‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 124 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

qiiaiitc Houes, avait été soirinié de se rendre, au cominenceinent delà guerre, par l’archiduc Jean. Ce rapprochement, après une si longue marche et tant de diflicultés vaincues, avait quelque chose de satisfaisant pour moi.

Le lendemain matin, 1 1 juillet, toute l’armée ennemie avait passé la Taya ; ses troupes occupaient Znaim eu force; elles voyaient le pont, le village de Tisevich, et étaient appuyées par des lignes multipliées, formées à la gauche et en arrière deZnaïm. Comme elle allait ojiérersa retraite, je réunis mes troupes et les portai en avant pour la prendre en liane quand le mouvement serait commencé. Masséna voulut déboucher du pont, mais la tète de sa colonne, à peu de distance de la rivière, chargée par les cuirassiers autrichiens, fut renversée; luimême, jeté dans un fossé, faillit être pris. Davoust arrivait avec son corps; j’allais être soutenu et je ne risquais plus rien. La situation de Masséna me décida alors à marcher sur Znaïm, et j’allais y pénétrer quand- l’Empereur arriva et m’envoya dire d’annoncer que j’étais autorisé à traiter d’un armistice. Des officiers traversèrent la ligne des tirailleui-s pour l’annoncer, et le feu cessa de part et d’autre. Chacun garda le terrain qu’il occupait; et, dans la soirée, le prince de N’eufchàtel et le prince de Lichtenstein signèrent un armistice qui remettait entre nos mains les citadelles de Drunn, de

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(îratz, et donnait à l’armée française pour arrondissement tout le pays qu’elle occupait, et de plus les cercles de Znaïm, de Brunn, et les comitals de Presbourg et d'OEdenbourg, en Hongrie.

Cet armistice était le gage de la paix. L’ennemi, dans les deux combats de Znaïm, perdit cinq à six mille Iionimes, dont quinze cents prisonniers, deux drapeaux et six pièces de canon. J’eus mille à douze cents bommes hors de combat.

L’Empereur établit sa tente sur le plateau où j'avais combattu. Je mis mon quartier général audessous de cette position, dans un petit village appelé llangsdorf.

Le lendemain matin, juillet, j'allai voirrEinpereiir : il était radieux. Je lui parlai avec détail des combats de la veille et de l'avant-veille. Il loua la vigueur et la résolution que j’avais montrées, mais me blâma avec raison de n’avoir pas appelé plus tôt Davoust. Il entra ensuite dans le détail de ma campagne, ilepuis mon entrée en Croatie. S’occupant à en faire la critique, il me demanda les motifs des diverses opéralious. La justilication en était facile, car j’avais toujours agi avec système et calcul, et je crois pouvoir dire aujourd’bui, après tant d’années écoulées, que cette mimpagne, eu égard aux diflicultés et au peu de moyens mis à ma disposition, mérite, de la part des gens de guerre, quelques éloges. Ses conclusions m'étaient

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