environ deux lieues de nous, la suivait, et son canon répondait au nôtre.

Une brigade bavaroise, commandée par le général Becker, était chargée de la défense de Tisevich. L’ennemi, que la possession de ce village gênait .beaucoup, dirigea sur lui des attaques. Les Bavarois le reçurent d’abord avec vigueur; mais il fallut bientôt aller à leur secours. J’envoyai en renfort un régiment de la seconde brigade. 11 fut iusulfi-' sant. En moins de deux heures, toute la division bavaroise y fut employée. Fatigué de tant de mollesse, je la fis remplacer par un seul régiment français, le Si', compose de deux bataillons, et telle est la supériorité des troupes françaises siu’ les autres troupes, que ce brave régiment suffit seul pour défendre, pendant cinq heures, le village contre les efforts constants des Autrichiens. Ce village fut pris en partie et repris plusieui-s fois, et

MKMOinES PU DUC DE DAGUSE.

enliii conservé. Les troupes aulrichieunos hâtaient leur retraite et s’empressaient de repasser le pont en défilant sons le fen de notre artillerie. A la fin de la journée, voyant beaucoup de désordre, je lançai du village de Tisevich les chevau-légcrs bavarois, qui causèrent une grande confusion et ramenèrent un bon nombre de prisonniers.

La nuit survint, et je gardai toutes mes positions, où je me fortifiai de nouveau. Plusieurs officiers généraux, sous mes ordres, étaient d’avis de s’éloigner j)endant la nuit; mais je n’eus garde d’y consentir. Nous retirer, c’était nous avouer battus, et nous étions vainqueui-s. L’armée allait être effectivement pelotonnée devant noiis le lendemain; maisMasséna sérail arrivé, et Davoust aussi de son côté. Je tins bon, et je lis bien.

A neuf heures du soir, le lieutenant général de Fresnel, émigré français au service d’Autriche, se présenta aux avant-postes et vint de la part de M. de Bellegarde, mais, dans le fait, envoyé par l’archiduc, pour proposer un armistice. Je lui fis répondre que, n’étant pas autorisé à en conclure, j’allais rendre compte de sa proposition à l'Empereur. Combien sont grands les jeux delà fortunel Le meme général, auquel le généralissime autrichien s’adressait pour obtenir l'armistice qui a sauvé sa monarchie, placé, quelques mois auparavant, aux confins de la Dalmatie, à deux cent cin-

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